‹ Histoire l'Empire romainChapitre 31 sur 39 · L'ANNÉE ROMAINE · texte numérisé non relu

L'ANNÉE ROMAINE

Quelques indications peuvent n’ètre pas inutiles pour ce qui concerne l'année romaine.

Je résume les plus essentielles.

Ronnilus avait composé l'année de dix mois seulement : mars, avril, mai, juin, quinlile, sextile, septembre, octobre, novembre, décembre; les mois de mars, de mai, qnintile et octobre, de trente cl un jours, les autres de trente, ce qui ne faisait pour l’année entière que trois cent quatre jours. Romulus l'allongea au moyen de jours intercalaires ou ombolistiques; mais l’erreur restait énorme ; Numa, pour la faire disparaître, ajouta deux mois, januarixu et februarius, — janvier et février, aux dix mois de Romulus.

La plupart des mois eurent uuc signification religieuse.

Romulus avait consacré le premier mois à Mars son père; le second, Avril, à Vénus (quasi Aphrilis, ab àypo;, s puma), parce qu'on disait Vénus sortie de l'écume de la mer; et pour cela elle était nommée Aphrodite. Lue autre étymologie était plus simple: Aprilis, de aperirc, ouvrir; c’est le mois où s'ouvrent les fleurs et les boutons des fruits.

Le troisième, Maïus, de Maïa, mère de Mercure; ou bien consacré aux vieillards, majoribus.

Le quatrième, Junius, de Juno, reine des dieux; ou bien de junior, mois de la jeunesse, juniorum.

Numa fit comme Romulus; sou mois de januarhu lut consacré à Janus; à moins que ce nom de januarius ne désigne seulement le mois qui ouvre la porte de l’année; car il devint le premier mois :

l’rimus enim Jani mensis, quia Janua prima cal.

OviDt.

Februarius —février, fut ainsi nommé, parce que ce fut le mois où le peuple devait être purifie — Februabatur — id est purgabatur, — jxir des lustrations.

NOTES

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Quoi <[u il en soit de ces noms et de leurs significations, l’année -e trouva composée de douze mois, dont la valeur fut supputée selon le cours de la lune; ce qui ne donna que trois cent cinquantequatre jours; N n ma eu ajouta un de plus pour avoir un nombre impair, l’impair étant plus heureux; et pour taire correspondre ce nombre de jours au cours de l’année solaire, il ordonna d’intercaler tous les deux ans un mois de plus, ap|ielé menais intercalaris ou mercedonius, entre le 23 et le 24 février; et les pontifes eurent la mission de fixer la durée de ce mois, ce qu’ils firent à leur fantaisie, sans souci de l’exactitude réelle de leurs calculs.

De là un grand désordre dans les supputations de l’année romaine, jusqu'à J. César, qui enfin réforma le calendrier, et assigna aux mois le nombre de jours qu’ils ont encore. Il lui fallut jour .cela insérer dans l’année courante, outre le mois intercalaire, de vingt-tsois jours, qui devait y être ajouté celle année, deux mois extraordinaires, l'un de trente-trois jours, l’autre de trente-quatre, ce qui lit un total de quatre-vingt-dix jours; tel était l’arriéré que les | outifes avaient laissé s’établir dans leurs supputations depuis Numa.

Ce fut un astronome d’Alexandrie, nommé Soligène, qui fut chargé par César de celte réformation. Delà la fameuse année julienne ou solaire , restée en usage chez tous les peuples civilisés, saufle changement introduit par le pape Grégoire, en I5#2, changement fondé sur des calculs astronomiques, et dont ce n’est pas le lieu d'expliquer le s\ sterne et la précision.

Ajoutons, pour dernière indication, que les Romains divisaient leurs mois en calendes, nones et ides.

Calendes de xa>iïv, vocare. Un prêtre annonçait au peuple le retour d’une nouvelle lune; c’était le premier jour.

Les nones étaient le cinquième jour du mois, et duraient neuf jours.

Au neuvième jour des noues tombaient les ides; ides, d’un verbe hors d’usage, iduare, diviser: les ides divisaient le mois.

Dans le calendrier romain les nones variaient de jour selon les mois; elles étaient le cinquième jour, aux mois de janvier, février, avril, juin, août, septembre, novembre et décembre; et le septième aux mois de mars, mai, juillet et octobre. Ces quatre der-

L'EMPinK ROMAIN.

niers mois avaient donc six jours avant les nones, les autres en avaient quatre seulement.

Quant au jour, il sc divisait en douze heures, de six heures du matin à six heures du soir, et en quatre heures princqiales, la première à six heures, prima, la seconde il neuf, tertio, la troisième à midi, sexla, la quatrième il trois heures, nnna.

De même des divisions de la nuit.

Une épigramme de Martial explique l’emploi des douze heures du jour romain.

Prima salulaulo* nique nltora conlinet liora;

Exercet raucos tertia causidicos;

In quintarn vnrios exlendit Romn lu bores,

Sexta quies lassis, scplima finis erit.

Sulficit in nonam nitidis ootava palæstris;

Imperat exstruttos frangere nona toros.

liora libellomni décima est, Eupheme, nieonim.

Les deux premières heures aux clients; la troisième aux plaideurs; la cinquième au mouvement des alfaires; la sixième au relies; la huitième aux jeux; la neuvième aux lits de la table; la dixième aux travaux de l’esprit.

Je renvoie pour toutes les autres indications que rendrait nécessaire la lecture du présent ouvrage, à l’excellent Dictionnaire s/jécial et classique du M. Girod, 1827.

ri n ne rnKMir.rt vou»t.

TABLE DES MATIÈRES

A Mon Fils.

Imrodbctiox,

AUGUSTE

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