‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'à la bataille d'ActiumChapitre 1 sur 187 · TI. SEMPRONIUS GRACCHUS · texte numérisé non relu

TI. SEMPRONIUS GRACCHUS

Los transformations de Tétai social, les factions qui étaient nées au sein de la noblesse après la deuxième guerre punique, devaient conduire à la ruine du régime aristocratique, par conséquent amener la chute de la constitution républicaine dont Texistence était liée à celle de la noblesse. Mais la solide organisation de la constitution, et les instincts conservateurs de la majorité aussi bien chez le peuple que chez la noblesse, devaient retarder le succès de la révolution. Elle n'aboutit qu*à la suite d^attaques réitérées contre la dominalion des nobles; il fallut pour la faire triompher Faction incessante des factions rivales qui finirent par provoquer de désastreuses guerres civiles.

Ti. Sempronius Gracchus' livra le premier assaut: il était Tainé des fils de Ti. Sempronius Gracchus, censeur en 169; sa mère était Tillustre Cornélie, la fille du premier Africain. Il était encore jeune quand il perdit son père, alors il accompagna son beau-frère P. Cornélius Scipion Emilien dans sa campagne d'Afrique ; un des premiers il monta à l'assaut de Carthage ; il fut ensuite le collègue de son beau-père, Appius Çlaudius Pulcher, dans le collège des augures * ; grâce à ses relations avec ces deux grands personnages, il put se faire sur la situation de l'État une idée tout à fait indépendante de la manière de voir qui dominait dans le parti des optimates.

*) Plut., Ti. Gr., 1 et seq. App., b, c, 1, 9. Diod., 34, 24. Dio C, fr. 83 B. Liv., ep., 58. Flor., 3, 14. Oros., 5, 8. [.Vur. Vicl] ViV. i7/., 6i. *) Plut., Ti. Gr., 4.

4 LA DISSOLUTION DE LA KÉPlBLlOUE [IV, I

Sa popularité dalc de sa questure auprès du consul C. Ilostilius Manciuus (137)*. Ou lui fit honneur de ce qu'il y avait d*lionorabIe dans le honteux traité signé avec les Nuniautins, on lui attribua surtout le mérite d'avoir sauvé l'armée *. Le traité fut rejeté : c'est à ce sujet que Ti. rompit avec le parti des optimates' ; il s'éloigna de Scipion Emilien qu'il trouvait trop modéré*; A. Glaudius Pulcher, politique passionné^ et partisan des solutions radicales, eut toutes ses sympathies.

Dans le cercle des hommes d'État auquel appartenait Gracchus, on avait constaté depuis longtemps que le peuple, sur lequel reposait la constitution deTEtat, était bien difTérent du peuple primitif, en vue duquel on avait réglé les institutions politiques de Rome. A la tète delà première classe de Servius s'était formée une caste de capitalistes ; ils s'entendaient avec les nobles, et exploitaient l'état au mieux de leurs intérêts. En bas, dans la sixième classe, le nombre des prolétaires et des aiTranchis s'était considérablement augmenté ; il s'était formé là une tourbe, qui parfois servait le parti de la noblesse, mais le plus souvent s'attachait aux démagogues ambitieux rejetés par les optimales. Restaient les cinq autres rlasses : elles comprenaient les paysans libres, parmi lesquels s'était recrutée l'armée romaine, qui avaient soutenu l'Etat, dans les périodes de crise, par le iributum devenu depuis inutile; c'était pour eux qu'avaient été institués les comices par centurie et par tribu ; or, les citoyens qui les composaient avaient diminué dans des proportions très inquiétantes, et de plus, comme les citoyens des colonies et des villes libres, ils s'appauvrissaient de jour en jour**.

Les causes de cet appauvrissement doivent être cht'rchées dans les changements sociaux qu'avait produits l'extension de la conquête, et aussi dans la politique des nobles à l'égard des simples citoyens et des sujets.

1) Flul., Ti. Gr.. 5 etseq.

«) Flul., Ti. Gr., 7.

') Cic, Brut., 27, 103. Ilar, rr$p., 20, i3. Vol!., 2, 2. Dio C, f.. 83 B. Flor., 3, 14. Quintil., 7, i, 13. Oros., 5, 18. *) Plut., Ti. Gr , 7.

•) Cic, Brut., 28, 108.

•) App.. b. c, 1, 7. y. Flut., Ti, Gr., 8 et scq. '

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