I CONCILE D'ORANGE
Conc. t. 3. p. ' /^e Concile prend quelquefois le nom de l'Eglise dans U53. 1493. \j laquelle il fut assemblé au Diocèse d'Orange , et qui se
nommoit Justinienne , ou Justienne. Mais il est beaucoup plus connu sous le nom de Concile d'Orange. Il est ainsi nommé, non pour s'être tenu, comme le second au siècle suivant , dans la ville d'Orange , mais seulement dans le dio- P. 1453. cèse. ' Son inscription , qui est uniforme dans tous les anciens
P. 1445. manuscrits , ' marque le jour de sa célébration au 6e des ides
de Novembre , sous le Consulat de Cyrus , qui étoit seul Consul cette année-là, que l'on comptoit pour la 17e de l'Empire de Valentinien III, et la seconde du Pontificat de S. Léon I , c'est-à-dire le 8° jour de Novembre l'an de J. C. Tin. h. e. t. 15. 441 , deux ans après celui de Ries. ' Il ne paroît point d'ocp-68- casion particulière de sa convocation. Ainsi on peut le regar-
der comme une suite de la résolution prise dans celui de Ries , d'en tenir un tous les ans.
Conc. p. 1452. ' Il s'y trouva seize Evêques et le député d'un dix-septiéme ,
hiHUNGE. 235
V Slli i r
à la tête desquels é toit S. Hilaire d'Arles, qui j présidai Les autres dont on connoîl les Sièges, bôM Uonstantia de hic, p.i4it|Tiii.iUd. ou de Gap , selon le P. Sirmond, .Iules, ou Julien de < '-.i\ .ulloii , Auspioe de Vaison, Théodore de i-'rêjus, S. Maxime de Ries, S. Bûcher de Lyon, qui s'y trouva par ' occasion, n'étanl pas de la Province, comme il le marque lui-même dans sa signature : Nectaire de Digue, Ingenuus d'Embrun , Cérecc nomme' dans les letres de S. Léon, mais dont on ignore le Siège , et S. Salone de Genève, fils de S. Euclier. On ne sçait point non plus de quelles Eglises éloient Evoques les- suivants, ' Glande, Audence, Agreste, Juste, Augustal, Gonc. p.i*5i. et un autre Claude , au nom duquel Superventor assista au Concile , et le souscrivit. La plupart de ces prélats avoient déjà assisté à celui de Ries , comme nous avons vu. Ils dressèrent 30 Canons, qui contiennent des règlements importants pour la discipline de l'Eglise. ' On les trouve dans Conc t. 3. p. les divers recueils généraux des Conciles, aux endroits i^S^r.!: que nous marquons à la marge. Il y a vingt de ces Canons "■ p- 27-2-284. qui furent réitérés et confirmés dans le III Concile d'Arles tenu en 443.
Le second Canon de ce Concile d'Orange a été le sujet Conc. t. a. p.
d, ,1 1 .. ^ °1. , ~ ~v 1447 Du Pin.bib.
une célèbre contestation entre Petrus Aurehus et le P. Sir- t. 4. p. sso.
mond,àcause d'une particule négative omise dans quelques
anciennes éditions, mais qui se trouve dans les manuscrits ,
et que le sens du Canon demande naturellement.
Le 3e Canon souffre aussi quelque difficulté par rapport à la première partie , où il est parlé de la communion accordée aux moribonds ; et les Sçavanls ne s'accordent point à
i. Il paroit étrange à quelques Sçavants de Rome, avoitété bâti pour servir d'asyle de voir S. Eucber assister à ce Concile à ceux que les Allobroges cbasseroient de d'Orange, et encore plus de scavuir que Vienne, il n'y a pas lieu de douter qu'il ne S Hilaire d'Arles présida au Concile de Be- fût de la même province. On croit même sançon, dont on parlera dans la suite. Pour que cela dura long-lemps, el que c'est pour lever ces difficultés quelques-uns disent cette raison que S. Eucher assista au 1 Conque L\ (in et sans doute aussi Besançon fai- cile d'Orange. Mais en raisonnant de la soient" encore alors partie de la province en- sorte on n'a pas fait attention, ' que S. Eutiere de Narbone. Ils citent à cet effet ' Am- cher déclare lui-même en souscrivant ce mien Marcel tin, qui assure qu'en son tems Concile, qu'il n'était pas de la province. la Nubonoise comprenoit Lyon et Vienne. Ainsi la difficulté demeure dans tout son en- Regebanlur autem Gallite omîtes, dit cet tier; et il n'y a gueres moïen de la lever Historien, potestate in partes divisa qua- autrement que de dire, que ce fut par octuor, quorum Narbonensis una Viennen- casion que te S. Prélat se trouva à ce Consem intra se contiitebat et Lugdunensem . cile. • Or comme Lyon suivant l'ordre du Sénat Conc, Ibid.
