‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'a la bataille d'Actium. Tirée des Roemische Alterhümer de L. LangeChapitre 13 sur 175 · IMPUISSANCE DE L OPPOSITION DÉMOCRATIQUE · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE DE L OPPOSITION DÉMOCRATIQUE

Pendant les deux guerres de Jngurllia et des Cimbres, il ne fui pas question de lois agraires; la loi de Hl avait été le dernier acte législatif sur ce sujet. En 104, le tribun L, Marcius Philippus présenta une nouvelle rogatio agraria. L. Philippus était un vrai démocrate, un ami du peuple*, l'orateur le plus éloquent après Crassus et Antoine'. Nous ne connaissons sa proposition que par quelques passages de Cicéron % elle ne devait pas renfermer de dispositions sur le partage des terres, elle devait proposer seulement la suppression des articles de la loi de Hl, en verlu desquels les possessions de l'ager publicus avaient été transformées en propriétés, Tager publicus était devenu ager privatus. Il voulait ramener la question au point où elle était avant la loi de Ba'bius (111^, et rendre possible Texécution des lois semproniennes. L. Pbilippus reconnaissait d'ailleurs que sa loi était loin de résoudre les difficultés soulevées par la question agraire. Il fit une enquête sur la situation économique de la République, et constata franchement que le bien-être devenait de moins en moins général; il avoua qu'on trouverait à peine deux mille citoyens qui fussent dans l'aisance. Mais il était difficile de revenir sur ce qui avait été fait en 111 ; les optimales firent échouer la proposition de L. Philippus; le tribun paraît avoir accepté son échec avec résignation.

') Hor., ep., I, 7, 46.

3) Cic, Brut., 47, 173. 50, 186.

3) Cic, de Off.,2, 21, 73.

On avait continué à faire exploiter les propriétés agricoles par les esclaves en Italie et en Sicile. On en vit bientôt les conséquences. Il y eut des révoltes d'esclaves, peu sérieuses d'abord, dans le sud de Tllalie, mais la dernière fut assez menaçante, il fallut envoyer pour la réprimer le préteur L. Licinius LucuHus avec 4,000 fantassins et 300 cavaliers {c'est-àdire une légion' ) ; bientôt après éclata un soulèvement général en Sicile, dans les circonstances suivantes".

Les fermiers des douanes dans les provinces augmentaient leurs revenus par le commerce des esclaves; ils achetaient des hommes libres qui avaient été enlevés sur les frontières des royaumes alliés avec Rome, et les revendaient comme esclaves aux négociants qui faisaient cette sorte de trafic. Un jour, pendant son second consulat. Marins fut chargé par le sénat de demander des troupes à ?sicomède de Bithynie ; Nicomède répondit qu'il ne pouvait pas envoyer de troupes, parce que les hommes libres de Bithynie avaient été enlevés en grande partie et réduits en esclavage par les Romains. Le sénat s'occupa de l'affaire, défendit ce commerce d'esclaves, et ordonna aux gouverneurs des provinces de rendre à la liberté tous les esclaves qui avaient été enlevés dans les royaumes alliés. En Sicile le préteur P. Licinius Nerva commença l'exécution de ce décret : en quelques jours 800 esclaves furent rendus à la liberté. Les propriétaires réclamèrent, et le préteur suspendit immédiatement l'exécution de décret sénatorial. Alors les esclaves voyant fuir une liberté qui leur avait été promise, voulurent l'obtenir par la force.

P. Licinius Nerva se rendit facilement maître du premier attroupement, grâce à la connivence d'un meurtrier fugitif qui trahit les esclaves. Mais l'esclave Tryphon organisa un second soulèvement beaucoup plus considérable; les troupes envoyées par Nerva furent battues deux fois; sur un autre point de Tile Athénion organisa une véritable armée d'insurgés. Les deux armées fusionnèrent ; Tryphon, nommé roi, installa sa cour à Triocala. Athénion tint la campagne. La situation

') Diod., 36, 1,

»') Diod., 36, 1 et seq. Flor.. 3, 19. Dio C. fr. 93 B.

IV, o] IMPUISSANCE DE l'oPPOSITION DÉMOCRATIOUE 87

devint telle qu'on vit des hommes libres se joindre aux esclaves pour piller*. A Rome on fut très inquiet ; la g-uerre contre les Cimbres n'était pas finie, et réclamait toutes les forces de la République. Le nouveau g-ouverneur, L. Licinius Lucullus battit Athénion en 103 à Scirtheea; mais il n'activa pas les travaux du siège de Triocala, accorda des congés à ses soldats, perdit son matériel de guerre, de sorte que son successeur, G. Servilius, ne trouva rien de prêt pour achever de vaincre l'insurrection-. Les choses allèrent si mal qu'on fut obligé d'envoyer en Sicile le consul M. Aquilius, le collègue de Marins pendant son cinquième consulat\ Après un an d'efforts il battit successivement Athénion, devenu roi après la mort de Tryphon, et Satyros, le chef des dernières bandes qui tinrent campagne'*.

