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Mais son frère Q. Serviliiis Cai'pio, consul en liO, o1)linl du Sénat la permission de reprendre les lioslilités contre Viriathe. Il finit cette guerre peu honorable en décidant des traîtres à l'assassinat de Viriathe '. D. Junius Brutus, consul en 138, assigna aux débris de l'armée de Viriathe des terres près de Valenlia* ; il employa cette année et la suivante pour laquelle Scipion lui fit proroger Vimperium^, à rétablir un ordre durable dans la province d'Espagne ultérieure \ il la purgea des brigands qui la dévastaient, et déploya une énergie déjà bien rare. Il soumit en outre diverses tribus lusitaniennes encore autonomes, dont Tune, celle des Callaici ou Gallaeci, lui valut le surnom de Callaicus^ ; il triompha en 132 des Lusitaniens et des Galiciens [de Gallœcis et Liisitanis) ^
La guerre avec Numance, dans l'Espagne citérieure, durait toujours. Le successeur de Metellus, Q. Pompeius, la conduisit si malheureusement en 141 et 140, que, pour en finir coûte que coûte, il signa un traité défavorable ^ Chose non moins honteuse, il tenta ensuite de nier le fait^ et le peuple qui refusa aux envoyés de Numance la ratification du traité, ne voulut pas non plus qu'on leur livrât Pompeius qui était populaire ^ Son successeur, M. Popiliius Leenas (consul en 139), ne fit rien '°. Après lui, G. llostilius Mancinus (consul en 137), essuya une telle défaite que, pour sauver son armée, il consentit un traité déshonorant'^; les Numantins, instruits par l'expérience, l'accordèrent seulement quand le jeune ïi. Sem-
') App., Iba:, 70-72. Diod., 33, t. Liv., rp., 5i. Val. Max., 9, 6, 4. Vell., 2, 1. Eulrop., 4, 16.
2) Liv., ep., 55.
3) Fest., p. 241.
') App., Ihcr., 73-75. Liv., ep., 55 et 56. Vell., 2, 5. Flor., 2, 17.
'=•) Ov., Fast., 6, 461. Schol. Bob,, p. 359.
^) Eutrop., 4, 19. Plut., Ti. Gr., 21.
') App., Ihcr., 76-79. Liv., ep., 54 et 53. Diod., .33, 19 et 22. Dio C. fr. 77 B. Vell., 2, i, 90. Eutrop., 4, 17. Flor., 2, 18. Oros., 5, 4.
8) App., Iher., 79. Cic. de Fin., 2, 17, 54.
^) Cïc, de Off., 3, 30, 109. Vell., 2, 1. Cf. Cic, F.jiil., 11, 23. Prise, 18, 264, p. 344 H.
'°) App., Tber., 79. Liv., ep., 55.
") App., Iber., 80. Liv.,ep., 55.
606 LE GOUVERNEMENT DE LA NOBLESSE [Ul, I l
pronius 'Gracchus, questeur de rarmée;, à qui le souvenir de son père valait leur confiance, se fut engagé à obtenir la ratification du traité par le peuple '. Il n'en fut pas moins rejeté sur la demande des consuls. L. Furius PhilusetSex. Atilius Serranus (136). Mancinus, plus honnête du moins que PompeiiLS, ne fit rien pour empêcher qu'on ne le livrât aux Numantins ". Ceux-ci, du reste, refusèrent de le prendre'. Abstraction faite de la honte, cet événement ne peut être négligé si l'on vent comprendre les personnalités qui dominent les divisions ultérieures des partis; de lui, date le refroidissement survenu entre Tiberius Gracchus et son beau-frère Scipion '\ Tiberius dut à Scipion et à sa popularité auprès des parents et amis des soldats sauvés de n'être pas livré comme Mancinus, mais il fut très irrité de voir casser un traité garanti par lui sincèrement et à bonne intention.
Mancinus rappelé fut remplacé en Espagne Tannée même (137) par un autre consul, M. Jîmilius Lepidus; les nég-ociations entamées avec Numance le réduisirent à l'inaction. Quoique militaire incapable^, la soif de renommée le porta à commencer de sa propre autorité une guerre contre les Vaccéens; il fut complètement battu et ne dut son salut qu'à l'aide de D. Junius Brutus ^; il fut rappelé et condamné à une amende '. L. Furius Philus, chargé de remettre Mancinus aux Numantins, avait assez conscience de son mérite pour prendre comme légats ses ennemis personnels Q. Pompeius et Metellus^ ; ni lui ni Q. Calpurnius Piso (consul en 13o) ne tirent rien dans la guerre de Numance ^ La honte était telle qu'on jugea la
') Plut., 27. G/-., 5, 6. (Aur. Vict.) Vir. ilL, 59, 64. Dio C, fr. 83, 2 B. Vell., 2, 2. Flor., 3, 14. QuiiiL, 7, 4, 13. Gell., 7, 9, 12.
^) Cic, de Off., 3, .30, 109, de Rep., 3, 18, 28. Liv., cp., 56. Vell., 2, 1; cf. App., Ibev., 83. Dio C. fr. 79 B. Val. Max., 1, 6, 7. Flor., 2, 18. Eiitrop., 4, 17. Ohseq., 24. Gros., 2, 4, 5.
3) Cic, de Or., 1, 40, 181. Cœc, 34, 98.
