‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 225 sur 384 · ORDONNÉ A DIK PAR SAINT MAMERT · texte numérisé non relu

ORDONNÉ A DIK PAR SAINT MAMERT

n ne sçait pas précisément en quel lieu s'assembla

Conc. supp. p. v/ce Concile. Quelques-uns par conjecture le mettent

à Arles, parce <|U<: <'e fut Léonce Evêque de celle Ville

qui fui chargé de le convoquer , el d'y présider. Mais tous ceux auxquels ont présidé les Evêques de celle Métropole, ne se sont pas tenus dans le lieu de leur résidence. Nous avons vu S. Hilaire à Ja tète de deux de ces Conciles assemblés l'un à Ries , l'autre au diocèse d'Orange. Celui dont nous parlons devoit se tenir plus nalurellement à Die qua Arles, comme l'on en comiendra par la suite. L'époque de sa célébration n'est point marquée; mais elle se doit prendre des dates de deux letres du Pape Hilaire, dont Tune le précéda, et l'autre

conc i. i. i>. le suivit de près. ' La première est du 10e d'Octobre 463 ,

.'up4110i7 a la seconde du 24e de Février de l'année suivante : ainsi

le Concile put se tenir ou à la fin de 463 , ou au commencement de 464.

p. 1045. Vingt-un E\éques y assistèrent, en y comprenant

Léonce qui y présida. Ils sont tous nommés dans cette

p. ioii i îo',;.. seconde letre du Pape , qui leur est adressée , ' excepté Antoine qui en fut le porteur , après l'avoir été de celle

p. i045|Gai. chr. du Concile au Pape. ; Ces Evéques sont Léonce d'Arles,

vet. i. 2. p. 554. jngenuus d'Ambrun , Eustase de Marseille , Fontée de Vaison , Yeran de Vence , Fausie de Ries , Auxane d'Aix ou de Nice , Auxone , ou Ausonc de Viviers , Paul de Chutons sur

conc. p. ioi5. Saône , Mémorial de Digne, Eutrope d'Orange, ' et dix autres dont on ignore les sièges, Yicture , Ydace , Vivence, I filiale , Procule , Céleste, Project, Avilien . Urse et An-

p. ioi4. toine. ' ils étoient tous des cinq provinces des Gaules , que

l'Evêque d'Arles étoit en droit d'assembler pour les Conciles annuels , c'est-à-dire de la Viennoise , de la Lyonoise , des deux Narbonoises , et des Alpes.

p. 1043-104-. ' Le sujet de la convocation de ce Concile , fut l'or-

dination d'un Evêque à Die , faite par S. Mamert de

DE S. M \MK HT. il 1

\ BIECLI

Vienne. Nous avons parlé ailleurs de l'ancienne dispute entre cette Métropole, e1 celle d*Arles au sujet de la jurisdic- Hon. Originairement Die el quelques autres Eglises voisines étoienl sous \ ienne : mais !<■ râpe Zosime jugea à propos sur la lin de Tau il 7, de 1rs eu soustraire pour les mettre sous Arles. Cela continua jusqu'à ce que S. Léon vers îi'» les rendil à Vienne, el voulut que cette Eglise fui Métropole d'Arles même et de toute la Province. Mais dr* 150 le mémo Pape rétablit les choses à peu près comme elles étoient auparavant.

Nonobstant ce reglemenl de S. Léon, S. Mamert or- Conc. p. 1043 donna ni M)3 un Evêque a Die. Peut-être ne crut-il pas que cotte dernière ordonnance de S. Léon pût frustrer son Eglise du droit qu'elle avoit anciennement sur Die. et que ce même Pape lui avoit rendu, après que d'autres le lui avoient ôté. Peut-être aussi se lrouva-t-il obligé de ne se pas refuser aux besoins d'une église sans Pasteur dans la conjoncture fâcheuse où elle étoit ; car il paroit ' que Die apparlenoil alors aussi bien que Vienne rm. h. Ect. ie, aux Bourguignons. Ainsi le commerce n'en étoit pas si libre p- |,IV avec Arles, qui demeuroit encore soumise aux Romains ; et il pouvoit y avoir à craindre que si l'on tardoit à y ordonner un Evêque, les Bourguignons qui étoient Ariens n'y en missent un de leur secte, comme les Yisigots s'eflorçoient de faire ailleurs dans les Gaules. C'est ce que la suite donne à juger assez naturellement.