Cyp.
not.
Amm
\ Nil I I I
236 l GONCÏLE
Conc. ib. p. 1 194.
l'expliquer. ' Le I*. Sirmond prétend qu'il s'agit de la cominiiiiioii Eucharistique, expliquant cetendroit par k 13eGan, ,n de Nicée, qui veut que l'on donne le viatique auï mo-
i,.ii:..-.. l'iluuids qui se sont soumis à la pénitence. ' M. de l'Àubespine
.m contraire soutient que le Concile neparie que de la communion aux suffrages de l'Eglise . et que c'esl ce que les Pères oui nommé Viatique. Il faut avouer que cette explication est plus conforme au sens du Canon que la précédente, nomme le ioni .isscz voir les farwe&ùesufficdi, de confjruentcr, et l'opposition (jue fait 1(3 Concile de cette communion accordée aux moribonds \ à la communion légitime que l'on accord* >il à ceux que l'on reconcilioit par l'imposition des mains. D'ailleurs quel moïen de croire que l'on aecordât à ces moribonds la communion Eucharistique, <jui est la plus grande réconciliation qu'ait l'Eglise , et qu'on leur refusât la réconciliation par l'imposition des mains, qui n'étoit qu'une préparation pour participer à la Communion Eucharistique? De sorte que P. 145- 1 1. t. p. ce Canon est presque le même ' que le second du premier 10t- Concile de Vaison, et le douzième du III Concile d'Arles,
qui ordonnent de recevoir l'oblalion que l'on fera pour ceux qui meurent dans la pénitence , afin que nul d'entr'eux ne soit privé de la communion.
P. i45o. Jusqu'ici le 17e Canon a paru extrêmement obscur. ' Il por-
te qu'il faut offrir le calice avec le ciboire , et le consacrer en Herm. Conc. t. i. y mêlant l'Eucharistie. ' Quelques Interprètes ont cru que cee.i62.p.48i, ]a sjgnifie que qUand on veut consacrer un calice ou un ciboire , il faut célébrer l'Eucharistie dans ces vases. Mais ce n'est point-là le vrai sens de ce Canon. La petite explication de la Liturgie Gallicane publiée depuis peu , jointe à un endroit du 85e chapitre du livre de la Gloire des Martyrs par S. Grégoire de Tours , nous fait entendre à merveille ce que les Man. th. Anecd. Pères du Concile ont voulu dire par là. ' Il y est marqué t. 5. p. 95 i not. qU'aux messes solennelles avant la consécration , le Diacre portoit à l'Autel dans un vase ordinairement en forme de tour, l'Eucharistie consacrée un ou plusieurs jours auparavant, p. 87. et que l'on offroit ainsi le nouveau sacrifice. ' De sorte qu'or-
donner, comme fait ce 17e Canon, d'offrir le calice avec le ciboire , et le consacrer en y mêlant l'Eucharistie , n'est autre chose qu'enjoindre de porter à l'Autel , avant qu'on en vienne à la consécration qui se fait à la messe , le ciboire où repose le corps de J. C. afin d'offrir les SS. mystères en sa présen-
D'ORANGE. m
iv. iVui-riiv aussi mêlnii-on tes anciennes espèces consacrées avec celles que l'on consacroil «le nouveau. Les ternies donl e lerl le ( loncile. semblent le dire.
'Dans le 29*. Ganon les Pères du Concile confirment les cooe. uad. règlements qu'ils viennenl de dresser, et déclarent qu'ils doivent être suivis par i n\ ti par leurs confrères. Ils y blâment deux, qui au mépris des Canons qui prescrivenl deux Conciles par an. négligent de s'y trouver, ou « 1 > envoyer des députés de leur part. Afin d'ôter tout prétexte d'excuse, et qu'il ne lui pas besoin d'y inviter, ils convinrent que nul Concile dans la suite ne se sépaivroil. sans avoir indique' celui qui de\oil se tenir après. En conséquence de ce décret, ils indiquent le Concile de l'année suivante au 18° jour d'Octobre à Luciene dans le même Diocèse d'Orange* Il paroît que ce Concile fut ensuite transféré ailleurs pour quelque raison que nous avons pas. et que c'est le même que celui qui se tint à Yaison au mois de novembre 442, comme nous allons voir. Ce 29e Canon d'Orange nous apprend quelques autres particularité.^ remarquables pour l'histoire des Conciles. Chacun des Evêques qui assistèrent, emporta avec lui un exemplaire des actes de l'Assemblée, et S. Hilaire d'Arles, en qualité de président, se chargea d'en envoïer autant aux Evêques absents. Comme le jour auquel se devoit assembler le Concile prochain, y étoit marqué, ces exemplaires servoient d'avertissement aux Evêques pour s'y trouver, et suppléoient aux letres circulaires que les Métropolitains étoient obligés d'écrire pour en donner avis.
