‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 244 sur 384 · PIERRE · texte numérisé non relu

PIERRE

Secrétaire d'État.

Pierre 'l'un des plus éloquents hommes de son siècle, su.s.i.o. a fut Secrétaire d'Etat sous l'Empereur Majorien, qui «c"!!." v. 564. régna en Occident depuis l'an 457 jusqu'en l'année 461. 'Baronius, sans en apporter de preuves, le fait Romain sav. inSid.p.ôoo

de naissance, et prétend qu'il fut Consul en 516.' Il est Buch. p. 64. vrai que le seul Consul de cette année-là se nommoit Pierre : mais quelle apparence que ce soit celui dont nous entreprenons ici l'éloge? Est-il croïable qu'un homme qui vers le milieu du V siècle étoit en la maturité de son âge, ait vécu jusqu'en 516, et qu'il ait encore été en étal de soutenir seul le poids du Consulat ? À l'égard de sa patrie ' Lilio Gregorio Giraldi , qui écrivoit assez long-temps gû-. poet. avant Baronius, croit qu'il étoit Gaulois. a C'est ce que ' 9r305

fait juger aussi S. Sidoine en plaçant ce Pierre entre les

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iiti P I E II R E ,

plus célèbres Poètes Gaulois, dont il parle dans son 9" l'orme. Il esl au moins certain qu'il passa an temps considérable dans nos Gaules, qui furent le Théâtre sur lequel il parut avec le plus d'éclat. Je oe sçai même s'il n'y auroit pas assez de fondement pour assurer qu'il étoit de e». 5. v. m- Lyon. Car ce fui à sa prière que l'Empereur Majorien, pmIh.' '" d' vers qui il avoit été député, déchargea cette Ville «l'une garnison que ce Prince y avoil mise II y a quelque lieu de croire <|ue ce fut en celle occasion, que l'Empereur aïani reconnu tout le mérité de Pierre, le choisit pour son Secrétaire.

Sid. car. 5.V.5M. 'En cette qualité Pierre rendit de grands services à l'Empire, tant par son éloquence, que par son habileté dans les négociations. Majorien se servit utilement de lui pour contenir dans le devoir les Nations barbares, qui conspiroient à démembrer l'Empire; et quoiqu'il eût un Questeur très-habile , à qui il appartenoit de dresser les loix et les rescrits, il se servoit néanmoins de Pierre pour faire ces fondions. C'est ce que S. Sidoine exprime assez bien dans les vers suivants, qui font partie du Panégyrique de Majorien.

Ibid. 'Quid loquar hic illum qui scrinia sacra gubernat?

Quid cum civilis dispensât partis habenas, Sustinet armati curas, interprète sub quo Flectitur advestras gens effera conditiones. Quid laudare Petrum parvis temeraria Clio Viribus aggrederis? cujus dignatur ab ore Cœsar in orbe loqui; licet et QiKDstore diserto Polleat

Sid. s.i.9.ep.i3 1 'A l'éloquence Pierre joignoit un talent particulier ep.^rs. p. un. p0ur ja p0gsje g^ Sidoine le nommant entre les plus

excellents Orateurs et les meilleurs Poètes de son temps, tels qu'étoient Léon Ministre du Roi Euric, Domnule, Procule , Sévérien , et Consence le jeune , dit qu'il les surpassoit et pour le feu et pour la régularité du discours, Le style épistolaire dont il faisoit le plus d'usage , n'empêchoit pas qu'il ne réussît dans les plus excellents genres car. 9. v. 303. d'écrire.' Tout ce qui sortoit ou de sa bouche ou de sa plume, étoit digne d'admiration ;

Petrum et cum loquitur nimis stupendum.

Non

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S K C II E T A [RE 1» i; T A T. iii

Non seulement Pierre Be mêloit de sci< nce , mais il se feisoil aussi un mérite cl « * protéger les Sçavants. Ce lut sans doute pour l'une ei l'autre raisoo , ' que Sidoine avant car. s. t. wo. Bon Episcopat le choisit pour son Mécène, et \ou!ut n'aspirer à la gloire d'homme sçavant , que sous ses auspices. Aïant prononcé en vers sur la (in de l'an 457 le panégyrique de l'Empereur Majorien, il l'envoïa à Pierre, ou pour le publier, ou pour le supprimer, selon le jugement qu'il en porieroit. Sidoine regardoit l'avantage d'avoir ce Mécène pour censeur comme quelque chose de si honorable , qu'il témoigne que l'on ne pou\ oit pas même trouver mauvais de n'avoir pas son approbation :

' Hoc censore etiam di^plicuisse placet. ?. 10.

