‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 187 sur 384 · A \ [TE, EMPEREUR · texte numérisé non relu

A \ [TE, EMPEREUR

AVITE,

Emperei a.

M.\Hcr> Mœcilius ' Avilus naquit à Clermont en Auver- su. ».ax t. t. iso gne, à la fin du IV siècle, ou au commencement du Fr?'i!*.r'o. îi.p!

suivant, d'une famille de Sénateurs, qui avoit possédé en- G'

core d'autres dignités, et nommément celle de Patrice, la

plus grande de l'Empire pour des particuliers après le

Consulat. Dès-qu'il eut atteint un âge convenable, il fut Jj*- ïm*.t.i7*-

instruit dans les ielres et dans l'éloquence; et comme si l'on

eût prévu dès-lors ce qu'il seroit un jour, on lui fit étudier

particulièrement l'histoire Romaine. De sorte qu'il apprit dans

(es livres ce qu'il devoit ensuite mettre en pratique étant à la tête

des troupes, et de tout l'Empire.

' Il étoit encore fort jeune, lorsque l'Auvergne le députa vers v. ms-sm. i noi. l'Empereur Honoré avant l'an 421 , pour obtenir de ce p* Prince quelque remise des impôts que la Province ne pouvoit plus porter. Constance le plus puissant Seigneur qui fût alors à la Cour, et qui bien-tôt après se vit associé à l'Empire, fut charmé du mérite de nôtre jeune Orateur. Il fut étonné sur-tout de trouver en sa personne toute la sagesse , et toute l'éloquence d'un vieillard, et lui fit accorder tout ce qu'il demandoit.

' Avite déjà glorieux pour un si heureux succès, suivit la v. 231-245. profession des armes, et acquit beaucoup d'honneur en combattant avec Aëee les Barbares qui s' étoient répandus dans les Gaules. Après qu'il eut ainsi donné des preuves de sa valeur, ' Pétrone Maxime successeur de Valentinien III, l'éta- v. 3-6. ïts.— not. b!it Général des armées Romaines dans les Gaules , pour p" l'opposer aux Barbares : ' charge qu'il exerça à trois differen- v. 462. tes fois, toujours avec beaucoup de gloire, ' quoiqu'il n'eût v.300. 311. pas toujours l'avantage. Tout etoit presque désespéré pour les Romains , après la défaite de Litorius devant Toulouse ; et ils étoient hors d'état de faire tête aux ennemis, lorsqu'Avite entreprit d'y remédier. Il se servit de son éloquence en cette occasion, comme il avoit fait de ses armes auparavant; et ce nouveau moïen lui réussit encore avec plus de succès

Y SIECLE

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que l'autre. Il écrivil au U<»i des Visigots pour le porter à la paix ; el ce Prince fut si touché de ses letres, qu'il l'accorda â des conditions honorables pour l'Empire. De sorte, dil S. Sidoine, que l'éloquence a' Avite, ce que l'on aura peine â croire, eul plus de force sur l'espril des Barbares, que toutes les troupes de l'Empire, puisqu'elle arrêta le coins A<-<, vicsir. in sid. p. toires des ennemis. ' Avite fut encore député deux autres Ibis à Toulouse vers les Rois des Visigots, la première lois à la prière d'Aëce, afin d'attirer les Gots dans le parti des Romains contre les Huns ; la seconde fois vers le jeune Tliéodoric fils du précédent.

sid. ibid. v. sis. ' Avite fut aussi Préfet des Gaules, et comme Ton croit dès oot.'p'Miixiisfo. ^an439. En cette qualité il prit un soin particulier de maintenir les Loix Homaines. Et il étoit bien juste, ajoute S. Sidoine, que celui qui devoit être un jour législateur lui-même, et se voir Auguste et le Prince des peuples, ne sçût pas seulement combattre, mais qu'il joignît aussi la science des loix à l'art de la Guerre.

v. 312-315, 'Jura igitur rexit. Namquehoc quoque par fuit, ut tum

Assertor fieret legum, qui nunc erit auctor: Ne dandus populis Prmceps, caput, Induperator, Gaesar et Augustus solum fera praelia nosset.

not. p. i2io.i2i*.| Ce fut par ces degrés' qu' Avite parvint à l'Empire. Il étoit

Idat. Chr. p. 306. , rp i r i j mr / V • i • • -\

a loulouse auprès de lneodoric le jeune, qui avoit commence à régner en 453. Là aïant appris le meurtre commis en la personne de Pétrone Maxime, Avite à la sollicitation de

Tiii. h. e. t i6. Tliéodoric ' qui étoit son ami, se fit déclarer Auguste le

lb. ' cat' 10e de Juillet 455, et plus solemnellement à Arles un mois

après. De-là il alla à Rome, où Sidoine qui avoit épousé sa fille, prononça son panégyrique en vers en présence du Sénat et du Peuple Romain le premier jour de Janvier 456, auquel Avite commençoit son Consulat. Son règne n'alla pas jusqu'au bout de cette même année, et il eut Majorien pour

i.ut. ib. P. 308. successeur. ' Idace ne laisse pas de lui donner près de trois ans de règne.

Gr. t. iùs. Fr. . 'S. Grégoire de Tours, qui n'écrivoit que plus de six vingts

ans après, donne une raison du peu de durée du règne d Avite, laquelle terniroit horriblement la mémoire de ce Prince, si elle étoit bien vraie. Il dit que s' étant laissé aller à toutes sortes de voluptés, il fut expulsé par le Sénat. Qu'ensuite il

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