Quoi qu'il en soit, ' le Général Gonduic, a c'est-à- cw. ii.i.i. dire Gondiac Roi des Bourguignons, b fut le premier l conc. aîïd. qui se plaignit au Pape Hilaire de ce que S. Mamert avoit ordonné un Evêque à Die. Il prétendoit que p- iom. le Saint s'étoit rendu maître de la ville, comme un ennemi, et qu'il avoit donné un Evêque aux Diocésains malgré eux. Sur cela le Pape écrivit le 10e d'Octo- p- 1043. îoi*. bre à Léonce Evêque d'Arles, pour lui témoigner son étonnement de ce qu'il ne lui avoit rien mandé de cette entreprise de l'Evêque de Vienne sur ses droits. Il p io« lui enjoint donc d'assembler son Concile pour y examiner l'action de S. Mamert. et l'obliger d'en rendre raison, Enfin il veut que tout le Concile lui mande ensuite la vérité du fait, afin qu'il ordonne ce que le S. Esprit lui dictera. Il est néanmoins assez étonnant de voir que le Pape charge

Ff f ij

il? CONCILE A L'OCCASION

v si ECLE.

nu. ibid. p. 106. de cette commission Léonce qui «toit proprèmcnl la partie de S. Mamert en cette rencontre.

Le Concile se tint, comme nous avons dil d'abord,

cono. p. 1044. et dressa une relation de cette grande affaire, qu'il envoïa avec une letre Synodique au Pape, par l'Evêque Antoine qu'il lui députa à Rome. Nous ne servons point tout ce qui se passa dans cette assemblée, parce que les Actes n'en sont pas venus jusqu'à nous.

p. 1044. 1046. Mais il paroît ' par les letres du Pape aux Evêques des cinq Provinces que nous avons nommées, que les Pères du Concile ne firent qu'instruire le Procès, sans porter de jugement contre S. Mamert, parce ■ qu'apparemment ils jugèrent qu'il n'y avoit pas de sujet. Il semble aussi qu'ils laissèrent la décision de cette affaire au Pape ;

p. 1044. car ' Hilaire dans une de ses lelres marque qu'il diffère

de prononcer une Sentence proportionnée à la peine que méritoit la faute de S. Mamert.

p. 1044. îoio. U se borna cependant ' à écrire deux letres sur cette affaire datées du 24e ou 25e de Février 464, l'une à tous les Evêques des cinq Provinces , et l'autre aux 20 Evêques qui avoient assisté au Concile. Il envoïa l'une et l'autre par l'Evêque Antoine leur député, qui faisoit

p- io44. le 21e Prélat de cette assemblée. ' La première est pour

se plaindre de S. Mamert, et pour apprendre en peu de mots à tous les Evêques de ces Provinces, ce qu'il avoit fait touchant l'Eglise de Die. Du reste, il les exhorte à ne pas entreprendre les uns sur les autres, et sur-tout à se soumettre à l'autorité qu'il avoit donnée dès auparavant à l'Evêque d'Arles d'assembler tous les ans des Conciles des cinq Provinces.

p. io45-io47. ' Dans la seconde letre Hilaire se réduit à se plaindre,

de ce que S. Mamert avoit entrepris sur le droit attri-

p. 1046. bué à Arles par S. Léon. ' Il s'autorise en cela des loix

Tin. ibia. P. 106. que les Princes Chrétiens, ' c'est-à-dire plutôt de la loi

conc. ibid. que l'Empereur Yalentinien III ' avoit faite, pour assu-

jettir tous les Evêques à celui de Rome. Il déclare néanmoins que pour la conservation de la paix il veut bien ne point punir S. Mamert, pourvu qu'il fasse satisfaction de sa faute, et qu'il promette qu'il n'y tombera

p. io47. plus à l'avenir. ' Il exige encore qu'il observe inviolable-

mens sous peine de déposition les règlements faits par le S.

Dl S. M AMK HT. il.!

V si i i il

p. mu,

S ' . tlilaire témoigne qui) a épril aussi sur cette affaire à Veran Evéque de Vence, L'un des Prélats du Concile, de sommer S. Mamerl en son nom, de donner cette parole; aioûtanl que s'il refusoit de la donner, ou qu'après Lavoir donnée, lui ou ses successeurs i»< ion venaient à la violer, les quatre Eglises laissées à Vienne par S. Léon, seraient soumises à la jurisdiction d'Arles, Pour ce qui est de l'Evêque que S. Mamert avoit p.iow. ordonné à Hic. il déclare qu'il méritait bien d'être déposé. Mais il laisse cela à la discrétion de Léonce, témoignanl néanmoins assez que son intention étoit que Léonce le confirmât.

En tout cela le Pape n'accuse point S. Mamert ni r«u. iWd. de violence ni d'hostilité, et ne le charge point d'avoir rien fait contre la volonté de ceux de Die. Ainsi les Crimée qu'on lui imputait, n eloient apparemment que le zèle avec lequel il avoit résisté au parti de quelques ambitieux soutenu par Gondiac, ou à la faction de Gondiac même, qui pouvoit tendre à mettre à Die un Evoque Arien. Ce qui peut encore beaucoup servir à la justification de S. Mamert, c'est que l'Eglise de Die c,,no- s»p- p- m. est toujours demeurée dans la suite sous la Métropole de Vienne. Nous ne sçavons rien davantage d'intéressant sur cette affaire, qui fit plus d'éclat dans l'Eglise qu'elle n'y causa d'édification. (XIX.)

