‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 164 sur 384 · DE LÉRINS · texte numérisé non relu

DE LÉRINS

fondement de tout son écrit, el qu'il dil avoir appris de sçavants el saints personnages, sont qu'il faut B'appuïer sur l'autorité de l'Ecriture, et sur la tradition de l'Eglise Catholique. C'est, dit-il avec justice, le moïen de décou rirlesar- Ufices tics hérétiques, d'éviter de tomber dans les fileta de l'hérésie, el de se conserver pur dans la vraie foi. 'Rendant ... 317. 1 n ensuite raison de ce qu'il joint la tradition à l'Ecriture, c dit-il, que celle-ci contenant (1rs sens Irès-élevés, estexpliquéeentant de différentes manières, qu'il y auroit autant de différents sentiments, qu'il y a de personnes qui se mêlent de l'expliquer. 11 faut donc pour éviter cet inconvénient, ajoûte-t'il, que le sens de l'Ecriture soit fixé par l'autorité de l'Eglise Catholique.

'11 établit ensuite ce grand principe, que dans l'Eglise n. 2. p. 317. Catholique même il faut s'attacher à ce qui a été cru par tous les Catholiques, dans tous les temps et dans tous les lieux. Il ajoute que c'est-là ce que l'on peut appeller proprement Catholique, suivant la force et l'étymologie du terne, qui comprend presque tout universellement. ' Or cela sera ainsi. P. rus. | n. -27. p. dit-il, si nous avons soin de suivre l'universalité, l'antiquité. l'unanimité. Nous suivrons l'universalité, si nous reconnoissons pour la vraie foi celle dont fait profession l'Eglise répandue par toute la terre. Nous suivrons l'antiquité, si nous ne nous éloignons en nulle manière des sentiments qui paroissent certainement avoir été ceux des Saints qui nous ont précédés. Enfin nous suivrons l'unanimité, si dans cette antiquité nous nous attachons à la doctrine de tous, ou presque tous les Evèques, les Prêtres et les Docteurs. ' C'est pour s'être n. u. p. 355. écarté de ces règles, que se sont formées toutes les hérésies.

Vincent fait ensuite l'application de ces règles générales à des cas particuliers. ' Il les applique à ceux des n. 3. p. 318. Donatistes , des Ariens et des Rebaptisants. ' Au sujet des n. 4. 6. p. 319.

Ariens, il fait une description très-vive des ravages qu'ils ont causés dans l'Eglise d'Occident, comme en aïant plus de connoissance, que de ceux qu'ils avoient causés dans l'Eglise d'Orient. A l'égard des Rebaptisants, il rapporte cette belle sentence du Pape S. Etienne, qu'il faut s'en tenir à la tradition, sans rien innover. 'Il fait beaucoup valoir le passage n.8. 9. p. 326. de S. Paul aux Galates, où il dit que si lui-même, ou les autres Apôtres, ou même un Ange du ciel leur annoneoit un

Q q ij

V SI ECLE.

308 S. VINCENT

Evangile différent de relui qu'il leur avoit prêché, il doit être regardé comme anathême.

ii. ao-M. p. 3H- ' Après qu'il a déclamé contre les novateurs et les uouveau- Xo°- tés, et qu'il a montré avec quelle vigilance et quelle atten-

tion l'on doit conserverie dépôt de la foi qui nous a été ,',,'>d. sa. p. sso.- fié,' il établit des règles aussi belles <jue sages, pour faire croître la foi et la religion dans l'Eglise par la prédication du dogme. Il veut qu'on l'enseigne de manière que l'on n'yehand. 2*2. p. 3tio. ge rien,' et qu'en y donnant de nouveaux éclaircissements, on n'y mêle point de nouvelles choses, ut cum dicas novè, ». as. p. 351. non dicas nova.' De sorte que l'accroissement que prendra la foi, doit être semblable à celui que reçoit le corps humain en devenant grand de petit qu'il étoit dans son enfance, sans changer ni de nature ni de figure, n. i7. p. 3«. Nous pouvons remarquer en passant' que Vincent y sup-

pose comme une chose constante, que l'Empereur Philippe avoit embrassé la religion de J. G. et qu'il avoit été le premier Empereur Chrétien. Cet écrit est devenu fort célèbre Du Pin, bib. t. 4. dans tous les temps. ' Le style en est agréable , net , a cou- ■iiiKbiu.p. 144. lant> rempli de douceur, et fait assez voir que l'Auteur avoit vmc. Lir. n. i. P. de l'éloquence. ' Vincent dit néanmoins qu'il a entrepris d'écrire d'un style facile et commun, sans le vouloir orner ni Genn. ibid. polir. ' Nôtre Auteur ne publia pas le sien sous son nom,

peut-être par modestie; mais il prit et dans le titre, et dans le corps de l'ouvrage, celui de Peregrin ou de Pèlerin, c'estvinc. u. p. 315. à-dire apparemment étranger. ' 11 le composa dans le lieu de bn/29. P. 365. sa retraite, b environ trois ans après le grand Concile d'Ephé- Tii. ib. p. 144. se, ' et ainsi en 434, lorsque Fauste commençoit à gouverner le monastère de Lérins en qualité d'Abbé, yinc. Lir. n. 28. ' Vincent avoit divisé cet ouvrage en deux parties, ou deux p9*37i.364" ' n'3c' Mémoires, qu'il finissoit par un abrégé, et une récapitulation Genn. ibid. de tout ce qu'il y avoit traité plus amplement. ' Mais aïant

perdu la plus grande partie du second Mémoire , qui lui fut volée, par quelques personnes, il se contenta de l'abrégé qu'il en avoit fait, et qu'il joignit au premier livre, n'en faisant vinc. Lir. n. 32. p. ainsi qu'un des deux. ' Il ajouta néanmoins au second livre des remarques sur la letre de S. Célestin contre les Sémipélagiens, et sur celle que le Pape Sixte III , qui gouvernoit alors Tiii. ibid. P. 144. l'Eglise de Rome, avoit écrite .à Jean d'Antioche le' 17e de 29^31.?" 366 "367; Septembre 433. Ce second Mémoire traitoit du Concile d'Ephése , sur lequel il nous fourniroit sans doute de grands

Page 1