En présence de pareils faits, l'opposition démocratique songea à reprendre les réformes des Gracques. On reprit le projet qui avait été abandonné par L. Philippus devant l'opposition des nobles; malheureusement l'exécution en fut confiée à des démagogues saos honneur, à des hommes perdus de réputation : L. Appuleius Saturninus, et L. Servilius Glaucia^ L. Saturninus avait déjà rempli plusieurs charges; questeur d'Ostie, il avait montré une telle négligence dans une année de famine, que le sénat avait été obligé de lui enlever la charge de veiller aux approvisionnements [cura rei fnimentanœ) pour la confier au prince du sénat, Scaurus^ Tribun en 1 03, il avait fait condamner Gn. Mallius en faisant établir un tribunal exceptionnel'; il avait aussi fait décider l'établissement d'une colonie pour les soldats de Marius'; il avait ensuite soutenu avec une grande énergie la candidature de Marius à son quatrième consulat. G. Servilius

') Cf. Diod., 36, k.

2) Diod., 36, 2.

3) Diod., 36, 3.

'•) Liv., e'p., 69. Obseq., 45. Cf. Cic, m Yevr. accusât., 3, 54, 125. , 5. de Leg agr., 2, 30, 83. Scliol." Bob., p. 246. Ps. Ascon., p. 210. '-) Cic, Acad., pr., 2, 5, 14. Brut., 62, 224. «) Cic, Se.f^, 17, 39. Har. resp., 20, 43. Diod., 36, 5. '') Gran., Lie, p. 21, éd. Bonn.

8) Aur. Vict., Vir. ilL, 73.

88 LA DISSOLITION DK LA RÉPriiLTOlK 'IV, i)

Glaucia élait l'auleur do la lex repolundariim do 112, si favorable aux chevaliors; sa réputation était détestable, un de ses adversaires l'avait appelé stercits cu)iœ\ Tous deux s'entendaient à merveille à soulever le peuplo par des discours violents et éloquents".

Ils cherchèrent d'abord un chef qui portât le nom populaire des Gracques. Ils mirent la main sur un certain L. Equilius, qui se disait fils de Ti. Gracchus. Les agitateurs se trouvèrent arrêtés dès le début de leur entreprise par le censeur de 102\ G. Cœcilius Mctellus Caprarius, le quatrième fils du Macédonien; G. Metellus refusa de reconnaître L, Equitius comme fils de Ti. et ne Tinscrivit pas sur la liste dos citoyens '*. Metellus fut un adversaire énergique des chefs populaires; il enleva son cheval à P. Furius"^ un partisan influent de Saturninus; il aurait même expulsé les deux agitateurs du sénat, s'il avait été secondé par son collègue*''. On répondit par des violences; un jour Saturninus fit lancer des pierres contre lo censeur'', qui fut obligé do se réfugier et de se barricader dans le Gapitole : il fallut que les chevaliers vinssent le délivrer^ Le sénat crut trouver en 101 l'occasion de se débarrasser do Saturninus; ce dernier avait insulté des ambassadeurs de Mithridate, venus à Rome pour acheter des sénateurs; on voulut l'exiler pour avoir violé \q juslegatorum^. Saturninus harangua le peuple, fit des promesses de réforme, montra qu'on voulait le sacrifier à cause de ses sympathies populaires ; il obtint du peuple qu'il ferait une démonstration en sa faveur; le sénat eut peur et laissa tomber l'accusation. Ce fut une exellento affaire pour Saturninus, elle favorisa sa réélection au tribunat on 100'". Il se mit du reste avec Glaucia au service de

') Cic, di^ 0,\, 3,41, 164.

2) Clc, Bnit., 62, 224. Rab., post., 6, 14. Har. reap., 19, 41.

3) Vell., 2, 8, 2. Cic, d: Bom., 32, 87. P. rcd., ad Quii\,3, 6.

*) Val. Max., 9, 7, 2. Aur. Vicl., Mr. ilh, 62. Cic, Scsi., 47, 101. ■•) DisC.fr., 95, 2 B.

<-) App., h. c, 1, 28. Cic, S<'.</. 47, 101. ') Val. iMax.,9, 7, 2.

. *) Oros., 5, 17.

^) Il est faux, comme le prétend Diod.. 30, 8, que le sénat se soit transformé en tribunal pour juger Saturninus.

<") Diod., 36, 8.

