CL. REVUE HEBDOMADAIRE
LES AFFAIRES SONT LES AFFAIRES D'OCTAVE M IRBEAU. a Une scène du
premier acte de cette pièce, qui fut représentée, pour la première fois, à la Comédie frau' çaise, le 16 Ai'ril 190i, CL. SABOURIN.
LA BARRICADE. 0 Une scène {premier acte) de la pièce de PojI Bourget, la première qu'il ait écrite directement pour le théâtre. Cette pièce fut représentée pour la première fois au théâtre du Vaudeville en février 1910. CI . S\BOURIN.
LA JALOUSIE DU BARBOUILLÉ DE MOLIÈRE, a Représenté sur la scène du Vieux Colombier, fondé en 191 3 par M. Copeau, et où Ton donna aussi bien des œuvres du passé que des œuvres étrangères et des productions contemporaines. Cl. SABOURIN.
EPOQUE CONTEMPORAINE
■iZ. Far.Scit'e de i'Elysée des Beaux-ArtsiPte Pigalki MIERCREOI 30 MARS 1887
à 8 heures très-précises du sotr
Première Représentation
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A. A.110I.NK
FAC-SIMILÉ DU PROGRAMME DE LA PREMIERE REPRESENTATION DU THÉA TRE LIBRE. 0 On remarquera le caractère privé et personnel de l'invitation. (Extrait de la Revue Hebdomadaire.)
matiques, grands et petits, poursuivirent le mérite de l'habileté technique. Il est arrivé à la fin que le métier a fait oublier l'art.
Mais les révolutions au théâtre sont toujours lentes et difficiles : c'est le genre où la tradition, les habitudes, la routine, si vous voulez, ont le plus de puissance. On ne peut pas dire que nous soyons parvenus à nous débarrasser de l'habileté insincère, du ioc et du truc. On continue de nous offrir du vaudeville prétentieusement déguisé en comédie et en drame ; on rafraîchit au petit bonheur tous les oripeaux, tous les clichés romantiques ; on nous fabrique, à l'occasion, du symbolisme et du mysticisme en faux.
Et la vie, la vie vraie, saisie en sa profondeur, interprétée par l'intuition ou l'analyse qui éclairent le méca nisme secret des âmes, dégageant cette essence de poésie que le plus vulgaire événement humain recèle, c'est là ce que la production courante et ses ordinaires fournisseurs songent le moins à nous montrer. Cependant de grands efforts ont été faits, le mouvement s'est dessiné, et des résultats considérables ont apparu.
La com.édie naturaliste, minutieusement exacte, brutalement pessimiste, n'a pu arriver à s'établir. Henri Becque ^ y a usé son rare talent, son ironie aiguë, son observation sèche et perçante : le public a méconnu l'originale valeur de ces œuvres dont l'impression était douloureuse et dure. Il n'a pas fait un meilleur accueil à ses successeurs, aux implacables réalistes qui prétendaient lui servir des tranches de vie toutes crues ; après les avoir encouragés un moment par amusement, par mode, il s'en est brusquement détourné dès que la nouveauté et le scandale ne l'y ont plus attiré : voyez l'histoire de la réputation de G. Ancey "'.
1. H. Becque (1832-1899), Les Corbeaux. 1882 ; La Parisienne. 1885; Théâtre complet. 2 vol.. Charpentier. 1889 ; 3 vol.. edit. de la Plume. 1898.,
2. Monsieur Lamblin. 1888 ; les Inséparables. 1889 ; l'Ecole des veufs, 1889 ; Grand' mire, 1890 : la Dupe, 1891 ; l'Avenir, 1899. — Ancey est le pseudonyme de M. G. de Curnieu (né en 1860).
3. Cf. les Annales du Théâtre et de la Musique, 1887 et suiv., et les comptes rendus dramatiques de J. Lemaitre, Sarcey, Faguet, Jean Jullien. — A. -F. Hérold, M. Antoine et le Théâtre-Libre, dans The International Monthly, mai 1 901 . A. Thalasso, Le Théâtre Libre, 1909. Antoine. Mes souvenirs du Théâtre Libre, 1921
Le fait important, pour l'évolution du genre dramatique, dans les dernières années du XIX^ siècle, n'en a pas moins été la tentative du Théâtre Libre ^. Ce Théâtre a été fondé en 1887, pour établir l'art naturaliste. Grossièreté allant jusqu'à l'obscénité, puisque c'est notre erreur favorite, à nous autres Français, de croire que plus le modèle est répugnant, plus l'imitation est réelle, et d'autre part, minutieuse exactitude du décor, de la mise en scène, du jeu et du débit des acteurs, voilà les deux caractères apparents qu'a présentés d'abord le Théâtre Libre. André Antoine n'a pas réussi comme il voulait : il a réussi peut-être mieux qu'il ne voulait, et plus utilement. On s'est blasé sur le genre brutal, ou amer, ou immoral : c'est un « poncif » qui ne vaut pas mieux que celui de Scribe. Mais André Antoine a certainement inoculé à quelques-uns de ses acteurs, à beaucoup de ses spectateurs, le sens de la vérité de l'imitation dramatique. Sa mise en scène, à quelques détails près, avait le mérite d'être toujours expressive, de traduire, donc de renforcer le sentiment, l'idée, la couleur de la pièce. Son jeu et celui de quelques acteurs qu'il était parvenu à instruire n'avait rien qui étonnât : mais, après, les meilleurs comédiens ne paraissaient que des comédiens. Ce jeu avait un tel caractère de naturel, que les défauts de l'acteur collaient, si je puis dire, au personnage : ils faisaient l'effet d'en être les tics ou les imperfections, et en augmentaient l'originale individualité : c'était un homme qui parle