S. MAMERTIN, ABBE DE S. MARIEN
v SIECLE.
Tin. ibiii. i». iJ7. emploi, comme il l'étoil de sa pieté. ' Lorsqu'il gouvernoil ce Monastère du temps de l'Evêquê Alode, il j recul S. Marien, qui quitta le Berri pours'j retirer, el qui dans la
Boll. 20. apr. p. sililc a donne son llnju au lllcine Moll.islcrr. ' S. M;im< I-
iin mourul le vendredi saint, qui étoit, dit-on, le 30e jour Bon. ibid. p. 758. df Mais, ce (|iii m' n 'iicoiii i e en 162. ' Le jour de sa mort demeure néanmoins marqué au 20e d'Avril dans les plus anciens Martyrologes, qui lui donnent le titre de Prêtre, sur. îbid. p. 4io. ' Mamerl in (lri'ssn lui-même l'histoire i!c sa conversion , J; 'i'i't. „. i(i. peut-être par l'ordre de S. Germain,' qui en avoil écouté plusieurs fois le récil avec respect, el qui avoil voulu que p.4io.n. 15. tes autres la sçussent pour en louer Dieu. ' Le Prêtre Constance, dont nous parlerons dans la suite, dous l'a conservée, l'aïant voulu insérer en ses propres termes dans l'ouvrage de la vie de S. Germain. Elle y esl intitulée, Révélation de S. Corcodéme, et de quelle manière Mamertin arriva à ta grâce Tiii. ibid. i». 14. du baptême. ' C'est une vision assurément extraordinaire, mais ni a opéré une conversion très-sincere jointe à un miracle ait à la vue de tout le monde. Elle est rapportée par celui même qui l'a eue ; et Constance dont S. Sidoine relevé particulièrement la gravité et la sagesse, Ta jugée digne de passer à la postérité. Seulement on peut s'étonner de voir sur. ibid, p. 413. ' que Mamertin, qui n'avoit aucune connoissance du Chris- "' 10' • - tianisme , s'y exprime avant son baptême par des passages mu. ibid: p. u, de l'Ecriture. ' Mais on peut dire, ou que Dieu lui mettoit alors ces termes dans la bouche, ou qu'il a exprimé dans la suite en se servant des paroles de l'Ecriture , ce qu'il avoit dit alors, par les termes qui lui étoient le plus familiers.
\ JIECLI
On esl aujourd'hui revenu de l'opinion, qui a fait long-temps Evêque de Hhege en Emilie, et de Ries en Provence, l'illustre Saint dont nous entreprenons l'éloge. Il se roit fort difficile de marquer précisément ce
qui a donné naissance à cette erreur. On peut cependant croire que l'opinion qui l'a mis au nombre dos Evêques de Ries, sera venue de ce que cette Eglise aura été* gouvernée par un Prosper au V siècle , comme ' l'on ne doute nu. h. i:. t. 10.
- que l'erreur qui lui a attribué l'épiscopat de Rhcge ''• *• n'ait tiré son origine de ce que celte Eglise a eu un S. Prosper pour Evoque , dont elle conserve le corps. 11 est certain qu'avant S. Maxime , que nous avons montré avoir commencé à gouverner l'Eglise de Ries vers 132 ou 433, et à qui succéda Fauste qui survèquit S. Prosper, ' il y avoit eu un autre Evoque à Ries , que Eauste Lenn. t. 2. t. qualifie un saint Prélat. ' Or il est fort croïable que ,17' cet Lveque, que Ion ne nomme pas, aura porte le t.s. p. m nom de Prosper , qui étoit assez commun dans les Gaules en ce siècle. Et comme S. Prosper d'Aquitaine a brillé particulièrement sur le théâtre de l'Italie et celui de la Provence, il aura pu aisément se faire que dans les siècles d'ignorance, on l'aura pris, les uns pour l'Evêque de Rhege, d'autres pGur l'Evêque de Ries. Quoiqu'il en soit , on verra par la suite de son histoire qu'il ne fut jamais élevé à l'épiscopat.