IV, .')i impuissance" DE l'oPPOSÎTION DÉMOCRATIQUE 89

Marius pour assurer à ce dernier son sixième consulat'; Marins leur prêta en revanche son puissant appui pour arriver au tribunal et à la préture. Marius cependant fit emprisonner L. Equitius' qui briguait le tribunal en même temps que Saturniiius, mais il n'inquiéta pas ce dernier qui venait de commettre un crime; il avait fait assassiner dans les comices son concurrent Nonius ou Xinnius^. Saturninus, malgré ce crime? fut nommé tribun; Marius, grâce à Saturninus, et à l'achat des voix, obtint son sixième consulat*; il s'appuya sur Saturninus et sur Glaucia, qui avait été élu préteur; il ne fut en rien inquiété par son collègue L. Valerius Flaccus, qui s'effaçait derrière Marius", et n'était préoccupé que d'une chose, enlever toute influence à Metellus Numidicus.

Voilà les hommes qui allaient reprendre les réformes des Gracques; aucun n'avait en vue l'intérêt du peuple, chacun ne songeait qu'à des avantages personnels, Marius surtout, qui n'avait aucune idée des devoirs d'un homme d'État, et ne cherchait qu'à satisfaire sa vanité ridicule. Il faut reconnaître cependant que Saturninus avait de la valeur; il n'hésita pas à faire sentir son autorité de tribun à Glaucia®, et copia avec habileté le rôle qu'avait joué G, Gracchus\

Comme G. il présenta en même temps plusieurs lois : une lexagraria, une lex frumentaria, et plusieurs leges, de coloniis deducendis préparées déjà pendant son premier tribunal.

La loi ag-raire* ne touchait pas aux dispositions de la loi de 1 f 1 ; Saturninus demandait que l'on distribuât aux citoyens, viritim^ ^ les terres de l'ager g-allicus, conquis par Marius, et abandonné par les Celtes, ses anciens propriétaires. Comme G. Gracchus, Saturninus voulait admettre à la répartition les

') Cic, Har. resp., 24, 51.

•2) Val. xMax., 9, 7, 1.

•') App., b. c.,t,28. Plut., Mur., 29. Liv., ep., 09. Flor., 3, 1(3. Val. Max., 9,7, 3. Aurel. Vict., Vir. ///., 73. Gros., 5. 17. '') Plut., Mar.. 28. LW.,ep., 69.

•■) Plut., Mar., 28.

") Aur. Vict., Vir. ilL, 73.

') Cf. Flor., 3, 16.

'*) Liv., ep., 69.

8) App., h. c, 1, 29. Cic, SeU., 16, 37.

90 LA DISSOUTION DE LA RÉPUBLTOUE [IV, O

alliés de l'Italie ' en même temps que les citoyens. Si elle avait été appliquée, cette loi aurait certainement produit d'heureux effets sur la situation économique de l'Italie. Mais Saturninus découvrit bientôt ses véritables intentions; la loi agraire n'était qu'une arme forgée pour la lutte contre les nobles, c'est ce que montra la disposition suivante : quand la loi aura été adoptée par le peuple, le sénat sera tenu d'en jurer l'observation par serment; tout sénateur qui refusera sera chassé du sénat et condamné à une amende de vingt talents'. Sans doute Saturninus pouvait expliquer cette mesure en rappelant la conduite des nobles au moment delà réforme des Gracques; or le fait même qu'on peut la justifier est une preuve nouvelle de l'intensité des passions rivales qui divisaient la république. Mais il y a dans la disposition supplémentaire de la loi de Saturninus quelque chose de plus regrettable : elle n'avait pas été imaginée pour rendre l'application de la loi pins facile, mais pour atteindre l'ennemi personnel de Saturninus et de Glaucia, Metellus le Numidique.

La loi frumentaire ne devait profiter, comme celle de C, qu'aux seuls citoyens de Rome ; il diminua encore les prix fixés par la loi Sempronia pour les distributions mensuelles; au lieu de payer le blé 6 as 1/3, on ne le paierait que o/6 d'as {semi?ies et trientPsY.

Les lois sur les colonies favorisaient surtout les vétérans de l'armée de Marins. Ces vétérans, sortis pour la plupart de la classe des capite censi, sans aucune fortune, préféraient devenir colons plutôt que d'attendre les assignations qui devaient être faites en commun aux citoyens et aux alliés sur l'ager Gallicus. Chaque vétéran devait recevoir cent jugères ; les colonies seraient établies hors de l'Italie, eu Afrique, en Sicile^ en Grèce, en Macédoine. Dans le cas oii l'ager disponible ne serait pas suffisant, Saturninus proposait d'employer à l'achat de terres*, le trésor de Toulouse rendu à l'État après la condamnation de Q. CcPpion. C. Gracchus avait mis sur le

*) App., h. c, i, 30.

2) App., b. c, l, 29. Plut., Mar., 29. Aur. Vict.. \ir. ///.. 73,

3^ Cornif,, ad Herr., 1, 12,21,

*) Aur. Vict.. Vlr. ///.. 73.

lY, 5^ lMPniSS.\NCE DE l'opposition DÉMOCRATIOL'E 91

même pied les Latins et les citoyens qui se rendaient dans les colonies; les lois de Saturninus difîéraient de celle de C. en ceci qu'elles autorisaient Marins adonner le droit de cité à trois Latins par colonie ^ Saturninus dut s'arrêter là; sa loi ag-raire avait déjà blessé l'égoïsme des citoyens de Rome^ il ne pouvait pas leur demander de plus grands sacrifices; d'ailleurs on avait été très mécontent contre Marins, qui s'était permis, pendant la guerre des Cimbres, de donner le droit de cité à deux cohortes de Mamertins'.

