‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 49 sur 364 · TOME F RE M 1ER · texte numérisé non relu

TOME F RE M 1ER

^ BASEE, Chez Christophe R e v i s.

TITRE ET FRONTISPICE DE L'HISTOIRE DE CHARLES XII (1731). a L'impression de cet ouvrage ayant été suspendue par ordre du garde des Sceaux, Voltaire en confia l'édition à l'imprimeur Jore, de Rouen, qui ptiblia le volume avec l'adresse de Christophe ReiÀs, à Bâle. (Bibl. Nat., Imp.) CL. HACHETTE.

chinoises. Ces remaniements correspondent à une grave et déjà ancienne modification de la pensée philosophique de Voltaire.

Mme du Châtelet n'aimait pas l'histoire : pour vaincre son aversion. Voltaire entreprit de la lui montrer comme une science expliquant les phénomènes de la vie collective de l'humanité ; il commença de lui esquisser à grands traits la suite des événements de l'histoire universelle. C'est le point de départ de l'ouvrage qui devint VEssai sur les mœurs : plusieurs des parties rédigées pour Mme du Châtelet parurent dans le Mercure en 1745 et 1744. Du moment qu'il entamait une Histoire universelle. Voltaire rencontrait devant lui le fameux discours de Bossuet. Bossuet soumettait l'histoire à la conduite de la Providence ; le premier soin de Voltaire fut d'éliminer la Providence. Faire éclater l'absence d'une intelligence divine

dans le tissu des événements humains, expliquer les faits par des liaisons mécaniques et fatales, mettre en lumière la puissance des petites causes, la souveraineté du hasard, voilà le dessein de Voltaire. Cependant il croit au progrès ; il aime la civilisation : la marche inégale, hésitante, de l'humanité sera le résultat de deux contraires, l'ignorance superstitieuse, fanatique, stupide, et la raison éclairée, bienfaisante. Les ouvriers du progrès seront les grands hommes, par qui les lumières et le bien-être se répandent ; et les grands siècles de l'esprit humain seront ceux où les circonstances serviront les grands hommes, c'est-à-dire où ils auront l'autorité pour eux, et non contre eux, quand les despotes seront de grands hommes, serviteurs ou protecteurs de la raison.

Cette thèse, qu'il dégageait de ses études sur \' Histoire universelle, modifia profondément le Siècle de Louis XIV,

LE DIX-HUITIÈME SIÈCLEl-

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