‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 121 sur 384 · S HI- SA MANIERE D'ÉCRIRE · texte numérisé non relu

S HI- SA MANIERE D'ÉCRIRE

'/^v 1 elqies modernes prétendent que Cassien a écrit thi. h. e. r. u. \J en grec; mais cela ne se pourroit soutenir au plus p' l8/* que pour les livres sur l'Incarnation, où il parle à ceux de Constantinople. Encore cela seroit-il faux, à moins que l'on ne supposât que le latin que nous en avons, est une traduction qu'il auroit faite lui-même; csr on y voit sensiblement toute sa manière d'écrire, et d'ailleurs l'ouvrage n'a point l'air d'un traduction. Pour ce qui est de ces Conférences, ' il dit cass. coii. 1. pr. lui-même qu'il les a écrites en latin. Le style de ses Institu- p' ~>97' tions, et les personnes pour qui elles sont dressées, ne laissent aucun doute qu'elles n'aïent été écrites en la même langue. Comme Photius et quelques autres Grecs citent ses ouvrages, et qu'ils ne disent point qu'ils étoient en latin, il y a apparence qu'on les a traduits en grec, peut-être même dès le VI siècle.

Gesner témoigne que de son temps les écrits de Cassien Gesn. Bib. api. t. se conservoient encore en grec dans les Bibliothèques d'Ita- l,p-4M1lie. Il ajoute même qu'il en avoit lu en cette langue les huit livres contre les vices, c'est-à-dire les huit derniers livres des Institutions et neuf Conférences.

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tïu. ibid. p. 181. Le stVle de Cassien est un [>ell diffus. On > irouve cte l,i

Phot. c. 197. p. Vivacité, de l.i iiHIHé, èl nue manière (l'/'crii'c ;il!iVm1)Ic. ' Il

est très-propre à insinuer les maximes qu'il avance; Lorsqu'il entreprend de prouter quelque fcbtose, il l'établit pàè plu- Sieurs passages de l'Ecriturèi ci par des exèrrtpleè sënsifctes,

dq Pin, Bib. t. 4. qui f6nt voir comme des yeux ce qu'il dit. ' M. Du Pin con-

p# " vienl que Cassieri a une grande facilité pour s'énoncer!;

mais il juge que son style n'a rien de grand ni d'élevé. Il avoue neâhihôms qu'au sentiment de Photius son style répond aux choses qu'il traite : c'è qui est en foire un grand éloge.

cass. vu. p. i7.i. Nous avons déjà remarqué après Simler ' que les livres sur l'Incarnation sont écrits avec plus de pureté et de politesse, que les autres ouvrages de Cassien, dans lesquels il se trouve des mots étrangers et nouvellement fabriqués, sans doute ou pour les rendre plus intelligibles à ceux pour qui ils étoiml écrits, ou pour exprimer certaines choses louchant les Solitaires de l'Egypte et les autres, lesquelles n'avoient point encore de termes consacrés dans la langue latine.

rai.ibid. p. 188. ' Cassien marque en divers endroits les différences entre le texte grec et la vulgate. Et quoiqu'il se serve pour l'ancien Testament de la version des Septante, comme toute l'Eglise faisoit alors; il marque néanmoins quelquefois ce que porte l'Hébreu selon la meilleure version, c'est-à-dire selon celle de S. Jérôme. Au reste on peut dire en général que nous avons peu d'ouvrages de ce siècle composés en latin, qui soient mieux écrits, et où il y ait plus d'érudition que ceux de Cassien.

g. IV.

EDITIONS DE TOUTES SES ŒUVRES

près avoir marqué les éditions des ouvrages de Cassien séparés les uns des autres, il nous reste à donner le dénombrement de celles qu'on a faites de toutes ses œuvres réunies ensemble. La première que nous connoissions, Bib. Lug-Bat. p. - est celle qui parut à Basle en 1559 avec les ouvrages de Cen."" ' ' S. Jean de Damas en un volume in-folio, apparemment ...s. vin. cen. comme les deux suivantes, ' chez Henri Pétri, par les soins de Marc Hopperus. Ces œuvres furent réimprimées au même endroit, en même volume, et avec les mêmes écrits de S. Jean de Damas, les années de 1569 et 1573. Il y a ap-

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V 811 il l

parenee que c'eal cette (Jerniere édition que Cave a voulu ni;ii'(|ucr par L'année 1575; car noua n'en trouvons point ailleurs de celle année-là.