Pendant les discussions de ces lois, il y eut de nombreux actes de violence. Les Optimates paraissent avoir encore emplové le moyen qui leur avait si bien réussi avec L. Drusus. Ainsi on dut fonder cette année-là une colonie de citoyens à Eporedia dans la Gaule transpadane, sur le territoire des Vagienni' ; il est très probable qu'elle fut fondée à la suite d'un vote du peuple, obtenu par un tribun rival de Saturninus, — on cite un certain Ba^bius*, — partisan des Optimates; on espérait par là dépopulariser les lois agraires et les colonies de vétérans. Les optimates ne s'en tinrent pas à cette opposition légale. Pour atteindre la loi frumentaire, le questeur^ déclara que le trésor ne pouvait pas faire face à la dépense; alors le sénat décrétaque Saturninus serait considéré comme ennemi de l'Etat s'il maintenait sa proposition, Saturninus passa outre, ne s'inquiéta pas non plus de l'intercession de ses collègues, et voulut faire procéder au vote ; le censeur voulut l'empêcher par la force". Mêmes violences quand on vota les lois sur les colonies', et surtout la loi agraire. Saturninus ne put faire passer la dernière qu'en opposant à un groupe de combattants payés par les optimates une armée de Latins accou-

<) Cic, Bnlh., 21, 4«.

', Plul., Mur., 28. Apr>phth. Mar., 5. Val. Max.. 5, 2, 8. Cie... Balb., 20, 46. 22, .50.

^) Vell., 1, 15,

'*) Aur. Vict., Vir. Ul,,13.

^) Ce censeur élait Q. Servilius Cœpio, probablement un fils de celui qui avait été condamné en 104.

*) Cornif., adHer., 1, 12,21. .

M Aur. Vict., Vir. ill., 73.

1>2 LA DISS(M,rTION DK LA HKlMBLIolK lIV, ,')

rus ù Rome pour soutenir une loi qui leur assurait des avantages'.

On appliqua do suite la loi frumontaire, si coûteuse pour l'État; mais on ne put appliquer immédiatement les lois sur les colonies ni la loi agraire; il fallut du temps pour organiser les préparatifs. Saturninus employa ces délais à se venger de SOS ennemis personnels.

Après le vote de la loi agraire, Marins réunit le sénat, et déclara, c'était une comédie préparée d'avance, qu'il ne prêterait pas le serment exigé parla loi; le sénat l'applaudit, mais cinq jours après, prétextant l'agitation du peuple, Marius déclara que, dans l'intérêt de la paix, il fallait se résigner à prêter le serment; on pourrait plus tard, une fois le calme rétabli, faire supprimer la loi". Il alla au temple de Saturne, et prêta le serment devant les questeurs; les autres sénateurs en liront autant, même M. .^milius Scaurus'; un seul refusa, Metellus Numidicus, qui ne voulut pas subir une pareille humiliation. Saturninus l'accusa devant le peuple"^; quand Metellus vit que, malgré les supplications de sa famille",, il serait condamné, ne voulant pas recourir à violence, il quitta Rome. Ce n'était pas suftisant, le tribun fit une nouvelle proposition'^, et Marius eut la satisfaction d'infliger la peine de l'exil [aqiur elignkinterdictid) à Metellus'.

Pour empêcher les violences que lui avaient opposées Q. Ca^pion et Bambins, Saturninus proposa une lexde majestate. Jusqu'alors ceux qui avaient porté atteinte à la majesté du peuple romain^ ou ceux qui l'avaient diminuée {minuere), étaient jugés par le peuple ou par un tribunal extraordinaire.

0 App., h. c, 1, 30.

') App., b. c, i, 30. Plut., M'ir., 29.

3) Cic, Fam., 1,0. 10.

^) Liv., ep., 69.

■^i Cic, P. red. inSen., 15. .37. ad Qtiir., 3. 0.

'•) Cic, de Dom., Si, 82.

') Liv., cp., 69. App., b. c, 1, 31. Plut.. Mar., 29. Cat., Min., 32. Cic, SesL, 47, 101. 16, 37. 62, 130. rianc., 36. 89. Pis., 9, 20. Cluenl., 35, 95. P. red. in S>u., 10, 25. Schol. Bob., p. 252. 272. 347. Vell., 2, 15. Val. Max., 3, 8,4. Aur. Vicl., Vi)'. ///., 02. 73. Gros., 5. 17. Suet,. ;//. Gr., 2.

