Tome IL A
2 ETAT DES METRES
déni des hommes. Il esl presque impossible qu'elles ae .s<" sen* tenl de leur inconstance, el qu'elles ne soient enveloppées dans les révolutions que causent la suite des temps, et les divers éver nemens de la vie; les Sciences, ([unique très-utiles, disons
Cl. M.adsap., p, même. très-nécessaires ;i Miniume , ' comme ser\ ;ml ;i l'élever
au-dessus de l'étal desbêtes, n'onl encore pu se soustraire nulle partauxlok fatales de l'affaiblissement et de l'altération. Nul païs jusqu'ici ne se peut vanter d'avoir trouvé le secret de les en affranchir; cl il ne faut pas se (laterque nos Gaules aient eu un privilège, <|iii n'a été accordé ni à la Grèce, ni à Rome, ces mères célèbres des Sciences et des beaux Arts.
II. Maisquoique ce siècle soit la première époque bien sensible de la décadence des letres dans les Gaules, elles n'ont pas laissé de produire encore durant ce temps-là un trèsgrand nombre de Sçavans de tous les ordres. On y a vu encore, comme auparavant , quantité de Théologiens, de Philosophes , de Mathématiciens , d'Historiens , de Poètes , d'Orateurs, d'hommes versés en toute sorte d'érudition sacrée et profane. On y a fait encore, comme auparavant , une infinité d'Ouvrages en tout genre de litérature, qui à la vérité ne sont pas tous venus jusqu'à nous ; mais ce qu'on en sçait , suffit avec ceux qui nous restent , pour juger de la fécondité de ce siècle en gens de letres et en beaux esprits. De même, lorsqu'il y a paru quelque erreur, soit qu'elle ait pris naissance dans le sein même des Gaules, soit qu'on l'y ait apportée des païs ou voisins ou éloignés, on y a continué de la combattre aussi-tôt avec zélé, et toujours avec avantage. Nous marquons cette particularité de l'Histoire comme essentielle à notre sujet; puisqu'elle nous fournit une preuve solide que l'ignorance à la faveur de laquelle l'erreur se glisse , se répand et s'accrédite, n'avoit pas encore pris tout-à-fait la place de la science et de l'érudition. En un mot, si nos Gaulois de ce siècle ne méritent pas qu'on leur attribue la gloire d'avoir détourné le torrent de la Barbarie qui a inondé tout leur païs, on ne peut au moins leur refuser la justice de dire à leur louange, qu'ils ont opposé quelques efforts , et mis pour un temps quelques barrières à l'impétuosité de son cours. Entrons dans le détail , et distinguons dans ce siècle même les temps les uns des autres.