On ajoute à ces 30 Canons quelques autres décrets cités p- i««- i*a par (Jralien et par d'autres. Ils regardent la manière et la l'orme d'excommunier, et de reconcilier ceux qui sont dans l'excommunication , et contiennent trois oraisons à cet usage. Mais il ne paroît pas que ces décrets fassent aucune autorité.
I CONCILE DE YAISON.
■jvr o u s venons de voir ' que le Concile d'Orange avoit Conc. t. 11 arrêté, que l'on tiendroit celui de l'année suivante au 18e jour d'octobre dans un lieu nommé Luciene, au même
v su; cil.
Diocèse, Apparemment quelques raisons en retardèrent la
p. lis convocation, et en firent changer le lieu. Car il s 'assembla
dans la ville de vaison au pais des anciens Vocôntiens aujourd'hui le Co-mtal Venessin, chez Auspice Evêqué de l'Eiilisi- Catholique, le Ï'.V jour de No\cnibre, .-uns le consulat de Dioscore, la 18e année de l'Empire de Valentinien [II, la
p. U59. 1499. troisième du Pontificat de S. Léon I, et de .1. C. 442, ' C'est le premier aesaeux seuls Conciles qui se soient tenus à Vaison, quoique quelques-uns en comptent trois sans nul fondement. Il ne faut point chercher d'autre sujet de sa convocation, que le décret formé dans plusieurs Conciles d'en assembler tous les ans un, ou deux même, si les temps le pouvoient permettre. 1456-1459 i G. ' 11 n°us reste de ce Concile neuf à dix Canons, dont quel- ?.*9M49o R" ^ues-uiis furent adoptés et confirmés par le III Concile d'Arles en 443. Nous disons neuf à dix, parce que plusieurs manuscrits joignent le dixième au précèdent, comme en faisant partie. Ces Canons se trouvent sans nulle souscription, ni autre chose qui puisse nous faire connoîlre les Evoques qui composèrent
P. ii59. ce Concile ' On ne convient pas même de leur nombre.
Quelques-uns en comptent jusqu'à dix-huit, d'autres seulement quinze. Le plus certain est que l'on n'en sçaitrien, et
P. 1456. que de tous ceux qui y assistèrent, on ne connoit ' que le seul
Evêque de Vaison nommé Auspice, comme nous avons dit.
Ado, an. 337. ' Adon Evêque de Vienne écrit que Nectaire l'un de ses pré-
décesseurs présida à ce Concile, et y enseigna publiquement que le Père, le Fils et le S. Esprit n'ont qu'une nature, une
Conc. p. 1499. puissance, une divinité, une vertu. ' Mais outre que la Chronique d'Adon mérite peu de créance par rapport aux temps
Tin. h. e. t. 15. si éloignés de lui, ' il est difficile de croire qu'un Evêque de
p' 69' Vienne se soit trouvé à un Concile tenu assurément par l'Evê-
que d'Arles. Au moins il est hors de doute qu'il n'y étoit pas le premier ; et il est à présumer que S. Hilaire, qui avoit déjà présidé aux Conciles de Ries et d'Orange, y occupa cette place, si la maladie, ou quelqu'autre raison ne l'empêcha pas d'y assister.
conc. U58. ' On voit dans les Canons de ce Concile des preuves du
soin qu'eurent les Evêques, qui le composoient, de consulter les écrits des anciens Pères pour y découvrir la tradition de l'Eglise. Ils y citent un assez long passage de la première letre
p. 1457. 1499. de S. Clément Pape. ' Leur premier règlement est pour dispenser nos Evêques des Gaules de l'obligation, où étoient
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les Evêques par les Canons attribués au Apôtres el par les Conciles (TElvire el le III de Carthage, de se munir de letres formées, lorsqu'ils devoienl voïager d'une province en un'' autre.