IV, o] IMPUISSANCE DE l'opi'Oshion DÉMOCRATIoUE 03

Or il élait arrivé souvent, depuis le tribunal de Ti. Gracchus, que les assemblées du peuple avaient été violentées, dispersées par les optimales, et avec elles les magistrats qui les présidaient, et qui étaient dans ce cas les représentants de la majeslas populi romani , àono. ces assemblées ne présentaient plus de garantie pour le peuple. Salurninus dut demander dans sa loi l'établissement d'une quœstio perpétua chargée de juger les crimes de majesté ', comme la quiesliu repetundaruni\\\^Q'à\\ les concussions. C.e que nous savons de certain sur cette loi, qui fut appliquée quelques années plus tard dans le procès de C. Norbanus% c'est qu'elle n'avait rien de commun avec la loi agraire, ni même avec la loi sur rétablissement d'un tribunal extraordinaire, de majestate, proposée par Saturninus pendant son premier tribunal; elle était une loi criminelle très complète, copiée sur la /ex Aciiia repelandaram.

On arriva à l'époque des élections sans que la loi agraire eût reçu un commencement d'exécution. Les colonies même ne furent pas fondées toutes ensemble, bien que Marins eût déjà usé de son droit d'acorder le titre de citoyen à un certain nombre de Latins\ Salurninus fut alors occupé de tout autre chose que de l'exécution de ses lois : il s'employa à raffermissement de sa coterie démagogique. Il se présenta de nouveau au tribunal, et fut réélu avant la tenue des comices qui devaient élire les consuls. Avec lui furent élusL. Equilius*, le prétendu fils de Ti. Gracchus, P. Furius, fils d'un affranchi', et Sex. Titius". L'orateur M. Antoine' fut élu consul; en 102 il avait remporté, étant alors préteur ou proconsul, des avantages sur les pirates*, et occupé quelques forteresses dans la Cilicie qui fut érigée en province. Deux concurrents se présentèrent pour

') Cf. Cic, Fart, ur., 30. 105. de Inv., 2, 17, 52. Coraif., ad Her., 2, 12, 17.

=*) Cic, de Ur., 2, 11, 48.

3) Cic, Balb., 21, 48.

') App., b. c, 1, 32. Val. Max., 3, 2. 18. Cf., Flor., 3, 16.

S) App., b. c, 1, 33.

«) Cic, de Or. ,2, 11, 48.

') Cic, brut., 36 et seq., de Or., 3, 9, 32. Oral , 5, 18. Tusc, 5, 19, 55. Val. Max., 6, 8, 1. Vell., 2, 9.

«) Liv., ep., 68, Ûbseq., 44 Cic, de Or., 1, 18, 82. Cf., BniL, 15, J68.

94 LA DlSSOJ,i;ilu.N UE LA UÉPUULloLK [IV, O

la seconde place de consul : G. Servilius Glaucia, soutenu par Saturninus, bien que, en vertu des leçjes annales^ sa candidature fût illégale * , et C. Memmius, connu par son opposition contre les nobles pendant la première année de la guerre de jugurlha; il avait été préleur en 104, ut avait triomphé d'une accusation de concussion'; c'était un démocrate sincère, mais il avait combattu les lois de Saturninus; et Saturninus qui avait à redouter son opposition, le lit assassiner sur la voie publique'. Le peuple s'émut de ce crime, et voulut venger G. Memmius; Saturninus se retira sur le capitole* avec L. Equitius, G. Servilius Glaucia et le questeur G. Saufeius, et appela les esclaves à la liberté'. Le sénat montra enfin quelque énergie; sur la proposition de M. .Emilius Scaurus", les consuls G. Marins et V. Flaccus firent rendre le sénatusconsulte qui déclarait la république en danger, les préleurs et les tribuns furent chargés de sauver l'Etat''. Marins ne put s'empêcher de faire exécuter le décret; oubliant les li^ns qui l'unissaient avec son parti*, il ne voulut pas couvrir les violences du tribun; secondé par M. ^Emilius Scaurus, M. Antonius et d'autres sénateurs'*, il attaqua les révoltés sur le Gapitole, les força à se rendre, et, malgré la promesse donnée de leur laisser la vie sauve '°, fit égorger Glaucia dans une maison particulière, Saturninus dans la curia Hostilia, où on l'avait d'abord emprisonné. Beaucoup d'autres succombèrent, parmi eux L. Equitius, qui devait ce jour-même (10 décembre) prendre possession du tribunal^*. Pour la troisième fois la

') Cic, Brut., 02, 224.

-) Val. Max., 8, 5, 2. Cic. Vont., 7, 14. Suet. \it., Ter., 3. Prise, 8, [>. 386 H.

'^) Liv., ep., 69. App., b. c, 1> 32. Cïc, Cat., 4, -2,4. Flor., 3, 16. Aur. Vict., Tir. ill., 73. Oros., .5, 17.

*) App., b. c, 1, 32. Cic, liab. jwrd.,1. Gros., 5, 17.