Mais il est devenu illustre par beaucoup d'autres endroits;'et entre les défenseurs de la doctrine de S. Au- Lab. scrip. t. 2 guslin, il n'y en a point eu do plus célèbre que S. Prosper.3 }1; f p.-J.'viii'1? 11 étoit d'Aquitaine, comme Gennade , b et divers autres 1nous en assurent. On lui en fait ordinairement porter le J. gj™' v,r' '" surnom , afin de le mieux distinguer des autres qui ont eu »> Prosp. vit. 1 1 Tome IL A a a
:;;<> s. PROèPER.
le nom (!<• Prosper. M.iis on ignore absolumenl quel esl le lieu ou la ville de cette vaste Province, qui lui a donné
qu i. p. 43 naissance. ' Pierre des Noëls attribue cette gloire au Poitou, et Jean Àventin à la ville de Bourdeaux. C'est à quoi l'on ne doit point s'arrêter, comme n'étant qu'une foible
\H . i. 10. app. conjecture. Encore moins' doit-on avoir égara à un ma-
,fiii"1i'!i71.1^1'1 Quscrit assez nouveau de la bibliothèque M. Colbert
qui le fait Bourgeois de Toulon dans la Viennoise, et à ceux <|iii le nommenl sans preuve Prosper de Ries en Aquitaine, dont la ville de Ries est bien éloignée. Le P. Sirmond avarice comme une chose constante, qu'il portoil le surnom de Tiro. Mais on a déjà vu ailleurs que cette opinion n'est fondée que sur l'erreur qui a fait confondre le grand S. Prosper avec Prosper Tiro ou Tiro Prosper. La principale connaissance que nous avons de l'histoire de notre Saint , se tire de ses propres ouvrages. Ils nous sont une preuve non équivoque qu'il avoit été fort bien instruit des belles letrès. 11 paroît aussi par le grand usage qu'il a fait de la poésie, qu'il y avoit donné une application particulière. Il est effectivement l'un des Pères de l'Eglise Latine , qui ont le plus honoré ce genre d'écrire , et qui ont su l'emploïer plus utilement et avec plus de succès. Il n'est pas moins indubitable, qu'il avoit reçu une. éducation toute Chrétienne, qui lui avoit inspiré une pieté aussi solide qu'éclairée. La connoissance de la religion qu'il y puisa, alla toujours se perfectionant en lui, par le soin qu'il prit de lire les écrits des Pères qui l'avoient précédé.
Pros. ut. g. 4. | 'On ne sauroit dire si ce fut quelque occasion particup' ' ' liere, ou les ravages que faisoient alors les Barbares dans les Gaules , sur-tout en Aquitaine , qui obligèrent S. Prosper à quitter son païs. Seulement il paroît que Dieu l'avoit conduit en Provence avant l'an 428, et peut-être même
Pro?. in Coii. c. a. dès 420 , ou encore plutôt.' La doctrine de S. Augustin sur la grâce se trouvoit alors combattue par diverses personnes , que leur dignité et leur vertu soit vraie , soit apparente, rendoient très-considérables.
Aug. ep. 225. n. 'S. Prosper n'avoit jamais vu S. Augustin, et n'en étoit point connu. Seulement il lui avoit écrit une letre de civilité par le Diacre Léonce , et en avoit reçu réponse par la même voie. Mais s'il ne connoissoit pas personnellement
S. P K 0 S P E R . Ti\
le saint Docteur, i! n'ignoroil pas quel étoil boo mérite. Outre ce que la renommée lui en avoil appris, la lecture <■ i de ses ouvrages, sur-toul de ceux contre les ennemis de la
e du Redemteur, lui en avoil donné une haute idée. Non seulement il demeura toujours inviolablemenl atta- o. 7. ihc à la doctrine qu'il y avoil puisée, malgré l'opposition de ceux qui la combattoienl . quoiqu'ils fussenl de beaucoup au-dessus de lui : mais il la défendit encore contre
efforts, e! se signala dans celle défense ' par une Genn. a force de raisonnemenl et une éloquence . qu'un dc> adversaires même de S. Augustin n'a pu s'empêcher de louer en lui.
