‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 267 sur 384 · Tome IL Q q q · texte numérisé non relu

Tome IL Q q q

î'.hi s. LOUP,

Sur. 39.jul.p.302. ® S. Loup fil! rrlrluv par -on mérite personnel, ilnr

le l'ni pas moins par la vertu de ceux qu'il forme dans la pieté. Il fui en efTel beaucoup de disciples (rime vertu éminente, el qui éclatèrent même par la gloire des miracles. Ou me! de ce nombre S. Sévère Evêque de Trêves AikMiv de la première Germanie* et qui accompagna S. Germain d'Auxerre, lorsqu'il alla pour la seconde fois dans la Grande-Bretagne combattre l'hérésie Pélagienne. ();! compte encore parmi les principaux disciples de nôtre Saiiii Eyêquei S. Polychrone Evoque de Verdun; S. g. t. ni. Coaf. c. Albin de Ghâtons sur Marne; ' S. Avenlin, qui aïant été su'r.ibi-i. domesl ique de S. Loup devihl célèbre par sa pieté; 'S;

Çamelien son successeur et l'imitateur de sa vertu, digne de remplir la place qu'il avoit si long-temps occupée; sw. i.7^ep.i3.p. 'le Prélat Himere, qui parla ressemblance de ses mœurs représentait comme au naturel Ja personne de S. Loup, ce premier Evêque des Gaules par son mérite.

SES OUVRAGES

n Evêque aussi instruit et aussi studieux que l'étoit S. Loup, pouvoil sans doute nous laisser plusieurs monuments de son sçayoir et de sa doctrine. Cependant soit qu'il ait voulu imiter la plupart des Evoques et des autres Saints de l'Eglise primitive, qui aimoient mieux s'appliquer à pratiquer les vérités saintes de noire religion, qu'à écrire ce qu'ils en sçavoient ; soit que le malheur des temps nous ait privé des écrits qu'il a pu laisser, il n'en est venu jusqu'à nous que deux forts courts, mais très-précieux.

fo49|G*"tP*i°48' *°" ' ^T°US avons de lui une letre, qui lui est commune 122. avec S. Euphrone Evoque d'Autun, touchant les veilles

de Pàque , de Noël et de l'Epiphanie, au sujet des Clercs bigames, et de ceux qui entroient dans le ministère sacré étant déjà mariés. C'est une réponse au mémoire que leur avoit envoie sur ces mômes matières Talase Evêque d'An- Conc.t.4.p.io2o. gers, apparemment peu après ' son ordination, qui se fit vers le 4e jour d'Octobre 453. il ne paroit pas si ce fut aux deux Evoques ou seulement, à l'un d'eux, ce qui est

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plus naturel, que ce mémoire fut adressé. Quoiqu'il en soit, S. Loup <•! S. Euphrone se trouvait ensemble, plu- p n tôt à Aiiimi , ce semble, où S. Loup put aller dans un sur. mi. j. 4 voïage qu'il iii en Bourgogne , qu'à Troïes on ailleui

Arconce Soûdiacre de l'Eglise d'Angers leur remil le mé- . P iom,

moire de Talase dont il étoil chargé. Talase y demandoit en substance, quelle différences falloij faire entre la veille de P^que et celle de Noël et de l'Epiphanie, el que l'on devoil observer pour le mariage qes Clercs intérieurs.

Nos deux Evoques lui répondent , qu'outre que cha- i,,, cune d< s trois veilles qu'il marquoit , avoit ses lirons particulières de l'Ecriture , et conformes au mystère que l'on \ honore . celle <lr Pâque commencent le soir, et alloil rarement jusqu'au matin: au lieu que l'on emploïoit aux deux autres la nuit entière , ou au moins la dernière partir de la nuit. Ils marquent que les leçons Je la veille de Pâque ('toirnt regléps, et dévoient toutes être de. la passion : au lieu que relies de Noël n'étoient point réglées , pt ('toirnt entremêlées du chant des pseaumes.