■>) Val. Max., 8, 6, 2.

'■•) Cf., Aur. Vict., Vir. ill., 72. Val., Mnx., 3, 2, 18,

') Cic, Bab. perd., 7. Cut., 1, 2, 4. FhiL, 8, 5, 15.

") Cornif., adHer., 4, 22.31.

") Cic, Rub. perd., 7,21. 9, 20. Fhil., 8, 5, 15.

'») Cic, Rab.perd., 10, 28.

") App., b. c, 1, 32. 33. Plut., Mar., 3U. Cic, Brut., 62, 224. Cat., 3,0,

15. Schol. Bob., p. 277. 347. Schol. Gron., p. 408. Vell. , 2, 12. Flor., 3,

16. Aur. Vict.; Vir. III., 73. Gros., 5, 17. I. L. A., p. 290.

IV, O] IMPUISSANCE DE l'oPPOSITION DÉMOCRATIOUE 95

noblesse avait sauvé la république, en recourant aux armes, pour la troisième fois aussi elle avait porté un coup dangereux à la constitution républicaine'.

De toutes les leges appideiœ on ne respecta que la loi de majestate'] mais on avait fait des promesses aux vétérans de Marins, il fallut les tenir. On fonda quelques colonies, nous en connaissons une, la colonie Mariana de Corse'. Chaque soldat reçut 14 jugères*. Une autre mesure de réaction fut prise : deux tribuns, Cato et Pompée, proposèrent de rappeler Metellus ; la proposition fut combattue par Marius avant l'expiration de son consulat, et par le tribun P. Furius". Le décret de rappel ne put être rendu pendant l'année de charge de ce tribun, qui correspond au consulat de M. Antoine".

Le tribun P. Furius a joué dans ces événements un rôle douteux; il s'était séparé de Saturninus, et ce fut lui qui proposa la confiscation des biens de Saturninus et de ses partisans'. Il ne soutint pas non plus les efforts tentés par le tribun Sex. Tilius (99)^ pour remettre en question la réforme agraire. Nous ne connaissons pas la lex Tilia de agris dividwidis popuio^, proposée par un tribun qui était surtout célèbre par son adresse au jeu de paume et par ses scandales nocturnes'" ; il est probable qu'elle était une simple reproduction de la loi appuleia. Le consul M. Antoine la combattit avec ardeur", quelques tribuns firent opposition '% elle passa cependant; mais plus tard, quand Titius fut sorti de charge, elle fut abrogée sur la demande des augures''.

') Cic, MU., 5, il.

•-) Cic, cleLeg., 2, 6, 14.

") Plin., 71. h., 3, 12, 80. Seiiec. cons., ad Heb., 7. Pomp. Mêla, Ptolem., Gcogr., 3, 2, 5, *) Plut., rr'(ss.,3.

«) Oros., 5, 17. App., 6. c, 1,33.

^) Cf., Cic ,p. red. ad qiiir., 5, 11. ^) Oros., 5, 17.

8) Cf. Dio G., fr., 93,3 B.

'■') Ob^eq.,46. Val. Max., 8, 1, 3.

10) Cic, de Or., 2, 62, 253. 3, 23, 88. Brut., 62, 225.

11) Cic, de Or., 2, 11, 48.

•2) Obseq,, 46.

i:^) Ohseq.. 46. Cic, deLeg., 2, 12, 31. 6, 14.

96 LA DISSOLUTION DE LA KÉPlBLluLE [IV. ')

LesoplinuiU's plaisantaient Sex. Titius au sujet de ses lamentations prophétiques sur les malheurs qui allaient survenir si on rejetait sa loi, ils riaient surtout quand ils Tentendaient se comparer à Cassandrej'. Il n'en est pas moins vrai que, si l'on pouvait encore à ce moment supprimer sans motif des lois comme les lois Appuleia et ïitia, une solution radicale de la question agraire et de la question des alliés s'imposait de plus en plus. Malheureusement pour Rome, aucun des deux partis ne pouvait produire un homme assez énergique et assez inlluent pour demander cette solution à l'action administrative, beaucoup plus efhcace que des lois passagères.

Aussi l'agitation populaire, qui s'était d'abord réclamée du souvenir des Gracques, avait abouti à une guerre civile, dans laquelle les personnalités étaient tout, les intérêts de l'Etat et les réformes nécessaires ne comptaient plus pour rien.

Quand P. Furius fut sorti du tribunat, un des nouveaux tribuns, Q. Calidius, déposa une rogatio de Metello revocanda. La noblesse mit tout en œuvre pour la faire réussir; le fils de Metellus déploya un grand zèle, et fut surnommé Plus' à cause de sa belle conduite; la proposition fut acceptée". Le retour de Metellus fut un véritable triomphe*. Quant à Marius, il n'avait pas voulu en être témoin; il venait de partir (janv. 98 * pour la Cappadoce, bien qu'il fût candidat à la censure pour 97^. Son activité militaire ne pouvait, du reste, s'accommoder de la situation effacée dans laquelle il se trouvait depuis sa sortie du pouvoir; il allait en Orient pour essayer de provoquer une nouvelle grande guerre de la part des rois voisins de la province romaine d'Asie*^. Pendant son absence, ses partisans furent, du reste, assez influents pour le faire nommer augure".

