‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'à la bataille d'ActiumChapitre 94 sur 187 · Tome I, page 1H · texte numérisé non relu

Tome I, page 1H

'j Li».. U, 16. Val. Max., 2, 9, 5.

') Plut., C. Gt.. 3.

'J Pliu., n. h., 7, *+, lia, Llv., ryi., 39. Voir tome 11, pBgf- 2g.

général, comme le prouve Thistoire de Tinstitution, les tribuns étendirent peu à peu leurs attributions par des usurpations méthodiques qu'ils eurent soin de faire légaliser en grande partie. Pendant les premiers siècles de la république, dans les luttes civiles entre la plèbe et le patriciat, le tribunat rendit de grands services à TÉtat; mais plus tard il devint gênant ; au dernier siècle, Gicéron rappelant les abus auxquels il s'était laissé entraîner, appelait le tribunat un mal nécessaire *.

Au début, les cinq tribuns n»^ pouvaient exercer leur autorité qu'en faveur de la plèbe ; aussi on ne leur donna pas le titre de magistrats du peuple, magistratuspopuli romani*^ on les appela les magistrats de la plèbe, magislrattts plebis romanœ, oxxplebeii * ; et pourtant ils étaient élus par les comices curiates, et mentionnés dans la loi curialequi accordait Vimperiurn aux consuls, Âvaient-ils quelques fonctions administratives dans l'ordre de la plèbe? les sources ne nous le disent pas, mais la chose n'est pas impossible, puisque les premiers tribuns furent choisis parmi les curaiores tribuum^ ; mais leurs fonctions administratives, si elles existaient, étaient soigneusement limitées à la plèbe, ce n'étaient pas des fonctions publiques, administratio rei publicœ. Ils n'avaient certainement pas de pouvoirs judiciaires ; ils intervenaient auprès des plébéiens pour arranger leurs différends ^ ou invitaient leurs édiles à le faire ®, offrant leurs bons offices pour amener une conciliation, comme le faisait tout citoyen auquel s'adressaient les deux parties, mais ils n'étaient pas juges de la plèbe.

Plus tard, les tribuns furent reconnus par tous, comme magistrats du peuple, magistratus populi romani^ mais alors encore, ils se distinguèrent des autres magistrats par quelques particularités qui tiennent à l'origine de l'institution. On respecta toujours la disfwsition en vertu de laquelle on ne pouvait nommer que des plébéiens, affranchis exceptés ; un patricien ne put jamais se faire élire qu'en se faisant adopter par la plèbe (transitio ad plebem) '. Certains auteurs parlent de patriciens nommés tribuns par cooptation •, mais ne donnent pas de preuves suffisantes ; peut-être dans certains cas, des patriciens ont-ils pu être investis de l'inviolabilité tribunitienne par un plébiciste à titre de récompense pour services rendus à la plèbe ; on agit ainsi à Tégard de César.

Autre particularité : les tribuns n'avaient pas d'insignes •. Le banc sur lequel ils siégeaient, subselHum, n'était pas, comme la chaise curule, sella curiilis, un banc d'une forme particulière *°, il ressemblait aux bancs onlinaires ; seulement, on lui conserva sa

*] Cic, de %., 3, 8-10.

») Liv., 2, 5G. Zon., 7, 15. Plut., qti. Rom., 81.

») Liv., 2, 35 5fi.

*) Voir tomo î, page 137.

«) Dion., 7, 58. Lvd., demag., 1, 38. 44. Isid., Orig., 9, 4, 18. 9. 3. 29

•) Dion., G. î>0. Zon., 7, 15.

■) Zon.. 7, 15. Dio C, 37. 51. 42, 29.

") Liv.. 3, 05. 5. 10. Cf. 4, 16. Plin., n. //., 18, 3, 1.5.

•, Plut., qv Boiyî., SI.

«'•) P.**. A^ron., p. 118 Or. Varr.. /. /., 5. 128.

forme primitive ; dans la suite, il diflera donc des bancs dont se servaient les citoyens, mais il ne constitua jamais un insijrne de la fonction, insigne Iribunicium,

Le jour de rentrée en fonction ne fut jamais le même que celui des consuls et des autres magistrats *. Nous ne savons pas quelle était la date choisie pendant la période qui précéda le décemvirat ; ce n'était certainement pas le 10 décembre (iv. id. déc.) ', puisque le tribunat fut supprimé pendant plus de deux ans, et fut rétabli à cette date du 40 décembre, qui fut conservée pour la suite ' ; les raisons qui firent modifier plusieurs fois la date de l'entrée en fonction des consuls et d'autres magistrats, n'eurent aucune influence sur l'institution du tribunat. Une fois seulement, l'élection n'ayant pas été régulière (tribuni plebis vitio creati) *, se présenta une difficulté; mais nous croyons, malgré Tite-Live, que l'irrégularité {vitiuin) fut découverte avant le 10 décembre, et les anciens tribuns firent procéder à de nouvelles élections ; si notre théorie est fausse, si les tribuns nommés irrégulièrement étaient réellement en fonction depuis cinq jours quand l'erreur fut découverte, il faut croire que, comme en 449, le grand Pontife dut présider les comices clmrgés de désigner de nouveaux tribuns, qui restèrent en fonction jusqu'au 10 décembre de Tannée suivante.

En quatrième lieu, les tribuns avaient une autorité plus grande dans les assemblées de la plèbe {concilia plebis) que les autres magistrats sur les assemblées du peuple * ; aucun magistrat ne pouvait dissoudre une assemblée (coniio) réunie par les tribuns, magistrats de la plèbe.

Enfin les tribuns ne pouvaient exercer leurs pouvoirs en dehors de Rome ; la limite fixée était la même que pour l'exercice du droit d'appel, un mille en dehors de la cité. Leur situation était donc tout à fait diflerente de celle des magistrats cum imperiOy dont l'autorité ne devenait absolue qu'au delà de cette limite. De là l'obligation pour les tribuns de rester à Rome ; ils devaient toujours être là pour exercer leur droit d'intercession • ; au viP siècle ils se tenaient ' dans la basilique Porcia", près de la curie Hostilia"; leur maison devait être toujours ouverte, même la nuit, afin que l'on pût réclamer à toute heure leur protection (auxilium) *° ; ils ne devaient jamais s'absenter de Rome plus d'un jour**, excepté pendant les fériés latines *'. Il y eut cependant des exceptions, et cette

*) Phit., 7!/. Bom„ 8t.

»j Dion., 6, 89.

=») Liv., 39, 52.

*) Liv., iO, 47.

») Cf. Gell., 13, 16.

•) Gell., 13, 12, 9 ; Zon., 7. lo n'est pas très précis.

') Ils devaient toujours se tonir au centre ae la villn, oA se concentrait la vie politique de la cité. Cf. Liv. 4. 55, 3.

•) Plut, Cni. min., 5.

•; Val. Max. 9, 5. 2. Cf. Cic. Vot., 9. 21 {tabula vahria) avec Plin., n. h., 35. A, 22. Schol. Bob., p. 318 Or.

•«) Plut., ffu. Rom.,S\.

") Gell,. 13. 12, 9. 3, 2. It. Macrob., Sat., 1. 3. 8. Scrv., ad .'En., .5. 738. Dio C, 37, 43. 45, 27. U), 49.

'*; Uîou., 8,87.

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