'Au sujet du mariage des Clercs, ils proposent la prati- p, 1049 que de leurs Eglises, où non seulement Ton déposoit, mais J on privoit même de la communion les Exorcistes et 1< s Soùdiaeres , s'ils venoient à se remarier. Que s'ils n'étoient point mariés, lorsqu'on les ordonnoit , on les empêchoit de le faire dans la suite. Telle étoit la pratique commune aux deux Ëglisi s de Troïes et d'An t un. Mais celleci rencherissoit sur l'autre, en ce qu'elle déposoit même et privoit de la communion les Portiers, qui s'engageoient en de secondes noces. ' Au reste S. Loup et S. Euphrone p. 1048. 1049 protestent unanimement , que si un autre Evêque peut faire observer dans son Eglise une discipline encore plus exacte, ils l'approuveront volontiers, parce que Dieu en -*

sera honoré . quoiqu'ils ne pussent pas la mettre en pratique.

On observe à l'égard de Cette réponse que les deux toi. h. e. t. 16 Evêques en parlant des veilles de Pâque, de Noël, de r- ,33 l'Epiphanie , ne disent rien du baptême : ce qui pourroit faire juger qu'il étoit commun à ces trois veilles. On remarque aussi qu'ils n'y font nulle mention des Acolytl; non plus que ^ Lecteurs, si célèbres dans l'Eglise . et si

m s. loup,

nécessaires pour la célébration de l'Office. On demande à ce sujet, si c'étoil dans les Gaules la fonction de quelqu'un des autres ordres ou inférieurs , ou supérieurs , p 1;; ' comme on la fail exercer aujourd'hui par des laïcs ou

sid. i. 4.op. ss.p. par tirs Prêtres. ' ( îependant on trouve des Lecteurs en ce lemps-ci même dans fa province de Lyon, donl étoit S. Eupnronje, comme il paroît par les letres de S. Sidoine. Ce sont-là t\c* difficultés qui ne regardenl pas nôtre sujet . mais qui valent bien la peine d'être éclaircies par ceux , <]iii entreprennent d'écrire sur cette sorte de ma- "tieres.

Spic. t. s! p. 579. ~\ ' Nous avons une autre letre de S. Loup, laquelle

580 1 Till.ib.p.136. qous ,]()j| {\\]V ,]';m|;i|)f. plus rliere , que c'est proprement

l'unique mpnumenl qui nous reste de ce grand Evêque; la lefre à Talase lui étant commune avec Saint Euplirone. Celle dont nous parlons à présent, est non-seulement fort belle pour les choses qu'elle contient , mais elle est même bien écrite. Mlle est adressée à S. Sidoine qui fut fait Evoque de Clermont sur la fin de Tan 471. Sid. i. 6. ep.i.p. (S- Loup, qui avoit alors achevé la 45e année de son ,37SpiC.ibid.p.579. Êpiscopat , ;' et qui depuis long-temps étoit son ami, lui écrivit cette excellente letre, toute pleine de charité el d'onction. Il commence par lui témoigner sa joie de ce qu'étant, comme il le croïoit, près de mourir, il revivoit en quelque sorte en sa personne , et laissoit après lui à l'Eglise un prélat capable d'en être la consolation et le soutien , au milieu des tempêtes et des maux qui l'accabloient de toutes parts.

Tiii.ibid. 'Oh y voit la disposition du cœur de S. Loup dans le

spic. ibid. p. 579. conseil si sage et si important qu'il donne à S. Sidoine , 'de regarder l'Episcopat comme un minislere d'humilité , qui l'abaissoit autant au-dessous de tous ceux qui lui étùient soumis, que les dignités du siècle élèvent au-dessus des aup. 5so. très ceux qui les possèdent. ' En regardant, ainsi qu'il fait,

■nu. ibid. S. Sidoine comme son père pour le mérite , ' il montre corn-

bien il étoit établi lui-même dans une profonde humilité , qui éclate encore dans les dernières paroles de cette le- Spic. ibid, p. 580. tre. « ' Priez pour moi , dit-il à S. Sidoine , afin qu'en • «terminant ma vie entre les bras du Seigneur, j'achève « l'œuvre qu'il m'a imposée, et que j'emploie au moins pour «lui le temps qui me reste, après avoir dé assez malheureux

F. Y ÊQUE DE TROÏES.

V SIECLE

a pour emploïer tant d'années , et les meilleures de ma vie, « en des chi ses qui ne le méritoient pas, Mais j'ai con- « fiance au Seigneur, qui est plein de miséricorde. o'Dom p. ■-■

ipp. |i

Luc d'Acheri es! le premier qui a tiré ce monument de la ;-, poussière : et après lui M. «le Lalande l'a inséré dans son supplémenl des Conciles.