Pierre paroît avoir vécu jusques au-delà de Tan 470.

'S. Sidoine parle de lui comme vivant encore, dans le car.9. t. &». poëme qu'il adressa à Félix en façon d'épitre dédlcaloire, sur le recueil de ses poésies qu'il publia vers 4o8 ou l'année suivante. Mais' dans sa letre à Gélase écrite vers 482 L.9.ep.«.p.ni9. ou 483 , il n'en parle que comme d'une personne qui n'étoit plus au monde : de sorte que l'on peut placer sa mort vers 473, ou 474.

Aujourd'hui il ne se trouve nulle part aucun des écrits de Pierre.' Il est néanmoins certain qu'il avoit composé e?. u. P. 1110un ouvrage qui paroit avoir été fort considérable, et dont S. Sidoine fait un éloge pompeux , sans nous apprendre de quoi il traitoit. H semble dire seulement qu'il étoit en prose et en vers.' L'ouvrage avoit déjà pa- 1». 1113.1114 ru dans le public , et reçu les applaudissements des Gaules , sur-tout des villes qu'arrose le Rhône , et de toute l'Italie , et de voit bientôt recevoir ceux de l'Espagne , quoique barbare. Le Sénat , le peuple Romain , les gents d'épée comme les autres , l'Empereur même , en un mot tous les divers ordres de l'Empire avoient été déjà les admirateurs de cet ouvrage, ' lorsqu'il arriva que Si- p. itio. un. doiae , Domnule , Sévérien et Lampride , quatre des plus célèbres poètes de ce temps-là , se trouvèrent tous rassemblés en une même ville , où Majorien les avoit mandés. On croit que c'étoit à Arles , où cet Empereur et Sidoine étoient effectivement en 461. Un des amis de ces Tome II K k k

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v B1ECLE.

quatre poètes les aïanl priés à manger chez lui , ils s'aviserenl de faire sur le champ chacun uu poëme ; et ils prirenl pour sujet l'éloge de l'ouvrage dont il est ici question. Mais ils convinrent d'écrire en différentes espèces de vers, afin que Ton ne reconnût pas si aisément celui <|iii n'auroii pas si bien réussi que les autres, et qu'étant ainsi moins exposé à la honte, il le fût moins aux morsures de l'envie qui en sont les suites ordinaires. De ces quatre poëmes il ne nous reste que celui de S. Sidoine, dont nous avons détaché les vers suivants, qui peuvent donner quelque notion de l'ouvrage de Pierre.

p. nia. ' Date carminata socco,

Date dicta sub cothurno, Date quidquidÀdvocati, Date quidquid et poelae Vario strepunt in actu.

Petrus lucc et illa transit.

Opu8 cdituin tenemus , Dimetra quod arte texens Iterasperum , viasque Labvrinthicas cucurrit.

IT CLAU DIEN

Prêtre de l'Eglise de Vienne.

HISTOIRE DE SA VIE

sid. i.4.ep.ii |i. Tiff a m e r t' Cl audi en (1) passoit selon S. Sidoine 26oep3i8|?P."îi; -l-^-l pour le plus bel esprit de son siècle, et le plus grand v- 352 1 Genn. vif. génie de son pais. 11 étoit frère puisné de S. Mamert

lll. C. 83. tS a 1-17- • ri 1 IV • • J T»

Eveque de Vienne , si célèbre par 1 institution des Ko-

Sid. p. 260. gâtions que nous devons à sa pieté. Dans sa jeunesse il

fit profession de la vie monastique , et il emploïa à l'é-

Genn. ib. not. ' ' Quelques monuments lui donnent aussi le prénom d'Ecdicius. a Canisius 1° fait mal

a Caiiis. B. t.l.p. à propos Kvêque de Vienne. 361. not.

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