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disant que cela se passa avant l'an 149, lorsque Pauste étoil encore jeune. D'ailleurs il paroissoil à Pauste que le plus sur moïen de faire sentir la faute à son ami, étoit de ne faire aucune réponse à ce qu'il avoit écrit avec une témérité outrée.
'11 ne voulut pas néanmoins refuser de satisfaire une per- p 5S3 , sonne qui l'avoit consulté. Il entreprit donc de faire voir à Gratus les défauts de son écrit; et il le fit, dit-il, avec une, humilité sincère , avec la liberté que l'amitié lui donnoit , avec une charité non feinte, selon la parole et la règle de la vérité : ' aimant mieux guérir son ami par un remède un peu p. 55i. 2. amer, que de le perdre en le flattant. Fauste crut avec raison qu'il devoit user de ce prélude, pour ne pas aigrir davantage l'esprit de Gratus par une réponse, dans laquelle il ne le ménage en aucune manière.
' D'abord après lui avoir fait sentir la fausse confiance qu'il p. 553. ,. 2. avoit en son sçavoir et son érudition, il lui dit que les hommes devant se promettre de faire quelque fruit, ou de procurer quelque avantage par ce qu'ils disent , ou ce qu'ils font , et sur tout par les ouvrages qu'ils donnent au public, le sien est bien éloigné de lui donner cette espérance. Qu'il ne s'y trouve ni éloquence, ni érudition , ni raisonnement, ni la moindre beauté de style. Que ce n'est qu'une compilation confuse et mal ordonnée de passages que lui a fourni la facilité de sa mémoire, mais qui montrent l'imprudence d'un esprit téméraire : qu'à l'égard de ce qu'il se donnoit la liberté de condamner les ouvrages du saint Evêque Augustin, particulièrement sur les deux natures en J. C. il devoit sçavoir qu'il ne s'y trouvoit rien qui fût répréhensible, et qui ne fût conforme à la foi de l'Eglise Catholique; quoique de trèssçavants hommes , il entend les Sémipélagiens , y trouvassent des choses suspectes sur d'autres sujets. ' Ensuite Fauste p. 555. 2 1 554. 1 explique à Gratus la doctrine des deux natures en J. C. qu'il p-5S4-2appuie de l'autorité de l'Ecriture et des Pères.
Fauste finit en exhortant Gratus à recevoir sa réponse , ibid. d'une manière qui fît voir que son erreur n'étoit qu'une ignorance ; parce que s'il y persistoit encore après qu'il la lui avoit fait connoître, il seroit entièrement inexcusable. 11 lui conseille de retenir ou même de supprimer son écrit, de peur qu'il ne tombât entre les mains de quelques autres Catholiques, qui aimassent moins sa personne et son honneur,