S. Prosper étoil dans ces il i. •-positions, lorsque la providence l'unit avec lîilaire. A peine se furent - ils connus , Aog. a.
leur unanimité de sentiments le.- rendit inséparables dans la défense des mêmes vérités. ' Comme Hilaire étoit ep. 226. 0. 10. particulièrement connu de S. Augustin, il voulut procurer !<■ même avantage à S. Prosper. Dans ce dessein il porta celui-ci à lui écrire une letre, à laquelle il en joignit une
• part, où il parle de S. Prosper comme d'un homme
bre par sa verlu. son zélé, son éloquence, et qui meritoit même dans l'occasion présente d'être connu du saint Docteur. ' Ces deux letres dont on a toujours fait beau- ep. -ir,. doi. coup d'estime, furent écrites en 428, ou 429, au plus tard. ' S. Prosper et Hilaire en y détaillant les erreurs ep. 225. 22c. qu'ils avoient à combattre, y exposent les difficultés qui se pré- >ros' p' " 1S' semoient, et prient S. Augustin -de leur y donner les éclaircissements nécessaires. Ce grand Evêque sensible à leurs prie- Aug. pned.c. 1. 1 res, ne tarda pas de leur répondre en leur adressant deux traités perscélèbres, l'un De la prédestination des Saints, l'autre Du don de la persévérance.
Saint Augustin dans le premier de ces deux ouvrages, praed. ib. | Cœi. a*i et le Pape S. Célestin dans sa letre aux Evèques des Gaules, epï&s.'n.'i.**' nomment S. Prosper avant Hilaire; et lui-même écrivant au Diacre Léonce , le qualifie son frère. ' Ces traits pour- lai. a», p. s. loient faire croire que S. Prosper auroit été revêtu du Diaconat. Néanmoins ni Hilaire en parlant de lui à saint Augustin , ni aucun autre ancien Auteur ne marque qu'il eût quelque degré dans l'Eglise. ' C'est aussi ce que Aug. ibid. n. 7.
lade la manière dont il parle de lui-même, par rapport à ses adversaires. En effet il dit expressément qu'ils
A a a ij
372 S. PROSPE !l.
étoient de beaucoup au-dessus de lui par la dignité du
iv. vil i ; souverain sacerdoce. ' De sorte que les plus habiles entre
J,''1:".', '','1 „' |; les critiques reconnoissenl a ijourd'hui , qu'il ne paroi!
5- p. 643.|Tiii. ib. poinl par l'antiquité, qu'il ait jamais été autre chose que laïc, non plus qu'Hilaire son compagnon. Mais c'étoil un laïc aussi pieux qu'éclairé, qui pra iquoit la vie ascéti-
Pros. ib. 1 Tai. ib. que , ' c'est-à-dire qui avoit renonce au siècle pour vivre dans la retraite, comme S. Paulin, S. Pammaque, S. Severe Sulpice et tant d'autres de ce temps-là, que l'on comprenoit sous te nom de Moines.
More. pr. p. 7. ' Ou vil donc encore en cette occasion, selon la belle remarque du P. Garnier Jésuite, éclal t la conduite admirable de Dieu, qui se plaîl à confondre ie3 plus forts par ce qu'il y a de plus vil et de plus méprisable dans le monde, en se servant de simples laïcs pour les opposer d'abord aux Semipélagiens de Marseille. C'est ainsi , continue le Père Garnier, qu'il en avoit déjà usé à l'égard de deux autres hérésies , que 1 'S Pères ont particulièrement accusées d'orgueil et de présomption : celles de Pelage et de Nestorius; le Vicaire Constance aïant résisté le premier à Pelage dans Rome, et l'Avocat Eusebe de Dorylée à Nestorius (Lins Constanlinople.
T.n. ib. p. 9. ' Les deux ouvrages que S. Augustin adressa à S. Pros-
per et à Hilaire, ne convertirent point ceux qui combat-
Pros. aa Ruf. n. toient la grâce de J. C. ' Ces personnes au contraire persistant dans leurs erreurs, tâchoient par des médisances secrètes, mais dont la source n'étoit pas inconnue , de noircir la réputation de S. Augustin , cet Evoque si illustre par tant de triomphes , dont l'Eglise avoit tiré un nouveau lustre, et J. C. sa gloire. Us ne cessoient, lorsqu'ils trouvoient des gens disposés à les écouter , de décrier ses écrits contre le Pélagianisme , jusqu'à dire qu'ils contenoient une doctrine digne des Manichéens et des Païens ,
n. 1. i7. 'et enveloppoient dans ces calomnies les disciples avec le
Maître. Rufin ami de S. Prosper , aïant oui dire quelque chose des mauvais sentiments dans lesquels on le prétendoit engagé, lui en écrivit pour lui marquer la crainte où il étoit pour lui sur le péril de cet engagement. S. Pros-
p. 87-ioo. per reçût sa letre comme un gage de son amitié , ' et lui fit
une longue réponse , où il l'instruit pleinement de ce qui