‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'à la bataille d'ActiumChapitre 38 sur 187 · IV, 13] TRIUMVIRAT DECN. POMPÉE, M. CUASSUS ET C. CÉSAR · texte numérisé non relu

IV, 13] TRIUMVIRAT DECN. POMPÉE, M. CUASSUS ET C. CÉSAR

qui l'avait soutenu'; on fut même sur le point de décréter la déposition de Métellus, mais Caton fut le premier à déclarer que ce serait illégal*. Métellus répondît en publiant un pamphlet contre le sénat, et, sans se soucier de la loi qui défendait aux tribuns de quitter Rome, même pendant une seule nuit, il alla rejoindre Pompée*. César refusa d'abord de se soumettre, puis se résigna à se renfermer chez lui. Le peuple entoura sa demeure et le pressa de reprendre ses fonctions de préteur; César calma la foule, alors le sénat, de son propre mouvement, annula le décret de suspension concernant César*. Ses ennemis revinrent à la charge, et voulurent le perdre en rappelant qu^il avait pris part k la conjuration de Catilina. Mais César fit des avances au sénat; il retira sa proposition contre Catulus^ il parut faire amende honorable; le «énat ne tint aucun compte de la dernière tentative faite pour perdre César ; d'ailleurs le sénat redoutait la popularité considérable de celui que le peuple regardait comme son chef.

Tout cédait devant cette popularité, et Caton défendait luimême au sénat une proposition qui eût soulevé le dédain de son ancêtre. On augmenta, sur la demande de Calon, le nombre de ceux qui pouvaient recevoir des distributions de blé en vertu de la loi Terentia Cassia; du fait de cette proposition la dépense annuelle fut augmentée de 1 ,250 talents*. II ne faut pas croire qu'il y eut une loi Frumenlaire Porcia ; et Calon eut beaucoup de peine à faire revivre la disposition de Sempronius, en vertu de laquelle chaque citoyen pouvait acheter à un prix déterminé le blé dont il avait besoin. On espérait gagner par cette générosité les malheureux et les affamés de la plèbe qui faisaient la majorité dans les assemblées ^ En revanche on fit observer sévèrement la loi de peregrinis [lex Papia), et on

• Cf. Schol, Bob., p. 302. Suet., C3ss,, 55.

* Plut., Cat. min., 29. Cf. Cic, Faw., 5, 2, 9.

^) Dio C, 37, 43. Plut., Cat. min,, 29. Cic, 26.

*. Suet., Cœs.f 16.

•) Suet., Cœs,, «5. DioC, 37, U.

S Plut., Cat. min,, 26. Cass., S.

') Cic, Att.y 1, 16, il.

292 LA DISSOLUTION DE LA KÉPUBLIi^LI^ [IV, !3

appliqua les pénalités prévues par cette loi contre les élran* gers qui usurpaient à Rome le titre de citoyens. Q. TuUius Cicéron, alors préleur, présida le tribunal qui jugea ces sortes de procès ; le peuple fit appliquer la loi à un protégé des Lucullus; le poète Archias, que défendit Cicéron, fut poursuivi V

Cependant le parti populaire était devenu assez timide : Q. Ca^cilius Mélellus Créticusen profita pour célébrer à la fin de mai son triomphe^; Pompée l'avait fait retarder jusqu'à ce moment^; Mélellus y avait droit, puisqu'il avait organisé la Cfète en province*. Mais on lui refusa encore de faire figurer dans son cortège les deux chefs des Cretois, Lasthénès et Panarès; ils furent réservés pour le triomphe de Pompée". Les difficultés auxquelles avaient donné lieu le triomphe do Métellus et ceux d'autres personnages, celui de L. Lucullus par exemple, décidèrent Caton à présenter une loi sur le triomphe ; avec son collègue, L. Marius ou Marcius, il rédigea la loi Maria {Marcia) Porcia de triumphis. Nous n'en connaissons qu'une seule disposition, celle qui concerne le nombre des ennemis morts sur le champ de bataille : ce nombre avait été fixé depuis longtemps à 5,000 tués dans un seul combat : Caton établissait des peines contre les généraux qui feraient do fausses déclarations, et obligeait ces derniers à venir déclarer avec serment, dix jours après leur retour, le nombre d'ennemis qu'ils avaient fait périr*.

Il s'était glissé dans les habitudes politiques de Rome bien d'autres abus ; les consuls voulurent en faire disparaître un des plus dangereux ; la rédaction des lois votées et des sénatusconsultes n^était pas contrôlée; souvent on les avait falsifiés dans un intérêt de parti ou même dans un intérêt personneP. Les consuls voulurent empêcher la chose ; ils firent la loi

') Schol. Bob., p. 354.

*) Eutr., 6, 16. l. L. A., p. 460. 173. ») Vell., 2, 34. Cf., Dio C, 36, 2 B.

*) Liv,, ep., 100. Vell., 2, 38. Eutr., 6, 11. Oros., 6, 4. Cic , Flacv., 13, 30.

*) V«ll., 2, 40. DioC, 36, 2 B.

«) Val. Max., 2, 8, 1. Cf. Dio C, 37, 40. Cic, ad Q, fr., 3. 2, 2. ') Plut., Cai. inùUy 17. Cf., Cic, Ug, agi., 2, 14, 37. Sutt., 15, 42.

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