‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 97 sur 364 · M. DCC LXXXV · texte numérisé non relu

M. DCC LXXXV

LE DIX-HUITIEME SIÈCLE

« Ote-toi de là, que je m'y mette ». Quand 11 y sera, tout Ira bien. Cependant la légèreté morale, l'illusion puissante des spectateurs les firent complices de l'auteur, et transfigurèrent Figaro : le public se vit en lui, et ce coquin fit vibrer tous les plus généreux sentiments, échauffa toutes les plus ardentes espérances qui remplissaient alors les âmes. Mais la pièce est surtout négative et destructive ; il suffisait de ne plus vouloir du présent, pour en être transporté : et qui donc alors voulait du présent? pas même ceux qui en jouissaient. Beaumarchais a si vigoureusement manifesté dans sa comédie le mécontentement général et son indisciplinable individualité, qu'elle est restée dressée contre tous les gouvernements, à l'usage de toutes les oppositions.

Outre l'importance que lui donne sa signification politique, la pièce a encore par sa forme un intérêt d'un autre genre, et de premier ordre. Elle restera comme un patron, sur lequel les écrivains postérieurs tailleront leurs con-

ceptions. Tandis que la comédie classique en vers ira s'évanouir dans les pâles œuvres des Collin d'Harleville et d'autres plus oubliés encore, le Mariage et le Barbier offriront le modèle d'une comédie en prose, plus vivante, plus colorée, plus intéressante. Le Barbier surtout est une merveille d'agencement, et l'on y apprendra à construire, à emboîter toutes les parties d'une intrigue, à renoncer aux dénouements postiches. Dans les deux pièces se fixe le type de la comédie, gaie en ses débuts, progressivement élevée ou détournée vers quelques scènes sentimentales ou pathétiques. Les deux pièces donnent l'idée d'un dialogue rapide et nerveux, collé sur l'action et agissant lui-même, d'un style apte à passer la rampe, pas très naturel, mais condensé, saisissant, réveillant.

Beaumarchais sera pour quelque chose, très diversement, mais très réellement, dans l'œuvre de Scribe et de Victorien Sardou, dans celle d'Augier et dans celle d'Alexandre Dumas fils.

MADAME GEOFFRIN DANS SON CABINET, a Dessin de Hubert Robert eonser, au Musée de Valence. CL. hachette.

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LA LITTERATURE FRANÇAISE ET LES ETRANGERS

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LE CHATEAU DE WURTZBOURG. a Vue du projet de l'architecte français Boffrand peur la façade sur le jardin (1724). (BibL Nat., Imp.) CL. HACHETTE.

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