‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 135 sur 384 · il · texte numérisé non relu

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864 S. Iïï LAINE,

vases sacrés des Eglises, Générosité < jui rend en cela S. Hilaire comparable ' à S. Ambroise , à S. Augustin , et à S. Eiupere de Toulouse, qui avoienl fa.il la même chose avant lùî en de semblables occasions. " Il plul à Dieu de glorifierpar bedon des miracles unevertu si éminente. b Dès l'entrée de son épiscopat S. Hilaire trouva moïen de faire fleurir au milieu de la ville les vertus et la discipline des déserts. Il forma une Congrégation de Clercs, selon quelques-uns, ou plutôt de Moines, selon le sens que présente le texte de sa \ if , qui vivoient en commun dans le mépris du monde et d'eux-mêmes , dans la pénitence et dans le travail , dans l'application aux lectures saintes , et dans la pratique de toutes les vertus.

Nor. i.isi. Pei. i. 'Le Cardinal Noris dit que l'on ne doute point que S.

- '• -•• p- *92- Hilaire n'ait tenu un des premiers rangs dans le grand Concile des Gaules assemblé en l'année 429 , qui députa dans la Grande Bretagne S. Germain d'Auxerre et S. Loup de Troïes, pour y aller défendre la grâce contre les Pélagiens. Mais nous avons montré qu'il y a plus d'apparence que cette célèbre assemblée se tint dès 428 sous l'Episcopat de St Honorât.

c :. t. 3. p. Dix à onze ans après ' S. Hilaire présida au Concile assemblé

à Ries le 29e de Novembre 439 , pour remédier au désordre

i». usa. de l'Eglise d'Embrun, ' et en 441 au premier qui se tint à

Orange , et dans lequel on régla beaucoup de choses importantes pour la discipline. On peut présumer qu'il se trouva

p. use. aussi à la tête ' de celui de Yaison en l'année 442. Si le se-

t. 4. p. 1817. cond , ou selon nous le troisième ' Concile d'Arles, qui prend le titre de grand Concile , se tint en 443 , comme nous le croïons , il n'y a pas de doute que S. Hilaire n'y présidât , étant assemblé dans sa ville Episcopale.

L'année suivante ' nôtre Saint étant allé voir S. Germain d'Auxerre, son intime ami, ce qu'il faisoit assez souvent, on lui porta de grandes plaintes contre Quelidoine ' Evêque de Besançon. ' Il s'assembla à ce sujet un Concile de plusieurs excellents Evêques , ' et à Besançon même comme l'on croit. ' L'affaire y aïant été examinée avec tout le soin et toute la prudence possible , Quelidoine y fut déposé de l'Episcopat : déposition qui coûta bien des peines et des fatigues à saint Hilaire. Car Quelidoine s'étant pourvu à Rome en cassation de ce jugement , tout le poids de cette grande affaire retom-

Tiii. ibid. p. 71. ba sur notre S. Evêque , qui avoit présidé au Concile assemblé

Léo, c. 16

ibid.

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Léo,

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lil.'' oontre lui, sans que Too puisse dire précisément jn.ui' quelle raison. AI. «i-s S. Hilaire suivant l'ardeur de .-<>n /de Uo.und. ci de sa foi . -!• cru! oblige1 d'aller & Home. Il en lit le voi a pied durant la plus grande rigueur <]«■ l'nyver. Mais outre cette fatigue , il eut la douleur d'y trouver Le Pape S. I. étrangement prévenu contre lui, ' et de s'y voir maltraité-, ses -raisons méprisées, le jugement rendu contre Quelidoi* ne déclaré nul, et cet Evêque déposé, rétabli dans l'Epi* copat,

' L" Auteur de la vie de notre Saint n'osant , par un principe p. "''*• c. n. de prudence digne des plus grands éloge-, prononcer sur la conduite de ces deux grands hommes, se contente de dire que S. Hilaire s'opposa seul à ce grand nombre d'adversaires ; qu'il* ne fut point ('branlé par leurs menaces; qu'il instruisit de la vérité ceux qui voulurent l'apprendre; qu'il vainquit ceux qui osèrent entrer en dispute; qu'il ne céda point aux puissants ; qu'il aima mieux s'exposer au danger de perdre la viet que d'admettre à sa communion celui qu'il avoit déposé conjointement avec tant de grands Evoques ; qu'enfin il crut devoir quitter, malgré la continuation de Tliyver , ceux qu'il n'avoit pu fléchir par ses raisons.