Cette letre fit une impression merveilleuse sur S. Sidoine,

qui la reçut comme un honneur qu'il regardoit infini- sîd. i. 6. ep. i.p. ment au-dessus de lui, etqui y répondil aussi avecunehu- ' milité,' que l'on peut dire être la plus grande preuve roi. om. p. m que nous aïons de sn sainteté. « ' S'il est permis à des si.i. a>id. p. «criminels, dit-il à S. Loup, de vous rendre justice, à « vous qui êtes le modèle et la règle des mœurs , la cote lomne des vertus , un esprit rempli de douceur . mais d'une «douceur véritable, parée qu'elle est sainte, que ne vous « dois-je pas pour avoir bien voulu pancer par vos exhor- «tations, les plaies d'un vermisseau très-méprisable ? Tous « n'avez rien épargné pour nourrir de vos saints conseils , «une ame épuisée et accablée de foiblesses. Vous m'avez « fourni du thrésor de vôtre grande charité , la mesure de « l'humilité qui m'est nécessaire pour ma guérison. »

3°. S. Loup avoit écrit encore plusieurs autres letres au i.e.ep. 4.9.1. 9. même S. Sidoine, comme il paroit par celles que celui- ep' ci lui adresse. L'éloge qu'il fait de l'unique qui nous reste, et qu'on vient de rapporter en partie, doit nous faire extrêmement regretter la perte des autres. ' Celle qu'il lui 1. 6. ep. 0. P. 393. avoit écrite au sujet d'un de ses diocésains nommé Galet dont S. Sidoine nous a conservé une notion , étoit surtout fort considérable. Cet homme aïant quitté sa femme , se retira en Auvergne ; ce "que S. Loup n'eut pas plutôt apris , qu'il en écrivit à S. Sidoine . qui étoit déjà Evèque de Clermont : ainsi c'étoit après l'an 471. Cette letre étoit écrite avec une force tellement mêlée de douceur et de de charité, qu'elle effraïa ce pécheur, et le gagna en même temps. Car S. Sidoine la lui aïant montrée, il en fut à l'heure même vivement touché , et ne la regarda point comme une letre écrite à un autre, mais comme une sentence prononcée contre lui-même. Après cette sommation il ne prit aucun délai pour aller trouver sa femme. Il !e promit, s'y disposa, et se mit aussi-tôt en chemin.

" Qu'y a t— il . Jit S, Sidoine , de plus estimable qu'une telle

v sikc.i.i:

194 S. Loin» . EVÊQliE DE TROIES.

réprimande , qui oblige le pécheur ;i chercher dan9 sa

" pénitence un puissant remède contre son mal , ne Irou-

\,in! rien à dire contre celui qui le lui fail reconnotyre ! >>

i°. Il n'y ;i pas de doute que S. Loup durant le coins

d'un Episoopal aussi long que fut le sien , nVùi presque

Km 1.1.0p. 10. une infinité d'autres occasions d'écrire ou des letres ,' comme il paroîl parcelles de S. Ruriee. ou des ouvrages entiers; quoiqu'il ne nous en reste poinl les mêmes preuves.

sij.i. 4. ep. i7.p. Néanmoins si' le Comte Arbogaste suivi! le conseil que lui donna S. Sidoine, il y a lieu de croire que S. Loup ne refusa pas en cette occasion , de faire usage de sa plume. Car ce Seigneur s'étant adressé à S. Sidoine, pour avoir quelques éclaircissements sur diverses difficultés de l'Ecriture, celui-ci le renvoïa aux illustres Pères des Gaules el nommément à S. Loup ; l'assurant que, quelques questions qu'il pût lui proposer , il n'épuiseroit jamais une source de doctrine aussi féconde que la sienne.

Nous avons remarqué ailleurs qu'il se trouve en quelques manuscrits un sermon sous le nom de S. Ambrôise, mais qui est constamment d'un Evèque Gaulois, qui avoit passé quelques années dans la Grande-Bretagne pour \ établir la paix , que l'hérésie Pélagienne y troubloit. Comme S. Loup accompagna S. Germain d'Aûxerre dans le voïage qu'il fit en ce païs-là pour éteindre cetle hérésie , on pourroit lui attribuer ce sermon ; quoiqu'il nous paroisse plus vraisemblable de le donner à S. Germain, pour les raisons que nous avons marquées.

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