Henri Cuykius, depuis Evoque de Ruremonde. aïanj ....m«j. mon.

revu le texte dr Cassien sureiiH] diu rs manuscrits, en donna une antre édition a\ee des notes, qui l'ut laite à Anvers

l'an 1578 en un volume in-'.'. Elle parut de nouveau a ûigeil

Home i n même volume les années 1588 et 1611. Dans celte dernière édition les sept livres sur l'incarnation ont été revus sur un ancien manuscrit, ou plutôt imprimés sur L'édition de ce Traité laite à Paris en 1569, qui avoit été revue de la sorte.

Dès 1580 Dominique Bœsa publia une nouvelle édition ftid. de toutes les œuvres de Cassien, laquelle fut donnée à Rome en un volume in- \\ Et ce qui doit paroître assez extraordinaire, ' Pierre Ciaconius publia au môme endroit et la mè- Bib. Bar». 1. 1 p. me année en un volume in-8°, celle qu'il avoit préparée avec 8* ' "' des notes. Celle-ci fut renouvcllée à Lyon en l'année 1G0G. Quelques Ecrivains observent qu'il en parut une édition à Rome avec des notes très-suspectes, vers la fin du XVI siècle. Mais ils n'en marquent ni l'année ni la qualité du volume. C'est peut-être l'édition qui fut faite au même endroit en Tannée 1590.

Dans la suite Alard Gazet Religieux de l'Abbaïe de S. Vaast de l'Ordre de S. Benoit à Arras, entreprit de donner une nouvelle édition de toutes les œuvres de Cassien. Il se servit sur tout de celles de Cuykius et de Ciaconius, comme les plus exactes, et de la Paraphrase que Denis le Chartreux avoit publiée sur les Institutions et les Conférences, et revit le texte de son Auteur sur divers autres imprimés et quelques manuscrits. Cette édition fut d'abord donnée à Douay chez Baltazar Bélier Tan 1616 en deux volumes in-8°. Le premier volume contient les Institutions avec un commentaire et des notes; ' la Règle de S. Pacome; les fleurs de Cassien, ou les Bib. Maj. mon. sentences les plus remarquables tirées de ses ouvrages, et les sept livres sur l'Incarnation. Dans le second volume se trouvent les Conférences avec des commentaires et des notes ; la doctrine catholique de Denys le Chartreux substituée à la 13e Conférence; l'ouvrage de S. Prosper contre Cassien; quelques-unes des notes de Cuykius et de Ciaconius ; et les statuts de deux Chapitres généraux de l'Ordre de S. Benoit.

V SIECLE

Bib. s. \ m. On.

m ÇA S SIEN, AIUÏÉ.

Après la morl de Gazet^ Jean-Baptiste el Guillamne Ri- \ crins Imprimeurs à Arras, redonnereiil son édition (ah 1628, avec lès tiotes cOnsidérablemenl augmentées, en trois tomes in-folio, qui nesonl qu'un assez gros volume. La même édition parut encore de nouveau en même volume ('an .Barb. 1. 1. p. 1842 a Paris chez Laurenl Cottereau , ' el à Lyon. Cette diTiiinv a f)our titre, ./. Cassiarii Collationes Patrum, ejusden^ vitaetopçra quœscripsit : titre différent de celui de (édition dfÂrrâs, et qui féroit douter si celle de Lyon auroit éié faite sur l'autre. Nous ne sçavoiis sur quel fondement s'est appuie uis. u.ii. i»h. p. ' Frisiiïs, pouï marquer une édition d^so?(uvres( de Ca^sien en grec et en latiri faite à Basle. Comme les première? éditions de cél Auteur ont paru à Basic avec S. Jean de Damas qui esj grec et latiii, n'auroit-il point crû, sans l'examiner, nue Cassien étoit aussi en ces deux Langues? (VI.)

ANONYME

Auteur dfs Actes de S. Victor, Martyr a Marseille.