Cette contestation n'en demeura pas là. Elle autorisa diverses personnes ; à charger S. Hilaire de plusieurs accusa- ep. io. p, notions odieuses , mais supposées , que S. Léon relevé dans sa letre à l'Eglise des Gaules , et à faire valoir l'affaire de l'E\ > que Projecte ' différent de l'Evêque de Die de même nom ; tiii. Lbid. p. 78de quoi néanmoins S. Hilaire se trouve pleinement justifié p. Witt!^' par de très-habiles écrivains. En conséquence de tout cela '-S. Léon le déclara séparé de la communion , a lui ôta la ju- conc. t. 3. p. uoo. risdiction non-seulement sur les autres provinces , mais sur la " p' Viennoise même, et lui défendit d'ordonner aucun Evêque, et de se trouver même à aucune ordination. Ce Pape alla encore plus loin. ; Il s'adressa à l'Empereur Valentinien III, et p. hoi il<u i. en obtint un rescrit célèbre contre S. Hilaire. qui y est re- p.'no.43* ,L'unprésenté comme un homme rebelle à l'autorité du Siège Apostolique , et à la Majesté de l'Empire. Ce rescrit est du 6e jour de Juin i-13.

' S. Hilaire cependant, toujours égal à lui-même sans se i i. , . ■

laisser emporter ni au trouble que cause le chagrin, ni à la 'u' ' joie qu'inspire la défense d'une juste cause; toujours ferme et constant, mais au-si toujours humble, n'omit rien pour ap-

Tonie II. L 1

m s- mil \ nu-:,. . .

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paiser S. Léon, Il lui fil même toutes les soumissions et toutes les avances nue son humilité lui (il juger légitimes. Mais afin que le public put se mettre ,ni fait d'une affaire si éclatante^ il se nul obligé de pi il> I i zv $yers écrits pour la défense èe m cawseï Ge furent là <lr.s dernières actions p. 746. o. i8. de sa vie. Depuis, il ik donna tout entier a la prière, à la prédication, ri ne songea plus qu'à redoubler sa pénitence et ses rli;irik> ou\ cis 1rs pau\rcs. Consumé par ses austérités et par ses travau.\, il mourut, lois qu'à peine il Pros. t. chr. p. avoil achevé la iSr année de son Age, ' |e 5e jour de pli. 'i.Nrchïî: Mai do Tan 149! '' Il est certain par une Jelro do S. Léon •' -i;î- du '1\Y d'Août de la même aimée que nôtre Saint avoit

a t.-',."' '''' ' p" alors pour successeur Rpvemie un de ses Pirfrcs. Ainsi J'on t-nu. y,., m. c. ne doit p.is s'arrêter '' à (iennade qui dit «in'il m ou rut sous MairicJi. ; puisque cet Empereur ne commenea a fegnêr qu en il). Encore inoins devons- nous écouter quelques mo-

/.'in.

i.n,. iiwi. ,,. 717. ' Le : Corps de Saint Uilaire mt enterre dans l'Eglise de

tienès. où celui de S. Honorai avoit et'' inhumé, eornrrnp nous l'avons marqué ailleurs. Tout le peuple accourut à l'enji.t lerrement du saint, et donna divers témoignages de la vénération qu'il lui portoit. Les Juifs mêmes s'y trouvèrent, et y chantée, ni en Jïébreu des Pseaumes pour honorer sesfuné- Gaii. cii. rek i. railles. 'Son nom est célèbre au p* jour de Mai dans le marî " £o3,G"p. 750 g. lyndoge Romain, aussi bien que dans tous les autres. a Dieu -L justifia l'estime que l'on faisoil de la sainteté de son servi-

t;ur, par les miracle- continuels qui se tirent à son tombeau. ' On le voit encore couvert d'une grande pierre de marbre, sur laquelle on lit eclle Inscription : Uilaire Pontife de la Loi sacrée repose en ce lieu. Et sur une autre table de marbre mise contre le mur, il y a TEpitaphe suivante, Tiii. iiii.i. p. 89. ; que l'on eroit être du même Auteur qui a écrit sa vie.

