‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 123 sur 384 · CONCILE DE RIES · texte numérisé non relu

CONCILE DE RIES

conc. t. 3. p. 1285. ' y e sujet de la convocation de ce Concile fut pour reme- JLi dier aux désordres de l'Eglise d'Embrun. ' Quoique cette ville fût dès lors selon le civil , métropolitaine de la province des Alpes Maritimes , elle ne jouissoit point encore du

p. 1285. 1286. droit de métropole dans l'Etat Ecclésiastique. ' C'est ce que le Concile témoigne bien clairement , la déclarant soumise à un Métropolitain. S'étant trouvée sans Evêque , des factieux y firent élire contre les Canons un jeune homme nommé Armentaire , qui fut aussi irrégulièrement ordonné , qu'il avoit été élu. Deux Evêques seulement se trouvèrent à son ordination , et ne demandèrent point ni que le Métropolitain y consentît , ni que les autres Evêques de la province les au-

p- 1285- torisassent. ' Il est vrai que dès le jour même qu'ils eurent

fait cette faute , ils s'en repentirent , et en demandèrent plusieurs

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siçurs fois pardon] s'excusanl sur l'espèce de violence qu'on leur avoii laite , et sur ce qu'ils ignoroient les Canons sujet decette eicuse n*éloitpas pardonnable; mais il nelaissoil pas de rendre leur faute moins grieve, que s'ils avaient violé (ir- reglesqu'ils auroient connues.. Armentaire de son p. : côté reconnut même par écrit , que son ordination étoit nulle d illégitime. 11 ne laissa pas cependant d'ordonner quelques personnes. , entre lesquelles on prétendoit qu'il y avoil même des excommunies,

'Ce fut donc sur cette affaire que le Concile s'assembla p. m dans la ville de Ries , le troisième jour des Kalendes de Dé- p.i cembre, sous le Consulat de Théodose le jeune pour la 17'' fois, et de Festus , c'est-à-dire le 29'' jour de Noyeu jr39. Les Evêquesqui s'y trouvèrent, étoient de cette par- p. 1*93 tie de la Viennoise la plus proche d'Arles : ce qui doit s'entendre delà seconde Narbonoise, et des Alpes maritin sur lesquelles les Evèqnes d'Arles étendoient alors leur juridiction. ' S. Hïlaire d'Arles y présida à la tète de onze à P. uns. udouze autres Prélats : Jules, ou plutôt Julien de Cavaillon , J.49,^ ^"65H E' Areade de Vence , Auspice de Vaison , S. Valerien de Cemelle et de Nice, Nectaire de Digne, Théodore de Fréjus, S. Maxime de Ries. On ignore les Sièges des quatre suivants , Audence, Sève rien , Sévère, et Claude ; Constantin ou Constantien , qui peut être Evèque de Die , ou de Gap , ne pouvant y assister en personne . y députa un de ses Prêtres nommé Vincent , dont nous aurons occasion de parler dans la suite. ' Tous les Evèques furent touchés et du trouble que conc.t.3.p sûulîroit l'Eglise d'Embrun , et du malheur de ceux qui l'avoient causé. lisse réunirent dans le dessein, non de punû les fautes qui avoient été faites , mais d'y remédier plutôt par une charitable condescendance , que par une juste sévérité.

Les règlements de ce Concile sont compris en huit Ca- p. 1280-1289 1 g. nons, que nous avons encore avec une petite préface qui se }; 7^/40-49. ' lit à la tète , et les souscriptions des Evêques qui assistèrent à ce Concile.

' Le 8e Canon que M. Baluze a recouvré , manque dans un Bai. conc. p. 947. exemplaire manuscrit de la collection d'Isidore. Mais au lieu de ce Canon il y en a deux autres , dont le premier ordonne P. 948. l'excommunication , et même l'exil pour ceux qui voudroient troubler l'ordre des Canons , et exciter des séditions contre l'Eglise et ses Pontifes ; leur accordant néanmoins la corn- Tome H. G g

m I CONCILE

iiitinion après la pénitence , mais les eiûluanl du Clergé. Le sectind porte qu'il suffi! dç tenir par an deux Conciles pro-

p. 949. Miicinnx, auxquels leslYèlres, les Miaeres . les JugeS- les

Gorpa de ville, qu'il nomme Curiales* et les particulier.^ seront obligés d'eseiatei!.

Tiii. ibid. p. 843. Ces deux Canons [>n roissoii I fort suspects aux Scavants ; ' et. M. Baluze ne veut poinl assurer qu'ils soient véritablement du Concile de Ries. Le style tout-à-fait barbare du premier convient mieux au VI Lï siècle qu'au V, où l'on ne voit point que les Evoques s'attribuassent l'autorité de bannir personne. Pour le second Canon , il est visible par le 8e de Ries , et par d'autres du même temps, que l'on se tenoit trop heureux parmi les troubles qui regnoient alors , de tenir par an un Concile provincial , où il ne paroît pas que les Juges et les particuliers fussent obligés d'être présents. D'ailleurs comme ce second Canon règle les devoirs des Métropolitains , il semble être d'un Concile national J au lieu que celui de Ries paroît n'avoir été composé que des Evêques, qui reconnoissoient Arles pour leur Métropole.

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