DE LÉRINS. :U
V SIECLE
éclaircissements et de belles réflexions, si ce livre fût venu jusqu'à nous.
'Le but de l'ouvrage est de prémunir contre les sentiments Geon. Qui. des hérétiques,' ou, comme porte le titre, de montrer viae. Ur. n. i. p
que la foi ancienne et universelle est la véritable et catlioli- 3I5' que , qu'il faut soutenir contre les nouveautés profanes des hérésies. Car voïant que l'adresse artificieuse des nouveaux hérétiques demandoit qu'on défendit la vérité avec une vigilance toute nouvelle, Vincent crut qu'il rendroit un service considérable à l'Eglise, en faisant un recueil fidèle de ce qu'il avoit appris des Pères, pour distinguer l'erreur de la véritable foi; ou qu'au moins il s'édilieroit lui-même , en soulageant souvent la foiblesse de sa mémoire par la lecture de ce recueil. ' C'est pourquoi il se contente de le nommer un Mémoire, p.3i6. Commonitorium ; et c'est le nom sous lequel il est le plus connu. Son dessein étoit de le corriger toujours, toutes les fois qu'il le reliroit. Ainsi, dit-il, si l'on y trouve quelques fautes, on ne doit point s'en étonner ; puisque c'est un ouvrage qui n'est point encore porté à sa perfection.
Divers Sçavants, Vossius à leur tête , ont fait naître deux fameuses questions au sujet de Vincent de Lérins. L'une tombe sur sa personne, et établit qu'il a été Sémipélagien. L'autre regarde son Mémoire , et suppose qu'il a été écrit contre S. Augustin et sa doctrine. Mais il suffit de dire ici, que l'on n'allègue rien de clair et de positif pour appuïer cette double prétention. Tout se réduit à de purs soupçons, à des préjugés, à des conjectures, qui ne sçauroient jamais former de preuves décisives. Ce que l'on dit de plus fort, par exemple, pour établir le Sémipélagianisme de Vincent, c'est qu'il est, dit-on , Auteur des objections qui portent son nom , et que S. Prosper a réfutées. Mais est-il croïable que cet Ecrivain, qui n'a pas voulu mettre son nom à la tête de son Mémoire, l'aura fait porter à un libelle diffamatoire, connu dès sa naissance sous le nom d'un Vincent? D'ailleurs étoit-il le seul en son temps qui se nommât ainsi? Il y avoit au moins un autre Prêtre de son nom ; dont nous aurons occasion de parler dans la suite. Pourquoi ne pas attribuer à celui-ci plutôt qu'à nôtre Auteur, cette liste de propositions? De même s'il en vouloit à S. Augustin dans son écrit, pourquoi ne l'y auroit-il pas nommé? Qu'avoit-il à craindre, après toutes les