S. LOUP
lui et S. Germain d'Auxerre passoienl pour deux lumières de l'Eglise, el des hommes apostoliques, que leur mérite élevoil déjà dans le Ciel, quoique leurs corps les retinssent encore sur la Lerre. C'est ce qui les fil choisir tous deux par une assemblée des Evoques des Gaules, pour aller f en 129 dans la Grande-Bretagne combattre l'hérésie Péiagienne, comme nous l'avons rapporté j)lus au long en parlant de S. Germain d'Auxerre.
tïu. ibid. p. iî9. ' S. Loup de j'eiour de ce voïage, reprit le gouvernement de sou Eglise avec sa première application; n'instruisant pas moins son peuple et son Clergé par ses exemples, que sur 29.juLp.39i. par ses discours. ' Il avoit toujours devant ses yeux les règles de l'Evangile, pour y conformer sa conduite. L'usage qu'il faisoit de ses revenus, etoit de les eraploïer libéralement à nourrir les pauvres et à racheter les captifs. Aux travaux de l'Episcopat il sçavoit joindre les plus grandes austérités, ne mangeant que de deux ou trois jours l'un, de deux nuits en passant une toute entière en oraison ; portant toujours le ciliée ; et couchant durant plus de 20 ans sur un ais. Quelque éclatante que fût déjà une vie . 4. :;. g. si sainte, Dieu voulut encore la relever d'avantage, ' en
communiquant au S. Evéque le don des miracles. En 451 g. 4. 'il conserva par ses prières la ville de Troïes au milieu
des ravages d'Attila; et sa vertu imprima un si grand respect sur le cœur de ce Prince cruel et barbare, qu'il crut que ce seroit un avantage pour lui et pour son armée, d'avoir quelque temps le Saint près de sa personne. Il le mena donc jusqu'au Rhein en s'en retournant, puis le renvoïa à son Eglise.
Tiii. ibid. p. i3i. ' Cette pieté éminente se trouvoit réunie en la personne sid. i. 4.>p.n.p. de S. Loup avec la science des SS. Docteurs. ' Quelques ques- ~79' tions qu'on lui pût proposer, il étoit comme impossible,
selon le témoignage de S. Sidoine Evêque de Clermont, i. 9. ep.n.p. 590. d'épuiser la source de sa doctrine. ' Il conserva toujours de 59i- l'amour pour les belles pièces; et il en sçavoit fort bien ju-
ger : de sorte que les plus habiles redoutoient sa censure aussi bien sur les règles de l'éloquence, que surlacondui-
i ' On trouve à ce sujet des erreurs deux voïages en 446 et 478. Il est néan-
Mor. L. p. 254.1. grossières dans la nouvelle édition de Mo- moins certain que S. Loup ne fit qn'une
reri. Le première fait faire à S. Loup deux seule fois ce voïage, el qu'il le fit dès 429.
voïages dans la Grande-Bretagne avec S. Voïez l'article de S. Germain d'Auxerre. Germain d'Auxerre. La seconde place ces
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le des mœurs. Il se plaisoil à produire ci à Paire parler les |7 .
sonnes de letres, quoiqu'elles tâchassent de se cacher, et lorsqu'il en sçavoil qui se tenoienl dans l'obscurité, -oit par l'amour du repos, soil par crainte ou par modestie, il étoit ingénieux a le manifester ci les faire connottre an public. Dans les livres mêmes des autres qui lui tomboient p. »i entre les mains, il étoit exact a corriger lis moindres défauts, ci jusqu'à la ponctuation. Ce fui par lant de grandes qualités qu'il mérita d'être toujours préféré aux autres Prélats, avanl même qu'il les précédât par l'ancienneté.
Saint Loup, aïant pa-><é .'>? an- dan- l'Episcopat, alla sur.29.jui.p ensuite recevoir «le .!. G. la récompense de tant de travaux, dont il laissoit à la terre cl l'estime et l'exemple. 1 e lut sans doute dans Tannée &791e29' de Juillet, auquel rai. a»w. p. 117. jour son nom se lit dans les Martyrologes de S. Bede, d'Usuard, d'Adon, et dans les autres plus anciens. Le vénérable Bede cite une hymne faite en son honneur. 'Dès le VI siècle, l'Eglise où son corps reposoil à Troïes, g T- -'• Conf- *'• y portoit son nom. " Depuis elle a clé transférée dans la ■ tui'. ibid. p.i». Ville et convertie en un Monastère de Chanoines réguliers, où l'on garde encore ses reliques.
'Nôtre S. Prélat étoil lié d'amitié avec S. Euphrone Eve- Conc.t.4.p.i<M8. que d'Autun, auprès duquel il passa quelque temps ; mais il l'étoil encore plus particulièrement avec S. Sidoine Evêque de Clermont, comme il paroil par le commerce de letres qui étoit entre eux, quoique fort éloignés l'un de l'autre. Les expressions manquent à celui-ci, lorsqu'il entreprend de faire l'éloge de S. Loup. ' Il le représente com- sa. 1. e. ep.i.p. me un nouveau Moyse, ' comme un second S. Jaques, com- p. 377. me une sentinelle de la charité, qui élevé aussi bien que S. Jaques sur le thrône de la véritable Jérusalem, veilloit sur tous les membres de l'Eglise; qui étoit capable de consoler tous les foibles, et digne d'être consulté de tout le monde. Les Evèques mêmes se soùmettoient avec respect à ses avis ; et son Jugement étoit pour eux une décision absolue. Aussi S. Sidoine ne craint pas de le qualifier le Père et l'Evèque des Evèques, le premier sans contestation de tous les Prélats, non-seulement des Gaules , mais généralement de toute la terre. 'S. Eucher qui l'avoit pu connoître à Lé- gjeh- ai. aa. p* rins dit, en faisant allusion à son nom, qu'il nous représente ce Loup mystique de la Tribu de Benjamin.