') Cic, de Or., 2, (36, 2(35.

4 App., h. c, 1, 33. Dio C, IV., 95 B. Diod., 30, 'J, Vell. 2, 15. Cic, c/eOc, 2, 40, 167. Aur. Vict., \b\ lit., 63.

■•) Cic, Plane, 28, 69. de Dom., 33, 87. P. red. in Sen., 15, 37. Ad Oidr., 4, 10. Val. Max., 5, 2, 7. Aur. Vie, Vir. ///., 62. Diod., 36, 9.

*) Liv., ep.,69. Gell., 13, 28. Val. Max., 4, 1, 13. App,, b. c, 1, 33. Cic, adFam., 1, 9, 16.

«) Plut., Mar., 30.

«) Plut., Mar., 31.

') Cic, ad Brut., 1, 5, 3.

IV, O] IMPUISSANCE DE l'oPPOSITION DÉMOCRATIQUE 97

Le parti de Saturiiinus avait gardé, lui aussi, une assez grande puissance, comme le prouvent les incidents du procès intenté à P. Furius. Un tribun, C. Appuleius Decianus', l'accusa', parce qu'il s'était opposé au retour de Metellus", et surtout parce qu'il avait mal défendu les intérêts du peuple'. Le peuple fut tellement irrité qu'il n'attendit pas le jour du jugement, et égorgea le tribun C. Decianus sur la voie publique".

C'étaient là des symptômes alarmants pour la noblesse; elle crut cependant que la victoire remportée sur Saturninus et sur Sex. Titius lui permettait de prendre dos mesures qui enrayeraient désormais l'opposition démocratique des tribuns séditieux. Les deux consuls de 98, Q. Cœcilius Metellus Nepos, tils du Baliaricus et petit-fils du Macedonicus^ et T. Didius proposèrent une loi, qui réglait à nouveau les formalités nécessaires pour la présentation des lois et pour les élections ; ils laissaient de côté tout ce qui concernait les auspices; sur ce sujet les lois .Elia et Fufia étaient jugées suffisantes. La loi Cœcilia Didia exigea, qu'il y eût un intervalle de trois semaines [tri nifudinum) entre la présentation et la discussion des lois'; elle défendit aussi, ce qui était déjà sinon écrit dans une loi, du moins admis en pratique ^ elle défendit de présenter plusieurs lois en même temps (per saturam ferre''). Elle devait être appliquée dans les comices par curie '° et dans les comices par centurie; mais elle était surtout imaginée pour permettre aux nobles de combattre les propositions des tribuns et de casser les plébiscites gênants". Plus tard on la considéra, avec les lois ^Elia et Fufia, comme une

<) Et non Canuleius, comme le dit App., h. c, 1, 33.

2) Cic, nab.perd., 9, 24. Val. Max., 8, 1, 2.

') App., b. c, i, 33.

^) Dio C, fr., 95, 3 B.

^) App., b. c, 1, 33. Dio G., fr., 95. 3 B,

^) Ascon., p. 63.

') Schol. Boh., p. 310. Cic, Phil., 5, 3,8. de Dom., 16, 41.

8; Fest,, p. 314.

'•*} Cic, de Dom., 20, 53.

10) Cic, deI)om., 16, 41.

") Cic, deLnin., 16, il. St'uL, 6i, 135.

Il ^

98 LA DISSOLITION DE LA nÉPUDLlOL'E [IV, O

loi destinée à assurer le salut de la république [remcdium reipublicœ^).

La noblesse se crut dès lors assez bien armée pour atteindre

les partisans de Saturninus. G, Appuleius Decianus, qui avait

accusé devant le peuple, mais sans succès, 1 édile curule L. Ya-

lerius Flaccus', avait rendu service à la noblesse en soutenant

l'accusation contre P. Furius. 11 avait quitté Rome. On le

poursuivit parce que, au moment du procès de Furius, il avait

exprimé des regrets sur la mort de Saturninus, et parce que

surtout il s'était montré dangereux pendant son Iribunat'. Il

fut condamné*, et se rendit auprès de Mithridate, roi de

Pont^. Sex. Titius fut aussi poursuivi % et condamné; on lui

reprocha surtout d'avoir chez lui un portrait de Saturninus '.