Trois Auteurs différents ont écrit en divers siècles l'histoire du martyre de S. Victor, ' qui souffrit à

Marseille vers la fin du III siècle de l'Eglise, ou au commencement du IV. L'un de ces Ecrivains l'a fait au siècle suivant comme il paroît; et c'est uniquement de celui-là que nous entreprenons de parler ici, le second n'aïant écrit au plutôt qu'au IX siècle, et le troisième peut être encore plus Tiii. h. e. t. 4. tard. D'abord il est visible et ' par le style qui est trop p* loi' poli et trop éloquent, et par les harangues qui sont trop lon-

gues et trop ajustées, que ces premiers actes ne sont point originaux, et qu'ils ont été composés à loisir et avec étude. Act. Mari. n. i7. ' La fin marque même que c'étoit assez long-temps après le p" 308- martyre du Saint, lorsque son tombeau étoit déjà devenu

célèbre par une longue suite de miracles.

Tiiu ibid. p. S49. ' Mais ces actes ne laissent pas, au jugement des Sçavants, de

mériter nôtre respect et notre créance, au moins pour le fond

des choses qu'ils contiennent. En effet ils sont écrits avec une

P 7^5. pieté, une gravité, une éloquence, une érudition ' digne des

ACTES DE S. \ [CTOR, MARTYR. 23i

\ su . 1 1

grands hommes qui (îeurissoienl dans les Gaules au commencément du \ siècle . et telle qu'on I > voyoit avant la décaden-; cèdes letres, que nous avons marqué y être arrivée après le milieu de ce même siècle. De sorte quon pourroit les mettre au rang de ceux de S. Maurice par S. Eucher, et que l'on q ■ doit pas mépriser quelques faits extraordinaires que l'on 3 rencontre.

'Comme Cassien a été Abbé du Monastère, où Ton eon- p. servoit les reliques de & Victor, il y auroit lieu de croire que

actes sont de lui , ' d'autant plus que leur Auteur connois- v>- m ut. a. i. soit fort bien Marseille. L'Eloge magnifique qu'il fait de cette 30e. ville dès le commeneemeiit de son ouvrage , et quelques autres circonstances ne laissent presque aucun sujet de douter , ou qu'il n\-n fût natif, ou qu'il n'y eût fait sa résidence. Ce qui pourroit empêcher de les attribuer à Cassien , ' c'est que TiU. îbid. p. m. la grâce qu'il aimoit ou connoissoit peu , est assez autorisée dans ces actes : quoiqu'il puisse arriver que ceux mêmes qui rejettent quelques parties d'une vérité, se fassent honneur d'établir celles qu'ils reçoivent.

Après tout néanmoins on aura de la peine à se persuader , que Cassien dans les sentiments où il étoit au sujet de la grâce , eût pris d'un endroit assez éloigné occasion de parler en faveur de cette même grâce , comme fait l'Auteur de ces actes/ Quo facto, dit celui-ci en parlant de S. Victor dans la Act. jjart. n. 10. plus grande violence de ses tourments , cum diutius acerrime torque retur , attollens in cœlum h/mina , piam tolerantiam à miser icor dis simo pâtre Deo, cujus id essedonum noverat, precabatur. Assurément ce trait de doctrine ne convient pas à celle de Cassien.' qui enseigne que l'homme peut de soi-même résister Cass. cou. 1.3. c. a la tentation ; que le bien que nous taisons , ne dépend pas ma. sm e» moins de nôtre libre arbitre que de la grâce de J. C. et d'ailleurs nous ne découvrons point son style dans ces actes. Le style de Cassien est plus coupé , plus rempli d'antithèses , au moins dans son ouvrage sur l'Incarnation , moins élevé , et moins énergique. Il semble donc qu'il n'en faut pas davantage pour croire que ces actes ne sont point de lui ; quoique leur Auteur , qui nous est d'ailleurs inconnu , ait vécu de son temps et dans le même pais. On peut faire à peu près le même raisonnement à l'égard de S. Honorât' de Marseille , à Bon. m. Jui. p. qui l'on attribue aussi ces mêmes actes. On y pourroit bien reconnoître sa doctrine ; mais on n'y apperçoit point sa ma-

v SIÈCLE.

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