‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 214 sur 384 · S. P II 0 S V K H · texte numérisé non relu

S. P II 0 S V K H

regardoi! ces calomnies répandues contre S. \ istin el disciples.

' ('.(mime S. Prosper dans cette réponse à Rufin avoil re- Tiii.ii>. p. n proche aux Semipélagiens de n'oser découvrir leurs sentiments, i's voulurent, ce semble, repousser ce reproche. ' L'un d'eux entreprit , ou témoigna avoir dessein d'en- ;>r^. ,,„. r, 191 treprendre d'écrire contre S Augustin sous un nom cm- ,98, prunté. Mais S. Prosper le réfuta par avance en deux épigrammes, où il paroit supposer que S. Augustin vivoit encore.

Ce fut apparemment en Tune de ces occasions , ou a toutes les deux ensemble , que nôtre Saint composa s n poème contre les ingrats; afin de relever et de mieux faire connoître des vérités si importantes, qu'on s'efforcoit de décrier avec tant de malignité. 'Ce poème toutefois , non plus Bar. an 430 que les deux épigrammes, ne fut point capable d'arrêter lub' "l' ?' 5' les ennemis de la grâce. Car.; comme le remarque le Cardinal Baronius sur ce même sujet, les hérétiques peuvent être confondus, parce qu'ils sont foibles et point affermis ; mais ils ne peuvent se rendre à la vérité , parce qu'ils sont opiniâtres. ' Ouelques Prêtres Gaulois continuèrent à Cœi.adGai. n. 2. troubler l'Eglise. Ils accusoient S. • Prosper et Hilaire de soutenir des faussetés, et décrioient tout de nouveau la doctrine de S. Augustin, en prétendant qu'il soute- Fuig. ad Mon. 1. noit que Dieu prédestine les reprouvés au péché, aus- Ic-30si - bien qu'à la condamnation où ils sont engagés par le péché originel. ' Tout cela leur fournit matière à une liste de pros. ad Gaii. pi quinze erreurs prétendues, qu'ils répandirent dans le public. p> 203- ->oi- Ce pouvoit être à la fin de l'an 430 ; puisqu'il paroît que Saint Augustin étoit déjà mort , lorsque cette liste vit le jour. ' Mais S. Prosper qui lui avoit succédé dans la dé- Fuig. n>. fense des vérités de la grâce, ' composa un écrit, où répon- r™». »b- v rdant à chaque article de cette liste, il montre par S. Augustin même , quelle est sa véritable doctrine , et ce qu'il en faut penser.

Une entreprise si digne de louanges ne servit qu'à irriter davantage les ennemis de S. Augustin, et les porta à tourner leurs armes contre son disciple et son défenseur. 'Des personnes, Obj. \m. Pr. rqui avoient oublié ce qu'elles dévoient à la charité Chrétienne ~7' "*' et fraternelle , et qui ne prenoient pas garde qu'elles ruinoient leur réputation en voulant noircir celle des autres,

dresserenl une autre liste de seize propositions insoutenables qu'elles jetterenl encore dans le public , comme ne contenanl que les véritables sentiments de S. Prosper. Ce Saint pouvoil les couvrir de eonfusion . en disanl anathéme ;ui\ propositions que ces gents ne répandoieni que pour lui attirer la haine publique. Mais de peur qu'ils ne chicanassent sur une réponse si courte , quoique si décisive', il voulutbien y répondre avec plus d'étendue. H fil doue voir sur chaque article la pureté de ses sentiments; afin que s'il ne pouvoil fermer la bouche à ses calomniateurs, au moins ceux qui liroienl son écrit, vissent combien leurs calomnies étoienl punissables.

nu. ib. p. is. ' Les mêmes difficultés qui servoient de prétexte aux Prêtres

des Gaules pour troubler l'Eglise, causoienl aussi quelque

Pros.jidGenu.pr. peine à ceux de Gennes. ' Mais ceux-ci liront paroître dans leur conduite autant de sagesse et de modération, que les autres avoient montré d'impudence et d'aigreur. Deux d'entre eux, Camille et Théodore, aïant dressé un état de leurs difficultés, L'envoïerent à saint Prosper, pour sçavoir ce qu'il en jugeoit, et comment il les falloif entendre. Le Saint les satisfit par un écrit qu'il leur adressa . et où il leur explique que lui et les Fidèles les plus éclairés qui lui éloient unis, croïoient sur ce sujet. 11 accompagna cette réponse de traits de modestie qui lui donnent uu grand relief. « Je fais « ce que vous m'ordonnez . dit - il aux Génois, non a que je présume de ma science ; mais pour obéir « au commandement que vous me laites; me confiant en « l'assistance du Seigneur, qui donne la sagesse aux pe- « tits. » C'étoit après la mort de S. Augustin, comme il est aisé d'en juger par les termes avec lesquels S. Prosper en parle.

Çœi;iijad G;ii.n. ' Les Semipélagiens continuant à accuser d'erreur S. Prosper et Hilaire aussi - bien que S. Augustin , déclaroient d'ailleurs qu'ils ne vouloient suivre sur les matières de la grâce , que ce que l'Eglise Romaine en avoit décidé par la bouche de ses Pontifes. Ce nouveau subterfuge engagea S. Prosper et Hilaire à aller à Rome porter leurs plaintes au Pape S. Célestin. Ce Pontife approuva le zélé qu'ils avoient pour Dieu , et fut touché de voir la persécution que l'on faisoit souffrir à des personnes de pieté. Dans ces dispositions il écrivit

1 | 4|Pros. p. 271.

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