S. RUSTIQUE
EvÊQUE DE NàRBONE.
saiv. noi. p. «o.| ' f\* croit sans difficulté que S. Rustique de Narbone t, 2. p. t8i| ^J est le même ' que Rustique jeune homme de mérite
'/'V,1,1' '■ l- |:'- et de sçavoir, à qui S. Jérôme adresse une excellente letre
aHier.ep. 93. p. vers l'an ill. Si! r' ce principe Rustique paroît avoir été ou
7:1- de Marseille, ou des environs en tirant du côté de Toulouse.
p. 7-7, Au moins il est certain ' que S. Jérôme dit qu'il étoit à por-
tée de recevoir des instructions de vive voix du sçavant Evoque Procule, qui gouverna l'Eglise de Marseille dès la fin du IV siècle jusqu'en il 9 ; et qu'il lui propose en même temps
Sair. oot. p. ios. l'exemple de S. Exupére, qui vivoit encore. ' Rustique étoit fils d'un Evoque nommé Ronose, et d'une mère qui avoit pour
Tiii. ibii. p. 403. frère un autre Evoque nommé Arator. ' Mais on ignore le Siège de l'un et de l'autre.
Hier. ibid.p.TH. 'Ausortirdes écoles des Gaules sa patrie, où les études étoienl encore très-florissantes, sa mère, qui étoit une dame de pieté, et qui n'épargnoit rien pour l'avancement de ce cher fils, l'envoïa à Rome. Rustique possédoit déjà toute la beauté et toutes les richesses de l'éloquence Gauloise; il ne lui manquoit que de modérer par la gravité Romaine ce que les Gaulois a voient naturellement ou de trop abondant, ou de trop diffus. Il eut plus besoin d'être retenu que d'être excité dans cette carrière, tant il avoit d'ardeur pour s'y perfectionner. En peu de temps on vit en lui ce que l'on admiroit autrefois dans les plus sçavants de la Grèce, qui avoient le secret de dessécher l'enflure Asiatique par le sel Attique, et d'enrichir leur éloquence non de paroles inutiles qui ne sont que des feuilles, mais des sens qu'expriment les paroles, et qui en sont comme les fruits.
iijii- ' Rustique de retour en son pais, se disposoit à embrasser
la vie monastique, lorsqu'il écrivit à S. Jérôme, pour le prier de lui dire quel état lui étoit le plus convenable, ou la vie
V 5IECLI
K V E Q U E DE NARBO N E. 363
éremitique, ou la vie cénobi tique. S. Jérôme lui répondant, 9e déclare pour ce dernier état, comme plus avantageux, et plus pro] iv à faire éviter de défauts. Ensuite il lui
prescrit d'excellentes i induite. Il lui recom-
mande entre autres chose • d'avoir toujours un livre à la main, d'aim r sur-tout la lecture d :s livi
point presser de rien publier de n façon, el de s'instruire luimême, avant que de s'ingérer à enseigner les autres. Rustique suivit l'avis de S. Jérôme, ' et se retira au monastère de Lérins, où il vécut avec Vénère, qui fut depuis Evêque iM.p.m
de Marseille. On l'éleva ensuite au Sacerdoce dans celle mé- JJJ; !lli:,,L ;'me Eglise, el enfin à la dignité d'Evêque de Narbone. 11 fut ordonné le troisième d'Octobre de l'an 430, selon M. Baluze, 'ou même dès 427, selon M. de ïillerr.ont, ce nui paroît T.„ ., .. „ ,,,
„ . , ' ' II I ill . LUI ! . p. i )■>.
mieux tonde. 888.
Bi heureux commencements ne pouvoient que faire
perer de voir en Rustique un parfait Evêque. Aussi ' il parut f dans sa charge comme un excellent médecin des âmes. iou.
Mais son Episcopat se rencontra en des temps très-fâcheux; T „ ibi1< les Gols Aiiens de religion occupant alors tout le pais que nous nommons aujourd'hui le Languedoc, et y faisant souvent la guerre aux Romains , qui tenoient encore Narbone. Les malheurs des guerres cependant affligeoient moins S. Rustique, ' que les scandales qu'il voïoit naftre de tous co- ] .,,,
-. 11 gémissoit particulièrement du peu de soumission qu'il W5- *° trouvoit dans les peuples, et du peu de correspondance et d'union dans ceux qui dévoient l'aider. L'affliction que lui causèrent ces derniers maux, lui firent prendre la résolution de renoncer à l'Episcopat; et il n'y fut retenu que par les fortes exhortations de S. Léon qu'il avoit consulté sur son dessein.
