‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 269 sur 364 · E. Guillaumin. Près du sol · texte numérisé non relu

E. Guillaumin. Près du sol

H''"^ LirrÉRATURE. T. II.

EPOQUE CONTEMPORAINE

villes et des châtelains de la région située au nord-est de Paris \

Le Boulonnais et la Flandre française ont. trouvé leur peintre digne de Jordaens dans Pierre Hamp

Flaubert et Maupassant restent les maîtres de la Normandie, avec Barbey d'Aurevilly

Après Loti, la Bretagne peut nommer Vedel et Savignon qui en ont décrit les îles les plus sauvages, pendant que René Bazin évoquait la grande ville industrielle et maritime, Nantes

L'Ouest (Poitou, Vendée, et les îles), a Gaston Chérau, René Bazin, Marc Elder, Ernest Pérochon '\

Mais depuis cinquante ans, la France s'est prolongée en Afrique, en extrême Asie. Et là aussi nos romanciers ont su créer. Nommons pour l'Algérie, Louis Bertrand, les deux Tharaud, André Gide ^ ; pour le Maroc, les deux Tharaud encore, et Nolly (le capitaine Dettinger) '. Pour le Sénégal et le Soudan, après le Roman d'un spahi de Loti, la Ville inconnue de Paul Adam : n'oublions pas les scènes sahariennes que Pierre Benoît mêle à d'étranges fantaisies ^.

Les frères Marius-Ary Leblond se sont faits les peintres de la Réunion et des mers et îles voisines

PORTRAIT DE GEORGES COURTELINE (M. Georges Moinaux.) a Peinture de Léandre. (Musée du Luxembourg.) CL. HACHETTE.

L'Indo-Chine nous a révélé Farrère, Nolly et H. Daguerches

Il y a aussi une vie française dans nos anciennes colonies, détachées de nous au XVIII^ siècle. Gérard d'Houville a évoqué la Nouvelle-Orléans, et Louis Hémon, la vie des Canadiens français

Je ne peux m'arrêter à caractériser tous ces ouvrages, dont aucun n'est indifférent, dont beaucoup ont des parties supérieures, dont quelques-uns sont précisément des chefs-d'œuvre. Je ne puis même me flatter d'avoir nommé, d'avoir connu tout ce qui mérite l'attention du public. J'ai voulu seulement indiquer, et particulièrement aux étrangers, une variété de notre littérature romanesque qui leur échappe en très grande partie, et qui les délassera de l'éternel « roman parisien »

LE THEATRE. ^ 0 Au théâtre, le renouvellement nécessaire s'est fait lentement, par l'inerte et frivole incuriosité du public, par la routine étroite et la médiocrité générale de la critique.

Certes, ce fut une grande chose, et à son heure un grand progrès, que l'invention de la technique française du théâtre, qui fut due principalement à Corneille : ce fut Corneille qui, perfectionnant l'art des comiques latins et l'étendant à la tragédie, enseigna à nouer et dénouer artistement une intrigue, à créer l'intérêt, à le faire croître de scène en scène, à faire passer l'action à travers des péripéties surprenantes et préparées, à entretenir jusqu à la dernière scène l'incertitude de l'événement, enfin à resserrer tous les sujets dans le cadre de l'histoire d'amour, touchante ou terrible. Après lui, Racine, Voltaire, Beaumarchais, puis, au XIX® siècle. Scribe et Sardou tirèrent de la formule de Corneille tout ce qu'elle contenait d'effets variés et sijrs. Pendant deux siècles, tous nos auteurs dra-

1. R. Béhalne, Histoire d'une société, l. Les nouveaux venus, \9G8 II. Les survivants. \9\4. — Pour la peinture des petites villes provinciales, lire aussi Coulongheon, Les Jeux de la Préfecture, 1901 ; et A. G. A. Labry. Les Provinciaux (une ville du Nord), 1921 .

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