*) Cic, Brut., 27, 103. har. resp., 20, 43. Vell., 2, 2. Plut., Ti. Gr., 7. Dio C. fr. 83 B.
fi) Diod., 33, 32. '
«) App., Iber., 80-82. Liv., ep., 56. Gros., 5, 5. Gbseq., 25.
7) App., Iber.y 83; cf. Val. Max , 8, 1. damn,, 7. Vell., 2, 10.
») Val. Max., 3, 7, 5. Dio C. fr. 82 B.
") App., Iber,, 83. Gbseq., 26
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mesure comble ; le sénat et le peuple oiïrirent à Scipion un second consulat afin de le charger de la direction de la guerre. Ace moment précisément •, — et non pas avant sa censure ', ni après son second consulat^ — il était absent *, parti pour une ambassade en Orient". On l'avait désigné avec L. MetellusetSp. Mummius\ afin de préparer des mesures contre les pirates''; imitant la simplicité de Caton, il ne se fit accompagner que de peu d'esclaves ^ Scipion fut dispensé de la loi de 151, qui interdisait la réélection au consulat, élu pour 134 et formellement charg-é de conduire la guerre contre Numance ®. Les grands étaient bien jaloux de l'homme dont ils avaient dû reconnaître l'intég-rité exceptionnelle , car le sénat ne l'autorisa à faire aucune levée et lui assigna, pour les frais de la guerre, les avances que devaient faire les publicains sur les fermag-es à payer dans les années suivantes *". Scipion refusa ce crédit et partit pour l'Espagne avec 3,500 volontaires et 500 clients et amis dont il forma une cohorte prétorienne [cohors pr3Btovid) ".
Devant Numance oii se trouvaient réunis sous ses ordres le futur sauveur de Rome, G. Marins, '* et son futur ennemi Jugurtha'^, Scipion apprit à mépriser complètementceux qu'on appelait maintenant citoyens romains, pour le bien desquels il avait pensé, agi et s'était brouillé avec la noblesse '\ Il trouva, dans son armée amollie par le luxe et la volupté '*, des diffi-
*) Cic, deRep., 6, H.
2) Cic, Acad. pr., 2, 2, 5.
^) Val. Max., i,3, 13.
^) Autre version fausse dans Val. Max., 8, 15, 4. =) Diod., 33, 21. Plut., apophth., 13.
^) Just.,38, 8. Cic, deRep., 3, 35, 48. ') Strab., 14, 5, 2.
») Plut., apophth., 14. (Aur. Vict.) Vir. ilL, 58. Val. Max., 4, 3, 13. ') Liv., ep., 56. App., Iber., 84. Val. Max., 8, 15, 4. Cassiod. à l'aimée '0) Plut., apophth., 15.
") App., J6er.,84.
'^) Plut., Mur,, 3 et 13. Val. Max., 5, 17. '3) Sali., Jiig., 1 et 8. App., Iber., 89. 1*) V\vX., apophth., 16, 22. Val. Max., 6, 2, 3. ^«) Plut., Mur., 3. Liv., ep.,57. App., lbei\, 85. Flor., 2, 18
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cultes bien iiires que colle que son père avait dû combattre dans la guerre contre Porséc cl lui-même dans la troisième guerre punique. Dès la seconde guerre punique, on avait quelquefois vu des femmes à l'armée * ; mainlenanl les courtisanes s'y comptaient par centaines. Scipion les renvoya aussitôt, ainsi que les marchands, devins et sacrificateurs qui s'étaient joints au camp'. 11 établit des exercices militaires pour rendre aux soldats l'habitude de la guerre Ml se vit même obligé de lourner la troisième loi Porcia et de rétablir les peines corporelles dans des conditions qui n'étaient pas exclues par la lettre de cette loi : il fit frapper les soldats citoyens non de verges [virffœ] par les licteurs; mais avec des ceps de vigne {vitps), par les centurions''. IMalgré tousses efforts, il ne put oser demander à une pareille armée du courage ; à la première tentative d'une attaque sur Numance, elle s'enfuit ^. Il préféra affamer la ville et y réussit au bout de quinze mois''. Le sénat put charger une commission de dix membres de consolider les résultats des campagnes de D. Junius Brutus et de Scipion Émilien en réorganisant la province.
Scipion lui-même avait brillamment prouvé une fois de plus, non seulement son talent de général, mais son désintéressement en refusant les cadeaux d'im mi oriental^ ; il avait mérité un second triomphe et un second surnom [N umantiniis) . 11 avait, ce qui valait mieux, concjuis par sa vie entière le droit à la confiance illimitée de tous les éléments encore sains delà cité et la force de protéger Rome contre la catastrophe tant qu'il vivrait. Mais devant Numance même, il avait appris les réformes précipitées et la mort violente de Tiberius Gracchus. Quand il revint à Rome, l'heure d'une solution pacifique de la crise sociale était passée.
') Plut., Fah., 20. Val. Max., 7, 3, 7. (Aur. Vict.) Tir. ill., 43. Dio C. fr. 57, 34 B.
-) Liv., 57. App., Ibev., So. Val. Max., 2, 7. 1.
') Liv., ep.Thl. App.,lber„ 80. Plut., iqiophlh., 16. Flor. , 2, 18.
^) Liv., ep.,57; cf. Pli»., n. h., 14, 1, 3, 19. Plut.,6'. Gr.,9.
^) Gros., 5, 7.
fi) Liv., p^)., 59. Vell., 2, 4. Oros.,5, 7. App., itec., 90-97.
') Liv., (p , 57. Çic, DeJ.yl, 19.