' En 444 il entreprit avec le secours de Marcel Préfet drs t. 2. P. - - Gaules , et de quelques autres personnes de pieté, de rebâtir l'Eglise de Narbone, qui avoit été brûlée depuis assez long-temps; et l'ouvrage lut fini au bout de quatre ans. S. (. 1. p. 579. 1 1. Rustique se trouva à l'assemblée des 44 Evèques des Gaules, fbi.jpP.S'. ! T'"' qui sur la fin de 4ol approuvèrent la letre de S. Léon à Flavien, et y signa le premier après Ravenne d'Arles. ' S. Léon Léo. ep. 82. P. cependant écrivant l'année suivante aux Evèques des Gau- °03,
Zzij
V s i EC LE.
les, pour les informer de ce qui s'étoit passé au Concile de Calcédoine, nomme S. Rustique avant Ravenne, comme
Conc. i. 4. p. plus ancien Evêque que ce dernier. 'Peu d'années après, S: Rustique assista encore à un nouveau Conciletenu à Arles au sujet du différend entre Théodore Evêque de Fréjus el
conc. i. t. p. l'Abbaïede Lérins.' Ravenne J'y invita par une letre par-
Tiii.'ibid. p. 407. ticuliere, ' qui porte des marques de Ja réputation où étoil alors ce Saint parmi tant d'illustres et SS. Evoques. Les
Tin. ibid. p, ios. malheurs des temps sont cause sans doute ' que nous ne trouvons rien davantage pour l'histoire de S. Rustique. Usuard marque sa fête au 26e joui- d'Octobre, en quoi il a été suivi par le martyrologe Romain. Il peut être mort ce jour -là en l'année 461; car dès le 3e de Novembre de l'an-
Leo, 1. 1. p. 405. née suivante il avoit pour successeur Herme, ' quiavoit été son Archidiacre.
La réputation seule d'homme éloquent qu'avoit S. Rustique dès sa jeunesse, nous suffirait pour être en droit déparier de lui dans cette histoire. Nous pourrions juger de cette éloquence, si Dieu avoit permis que les letres que nôtre Saint avoit écrites à S. Jérôme et à S. Léon, fussent venues
ibiii. jusqu'à nous. ' Celle qu'il écrivit à ce S. Pape sur les dan-
gers qui l'environnoient dans l'Episcopat au sujet des maux de son Diocèse, devoit être sur-tout une belle pièce, s'il est permis d'en juger par la matière et par la réputation de l'éloquence de l'Auteur.
Mais c'est une plus grande perte pour l'Eglise de France ,
IljiJ- que de n'avoir plus ' les actes de l'assemblée des Evêques, qui
avoient jugé la cause de deux Prêtres de Narbone, qui voulant poursuivre la punition d'un adultère , avoient été trop loin. S. Rustique avoit envoie ces actes à S. Léon avec la
p. 406. i conc. t. letre dont nous venons de parler, ' et y avoit joint un mé-
' p" ''" ' moire de dix-neuf difficultés sur divers points de discipline, qu'il prioit S. Léon de lui résoudre. Il ne nous reste plus rien de ces monuments , que ce qui s'en trouve dans la seconde
Tiii. ibid. P. 40.-,. letre de S. Léon, à qui ils en fournirent la matière. ' Denys le Petit a inséré cette réponse dans la collection des Décré-
Tui.ibid. i Léo, t. taies. ' On ne scait pas bien en quel temps elle fut écrite, ni
1 D 779 781 -ai i i ' m
par conséquent en quelle année S. Rustique envoïa ces écrits
à Rome. Le P, Quesnel l'a mise dana les premières années de s. Léon, sur des raisons <pii paroissenl assez foibles. Le P. Sirmondl'avoil placée plus tard vers l'an i'»2. quoique sans en donner de raison; el il j a même quelque sujet de la différer jusqu'après l'an 108.
\ Ml .1 II