EPÏTAPHE. iufinp -01]

Uo.JWdl Lerin. '" 'An.i^hs Dnmmi. qui p^pcrlntis amo.vm

P" "'-11X- 'UfI-;' m$Sm nuro. rapuil nHoslia rogna

llqmSI flilniMH ^ : <Mii iinlnia ohitns. cl vivori' eiiiisUi>; (j9]q

Gontemneus fragilem terreni corporis usum. Hic carnis spolium lir|uii adastra volans; .

Lcrin. |>. 1 17. | Léo, p. 751. c. l'i.

ru-un: ir.\i;u- KM

SpmuUT- aum ,,u,n. .,,,,. ,n,rl,l,, ......;„

IVrwtuis onluin ilqnfs léWcstMfMâ linil : Cniima suvnli.lmn, [^M^llé «M-hNqu«> M;,-, M, t. Ihislii'a t\\ui\ rtiaru |iim Clnr-lo nuiiiia sunn-im, I S.tmIc oksc<|tiiuin. iiuii dcdi-iialiis uiliiv Olïkio vi\il miuinius. sr.l culmine suniiinis. Xivuiirum si m&\ ineruit tua Iuiniua. Chrislc, AnicUcasquc domos intravit ci aurra H^nà, Divitias, paraitise. tuas. ir.ipantiii fôâpétt tiramina. et tintantes diviuis lloii!m> bqgfos, ►9J .G Siil.j.ctasi^ic fide) iiuItsH syuVni »« 1 I i.

.Nous avons <Ji*ja remarque que S: Hilanv se trouvait parent de S. Honorât son illustre prédécesseur. '' Il avoit un fcétfé '•■ •■;■ >■ i . « rt a qui il vendit son bien en quittant le monde, a e( une su-ur î'suV. ». Joi.p. uninini'v Piméniolc, qui épousa S. Loup, depuis Evcque >\i- :m- Troïes. Plusieurs auteurs et'lebres parmi les aneieus, sont Lerin. p. us. remplis ilts éloges qu'ils ont donnés au seavoir et à la vertu de S. Jliiaiiv. S. lùielier entre autres a beaucoup estimé la Bafli.qaJ m. p. beauté de son esprit et de ses discours. b Et les autres person- '!„. ," ', ,''""' ''• us les plus liabiles deson lempâ en ont témoigné une esiime bLeo#»Wdextraordinaire, jusqu'à l'égaler à S. Augustin ' pour l'esprit, t.ii. ibid. p. si. Car pour l'élocution, celle de S. Hilaire M Biéme plus belle; S. Augustin n'aïant travaille que pour rendre la sienne plus simple et plus claire. Au moins ' Livius poëte célèbre en ce ËM>/au siècle, ne faisoit pas difficulté de dire, que si S. Hilaire eût paru avant Saint Augustin, il l'auroit surpassé pour d'éloquence. ' Ce génie immortel, dit Gennade. en parlant de Genn. ibu. nôtre Saint, nous a laissé peu d'écrits; mais ils suflisenl pour nous faire connoitre èj son érudition et son éloquenee Chrétienne. ' Pomere contemporain de Gennade, compare no- Pom. vit. f<mt. . tre saint Evêque à S. Paulin de Xole, tant pour l'érudition "' ' "' 'l "' '" sacrée et profane, que pour le détachement des biens de la terre, et la sainteté de vie.

Mais ce qui lui fut encore bien glorieux devant les hom- Léo. ii«d. P .749. mes, et bien méritoire devant Dieu, fut la pieté de ses suc- c" ~ ! cesseurs, et d'un grand nombre d'autres personnes qu'il avoit élevées a lhpiscopat; après les avoir lormees lui-même a la pieté, et par ses avis et par ses corrections, tantôt remplies de

1 Ce dixième vers manque dans Baronius où se trouve aussi cette épitaphe.

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