‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 194 sur 384 · ARNOBE LE JEUNE, PR ÊTRE · texte numérisé non relu

ARNOBE LE JEUNE, PR ÊTRE

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des Moines de Lérins, que Be plaignoienl S. Prosper, par

exemple, el Hilaire son collègue. On peut dire aussi que la

ronde preuve esl for! équivoque, parce que l'on ne con- Lab. s™ t i. \ifiii poml que ces deux Krêques soient ceux que l'on pré- J' tioh ' TaL H* tend. L'un d'eux esl même nommé Laurent dans quelques exemplaires.

Quoiqu'il en soit, nous pouvons néanmoins regarder Arnobe comme Gaulois; puisqm* non seulement nous n'avons point de preuves certaines du contraire, mais qu'il y a même divers indices qu'il a écrit dans les Gaules. Car de dire, comme ' fait Sixte ue Sienne, qu'il étoit Africain, parce qu'il sut. Wb. i. *. a. se sert d'expressions peu latines, mais usitées en Afrique, c'est "7- '• un raisonnement trop foible pour le persuader. ' On s'ac- Cavc. ibid. corde à le surnommer le Jeune pour le distinguer ' d'un autre Hier< vir. m#c. Arnobc d'Afrique qui vivoit à la fin du III siècle de l'E- 7<Jglise sous l'empire de Dioclétien, et qui écrivit contre les Païens en faveur de la Religion Chrétienne. 'L'on convient çave,iKd.|DuPin, encore assez communément qu'Arnobe le jeune a vécu vers TuSt^'V1''-' ' le milieu de ce V siècle. C'est ce que montre clairement la i.Jon- no1- "»t. p. manière dont il parle des matières de la grâce; ' et ce qu'il ™. in. ps. 105. dit que les villes et les provinces périssoient, parce que l'on p- ~98' avoit laissé périr la discipline de l'Eglise, y convient parfaitement.

' Il sembleroit par certaines expressions dont il se sert en nid. commentant le Pseaume 105, qu'il étoit Evéque. Mais l'endroit n'est pas assez clair pour y voir nettement cette qualité ; quoi qu'il n'y laisse pas lieu de douter qu'il ne fût au moins Prêtre. On pourroit croire qu'il auroit été de ces Prêtres de Marseille, qui attaquèrent si violemment en ce V siècle la doctrine de S. Augustin et de ses disciples. Cette opinion trouve son fondement dans ' ce qu'il dit sur le commencement du Pseaume 126, où il semble réfutera dessein l'explication que S. Augustin, et particulièrement S. Prosper en avoient donnée avant lui.

' Il n'y a nul doute que nôtre Auteur ne fùtSémipélagien, et même zélé Sémipélagien ; puisque a l'on voit que pour décrier les défenseurs de la grâce, il les traite de Prédestinatiens. ' Vossius néanmoins tâche de l'excuser en prétendant qu'il admet comme l'Auteur des livres de la vocation des Gentils, une grâce générale qui prévient tout acte de la volonté. ' Arnobe en effet établit cette grâce générale prévenante , com-

in Ps. 126

Nor. hist. P< -2. c. 15. p.

ri. 1.

» Ara. in Ps.

Voss. hist. Pi i. c. 11. p. 5

Arn. in Ps p. 326. 327.

V S 1 I il I i

344 A H NOBË,

me <>n verra que l'admettoient Fauste Ëvêque de Ries, el quel- (|iics autres.

nop. p. 284.285. '.Mais celle prétendue grâce générale, remarque fort judi-

cieiiseineiii le ( lardinal Noris «ii le [trouvant par [es expressions même d'Arnobe, n'étoit qu'une grâce extérieure, et commune aux Infidèles comme aux Fidèles; une gracé <[ui ne consistoit que dans la Loi, dans l'exemple, dans l'instruction, une grâce de laquelle Pelage même l'ennemi de la tràiè Maug. i». i65. i grâce, B'éiojjl servi pour couvrir son hérésie. ' Aussi l'on croit ' '""'' ' '' 1>l" que c'est l'Arnobe dont nous parlons, plutôt que l'ancien Arnobe, dont le Pape Gélase a mis les écrits au rang des ouvrages apocryphes.

Les sentiments erronés où é toi t Arnobe, n'empechoienl pas néanmoins qu'il ne fut en grande estime auprès de quelques Ain. iu iv pu p. Evèques de son temps. ' Ce fut à la prière et par ordre de deux d'entre eux, qu'il entreprit d'écrire sur les Pseaumes. Nous ne sçavons rien davantage de l'histoire de sa vie : mais ce que nous allons dire, et sur sa doctrine et sur ses ouvrages, nous donnera de nouveaux éclaircissements sur sa personne.

SES OUVRAGES

On attribue plusieurs ouvrages à Arnobe ; mais le principal, et celui qui est certainement de lui, ' est un com-

• Ain. inps Pr nientaire sur tout le texte du Pseautier. a 11 le composa,

p- 288- comme nous avons remarqué, à la prière des Evêques Rusti-

que et Léonce, ou Laurent, suivant quelques autres exem-

in Ps. i-26. p. 3ig. plaires. Il est extrêmement court; ' aussi s'étoit-il proposé d'écrire d'une manière concise et abrégée, comme il le dit lui

Du Pin, ibid. même. ' Le but principal de l'Auteur est de trouver dans les Pseaumes toute l'œconomiede l'Incarnation de J. C. et particulièrement les grâces de la Rédemption ; quoi qu'il ne les explique pas exactement. C'est pourquoi il s'attache au sens allégorique, et rapporte à J. C. et à son Eglise le texte entier des Pseaumes. Il le fait avec beaucoup d'esprit et d'agrément, y mêlant de temps en temps des traits de morale, qui seroient plus instructifs, si sa Théologie étoit plus saine.

Bon not. am. p. ' Ce que l'on y trouve d'agréable et d'ingénieux, au sentiment du Cardinal Bona, c'est qu'Arnobe y a gardé une suite non interrompue du sens^lans chaque Pseaume.

Arnobe

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