VINCENT

Prêtre ex Provence.

rincent Prêtre Gaulois, mais différent du Moi- Genn. fit. ai. c. ne de Lerins , qui étoit de même nom, et revê- 80|c-64tu de la même dignité, ileurissoit en même temps que lui, c'est-à-dire après les premières années du V Siècle. On croit que ce peut être le même que le Prê- Tai. h. e. t. 16. tre Vincent , qui en 439 assista au Concile de Ries, p' 13' au nom de Constantin ou Constantien , qui pouvoit être Evêque de Die. ' Gennade qui l'avoit connu, assû- Genn. ilu. c. so. re qu'il étoit habile dans les Saintes Ecritures, et qu'il

\ 3IECLK

', VINCENT

avoil acquis une grande politesse, et une grande facilité d'écrire par l'habitude et l'application à la lecture. Il paroîl que Vincent a vécu forl avant dans ce V Siècle.

Genn. r. 100. puisqu'il étoit particulieremenl connu de Gennade, qui a vécu lui-même au moins jusqu'au Pontificat du Pape Gélase en &92. C'est pourquoi nous croïons devoir lui prolonger la vie jusquen *6b* ; n'y aïanl rien qui empêche qu'il ail vécu jusques-là, et môme encore plus avant. Dans celle supposition il ne doit point paroître

TM. ibid | Pros. extraordinaire ' que Gennade ail vu un homme qui écrivoil en ÏM) , comme nous allons dire après plusieurs Ailleurs. Nous verrons encore la même chose en la personne du célèbre Salvien, ci en celle de Fauste Evoque de Ries.

Genn. ibid. Vincent avoit entrepris un Ouvrage sur les Pseaumes,

dont il avoit lu quelque chose en présence de Oennade à un homme de Dieu nommé Cannât; promettant tjue si Dieu lui donnoil du temps et de la santé, il

not. p. 35. écriroit de même sur tout le Pseautier. ' Mais aujour-

d'hui il ne se trouve nulle part aucun fragment de ce commentaire.

On attribue à Vincent dont nous parlons, un autre Ouvrage dans lequel il attaquoit et la doctrine de S.

Pros. ob. vinc.p. Augustin, et la réputation de ses défenseurs. Ce sont les objections qui parurent vers 430 sous le nom d'un Vincent, et que S. Prosper réfuta, comme nous l'avons dit. Il seroit inutile et ennuïeux de répéter ici l'idée que nous avons donnée de ces objections, et de la manière qu'elles furent réfutées. Seulement nous remarquerons que le Cardinal Noris, et les autres qui regardent Vincent de Lerins comme un zélé Sémipélagien, le font Auteur de ces objections.

Tiii-^ijidj Pros. Mais ' ceux qui ont -une meilleure opinion de sa doctrine, s'accordent à chercher un autre Vincent, pour lui donner ce fameux écrit. Baronius, et d'autres après lui croient qu'elles peuvent être de celui dont il est ici question. M. de Tillemont et le dernier éditeur de S. Prosper ne trouvent point de difficulté à soutenir ce sentiment , qui paroît favorisé par les éloges que donne Gennade au même. Vincent. Car cet écrivain loue ordinairement assez ceux qui n'aimoient pas S. Augustin,

PRETRE EN V\\i)\ l. SGE il »

\ sii;i.li.

noii plus (|u il ne I aimoil pas Lui-même.

Cependant à dire levrai, ee n'est là qu'une simpleconjecture ; et l'on ne voit pas plusde preuves décisives pour attribuer ces objections à Vincent don! nous parlons ici, que nous avons montré y enavoir pour le donner à Vincenl de Lerins. De sorte que nous avouons que l'on a presque autant de fondement de les attribuer à 1 un qu'àl'autre : avec cette différence néanmoins qu'il j a plus de préjugés pour les cave, p croire de Vincent de Lerins quede L'autre Vincent. Elles Pros. p. 329-340. sont au nombre de seize, comme on l'a déjà dit ailleurs, et forment autant de propositions, que S. Prosper a placées à la tête de chaque réponse qu'il y a faite.

'LeP. Seraphim Piccinardi de l'ordre de S. Dominique oud. sctï 1. 1. dans ses amples prolégomènes sur le Prœdestinatus^ Ouvrage p" anonyme publié pari' l\ Sirmond, prétend que cet écrit est ou de Vincent qui lait le sujet de cet éloge, ou de Vincent Victor contre lequel S. Augustin a été obligé d'écrire. Mais nous avons déjà suffisamment montré sur l'article d'Arnobe le jeune ce que l'on peut le plus raisonnablement penser de ce fameux Ouvrage et de son Auteur. Xous nous bornons à dire ici, que quand même nous aurions des preuves décisives que les objections qui portent le nom de Vincent, seroient de celui dont nous parlons, il ne seroit pas certain pour cela qu'il fût l'Auteur du Prœdestinatus. Ce ne seroit tout au plus qu'une simple conjecture, beaucoup moins fondée que celle que l'on fait sur Arnobe, à qui nous avons fait voir que cette pièce convient mieux qu'à tout autre Ecrivain.

Page 1