Les nobles ne comprirent pas que pour rendre leur victoire

définitive, il fallait au moins rester unis. Or, nous les voyons

s'attaquer entre eux, même au moment où Saturninus portait

de si rudes coups à leur ordre ; les généraux qui ont combattu

les esclaves en Sicile sont surtout atteints. L. Fulius accuse

M. Aquilius", le procès fut jugé avant le départ de Maiius'';

Aquilius fut acquitté, non parce qu'il était innocent"*, mais grâce

à la belle et éloquente plaidoirie de M. Antoine ^^ G. Ser-

vilius Augur (ainsi désigné pour le distinguer d'e G. Servilius

Glaucia) accusa L. Licinius Luculius, qui l'avait précédé dans

le commandement, et les fils de L. Luculius, attaquèrent plus

tard G. Servilius Augur**. Les procès se transmettaient de père

en fils. Le jeune G. l*apirius Garbo accompagne dans sa pro-

') Cic, adAttic, 2, U, 1.

'-) Cic, Flacc, 32, 77.

^j Cic, Rab. perd , 9, 24. Val. Max,, 8, 1,2. Schol. Bob., p. 230.

') Cf. Cic, Flacc, 32, 77.

^) Cic, Flacc, 29, 70. Scliol. Bob., p, 230.

«) Cic, de Or., 2, 11, 48.

') Cic, Rab. perd., 9, 24, Val. Max., 8, 1, 3.

») Cic, Brut., 62, 222. de Off., 2, 14, 50. Appui., de Ma<j., 06.

») Cic, de Or., 2, il, 196.

'") Cic, Flacc, 39, 98.

") Liv., ep., 70. Cic, de Or.. 2, 28, 124. 47, iOi. In Verr. accusât., 5, 1. 3. Schol. Bob., p. 246. Quint., 2, 15, 7,

'-) Plut., Luc, 1. DiocL, 36, 1. Cic, Acal. pr., 2, t. In Verr. ace, 4, 66, 147. Prov. cons., 9, 22.

IV, 5] IMPUISSANCE DE l'opposition démockatique 99

vince l'accusateur de son père, !.. Liciiiius Crassus, afin de recueillir lui aussi des témoignages pour entamer un procès'. Q. Cœcilius Metellus Nepos, qui avait été accusé par C. Scribonius Curio, fait jurer à son fils avant de mourir qu'il traînera son accusateur devant les tribunaux". M. Furius Brutus devint un véritable sycophante de profession, on le surnomma accusator^ : il est surtout connu par le procès de Cn. Plancius que défendit L. Licinius Crassus*.

Venons à d'autres faits qui montrent la démoralisation dans laquelle sont tombés les représentants des grandes familles. Un Scipion, le fils de Scipion Hispallus, refusa de prendre, comme préteur^ le gouvernement d'une province espagnole, parce qu'il ne pouvait pas s'empêcher de s'enivrer*; il était plutôt trop lâche pour aller combattre les provinciaux révoltés % et n'osait pas s'exposer aux dangers d'une bataille, parce qu'on ne lui donnait pas assez de troupes. Le luxe prenait des proportions inouies\ les leges cibariîe étaient impuissantes à en contenir les excès. On supprimait les lois pour cette raison qu'elles n'étaient plus observées; ainsi le tribun M. Duronius fit abroger la loi Licinia de Sumptu minuendo. (Voir plus haut page 81, tome IP.)

11 faut ajout+^r que la superstition allait jusqu'à demander des sacrifices humains pour calmer la colère divine; le sénat essaya de les interdire par un sénatus-consulte en 97^ En présence d'un pareil dévoiement des esprits, la censure était impuissante; en 97 les censeurs M. Antonius et L. Valerius Flaccus (le consul de 100) chassèrent M. Duronius du sénat'". Le résultat obtenu fut celui-ci : M. Duronius attaqua M. An-

<) Val. Max., 3, 7, 6.

2) Ascon., p. 63.

^) Cic, dQOIf., 2, 14, 50. Cf. de Or., 2, 55, 233 et seq. Bnil., 34, 130, *) Cic, rfeO/'., 2, 54, 220 et seq. Gluent., 51. (Jidnl., 6, 3, 44. Plin., n. h,, 36, 3, 7.

■') Val. Max., 6, 3, 3.

>') App., 16., 99.

") Diod., 37, 3, 4.

8) Val. Max ,2,9, 5.

9, Plin., n.h., 30,1,3, 12.

•0) Val. Max., 2, 9,5.

100 LA DISSOLUTION DK LA RÉPrULluLE [IV, 5

loniiis pour brigue'. Du reste, de celle censure nous connaissons peu de chose, nous savons seulemenl que M. Antonius plaça sur les roslrcs des trophées provenant de la g-uerre contre les pirates". Mais nous pouvons supposer que les censeurs durenl faire le recensement des Latins qui prétendaient èlre citoyens; ils durent alors décider que la question des alliés serait résolue dans le sens de l'ancien régime, on continuerait à considérer les Latins comme étrangers à la cité".

') Cic, de Or., 2, 68, 274, 64, 2.=

■2^ Cic, de Or., 3, 3, 10.

^) Cf. r.ïcdeOr.. 2, 64, 257.

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