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Professeur des belles Lettres,
Cl. M. ad. Sap. p. 'n A P A U D E , l'un des pins sravnnls hommes de son
Sp5loSidP.S983;5, Hlemps, * étoit citoïen <!<■ la \ ill<i de Vienne, où il en- • ci.h. ibid. p. seisrnôit la rhétorique avec un grand concours de disci- >• p. 537. pics, après le milieu de ce siècle. b II descendoit dune
Famille , qui depuis plusieurs générations faisoit profession de posséder les sciences, el de les enseigner aux autres, p. 537.538 'Ce sont ces deux motifs dont Mamerl Claudien , son ami
particulier, se servoit pour animer Sapaude à s'appliquer de plus en plus à cultiver, et à faire fleurir lesletres. 'Pour y réussir avec plus de succès, Claudien lui conseilla de laisser les auteurs modernes, qui ne sont, dit-il, remplis que de niaiseries et de puérilités , ci qui par des cadences étudiées, des tours guindés, et des laçons de parler affectées énervoient la véritable éloquence. A leur place il l'exhorta à lire Nœvius et Plante pour l'élégance , Caton pour la gravité Varron pour l'érudition Graçchus pour le i'cu et l'élévation, Chrysippe pour l'arrangement, Fronton pour la pompe du discours, Ciceron pour le fonds de l'éloquence, ad eloquentiam capessendam.
p. sac. 'Sapaude sçut si bien mettre cet avis à profit, qu'avec
la subtilité de sou esprit , sa facilité à s'énoncer, et son application à étudier en particulier, et à enseigner en public, il fit revivre dans les Gaules les bonnes études, qui y étoient pour lors presque entièrement éteintes. Claudien ne fait pas difficulté de dire, que sans cette vigueur que leur rendit Sapaude, il étoit sur le point de faire leur v 537. épitaphe. ' Il proteste que ce n'est point par flatterie qu'il
parle de la sorte ; étant aussi incapable de flatter, que le mérite de Sapaude avoit peu besoin d'être relevé par de fausses louanges. Il n'a, dit-il, en vue que de rendre justice aux travaux de son ami et à la beauté de ses discours qui par leur force et leur douceur semblable à celle des anciens Grecs, apportoient un remède salutaire à la décadence des letres.
8APAUDI - PR01 l SS, DES Bl LU S II M;l s m ,
• • m ainsi que Marner! Claudiea*, cel écrivain li cela» bre, parle d( Sapaude dam une letw qu'il lui écrivit tvanl
l'.iu iTi. ii que M. Baluze uoua ;i donnée depuis peu d'années, Ce qu'il y dil de son mérite, t'accorde parfaitement avec ce que noua en apprend S. Sidoine, autre ami de Sapaude et son contemporain. Sapaude, selon sui. a».
avant Eveque, possédoil toutes les beautés de I ancienne éloquence; et sa manière d'écrire étoit si excellente, que personne lemps-là non-* ulemenl ne le surpassoit, mais même ne l'égaloit en ce genre de lilerature. 11 réunissoit en sa personne le feu de Quinlilien, l'élévation el la majesté de Pallade, le bel ordre de Palémon, la gravité de Gallion. la fécondité de Delphide, la régularité d'Agi ius, l'énergie d'Alcime, la délicatesse d'Adelphe l, l'eiaclitude d'Arborius, la douceur de i Victorius.
Tant d'éminentes qualités acquirent à Sapaude raffec- p. lion et l'estime de Pragn ace, autre homme de 1< et de la première considération <:ans les Gaules. Si n en créions S. Sidoine et Cîaudien, Sapaude étoit alors n>id i
s :1 dans les Gaules, en qui Ion vit quelques de l'érudition et de l'exactitude des anciens : ' et il n'y sa. p,. i avtiit que Pragmace qui l'imitât. Si quelque autre donnait à la belle latinité, il en avoit l'obligation à l'union de ees deux Scavants, qui lui en inspiraient le désir, comme ils lui en montraient l'exemple; et si quelque autre, ajoute S. Sidoine, avoit quelque sentiment d'humanité, et du goût pour les bonnes choses, il souhaitait de s'unir h ces deux Scavants, et de faire le troisième avec eux.
Sapaude eut l'avantage sur Pragmace de travailler plus que lui. à faire refleurir les sciences par le grand nombre
; l. S. Pierre Cbrysologoe Pet. Chry. Scr.
Gaulois: et il semble par-là qu'il ait été dan- un - - rmona pari-' avec de 136.
Gaulois lui-même. Mais nous ne trouvons cran.]- ,;i ges d'an Adelphe Eveque. qui
rien autre chose pour son histoire. >\iva- selon lui le précédoit pour le ran;: et de- av. in S:<1. p. 346-
ron sur cet endroit de S. Sidoine remarque, vaut qui il prononçait ce sermon. Adelphe
Qu'une ancienne inscription fait mention deToil parier après lp Saint. On trouve un
.un Claudius Adelphins, el qu'il s- trouve autre Adelphe parmi I pu assis-
un Adelphe consul arec Martien en 4SI. Il lèsent au premier Concile u'Arles en 314. j^j xir \\] ,. 5
croit que ce dernier Adelphe étoit 1- mari Au reste on ne scauroit dire précisément no,
de la célèbre Proba Poète. ' Mais d'autres quel est l'Adelphe, que S. Sidoine a eu en
font observer que S. Isidore de Seville, vue dans cet endroit. sur la foi duquel Savaron l'a avan-.é. s'est
R r r ij
V SIECLE
500 SÀPAUDE, PROFESS. DES BELLES LETTRES.
ci. m. ad. sap. p. ('r disciples qu'il y formé. ' Il imitôil ces mieres abeilles, «[m parcourant les Meurs le plus suaves en tirenl le suc, pour en remplir leurs niions, el en nourrir leurs petits. De niènie Sapaude lisoil les meilleurs ailleurs, en choisissoil les plus beaux endroits, puis en formoit des raïons d'éloquence, donl il nourrissoit ses disciples, qu'il cherissoil comme ses enfants. Ensuite celle jeunesse ;iinsi abreuvée du nectar i\r* sciences Greques, connue d'un miel AttiqUe, si-tôt qu'elle commeneoit à prendre l'essor, iravailloil à son tour à former elle-même des raïons d'éloquence.
OllATEUK.
sm. s. 1.8. op. 9. 'riLAvns Ricetius étoit un personnage d'un p' ,0>s' JL mérite extraordinaire, et l'un des plus judicieux et
not. p. io58 des plus éloquents hommes de ce siècle. li fut d'abord Avocat, puis Assesseur du Préfet du Prétoire. Le P. Sirmond le fait Lyonois : ce qui s'accorde fort bien avec Sav.inSid.p. 181. ce que S. Sidoine nous en apprend. ' Savaron au contraire prétend que la famille des Nicels étoit d'Auvergne, où l'on voit encore un bourg de son nom , appelé Nicer. Sid.ibid | not.ibid. Quoi qu'il en soit, ' on convient que Nicet étoit d'une naissance distinguée, étant sorti d'une famille de Sénateurs. S. Sidoine, lui donne tout ensemble les titres de Clarissime, de Spectable, et d'Illustre, qui étoient les trois degrés d'honneur, que les anciens reconnoissoient parmi les personnes qualifiées. Nicet portoit le premier titre par le droit de sa naissance. Ses charges d'Avocat et d'Assesseur le mettoient de niveau avec ceux que l'on qualifioit Speclables; et son mérite le rendoit digne du titre d'Illustre.
Sid. ibid. p. 1059. ' Sidoine étoit encore tout jeune, lorsque Nicet se dis- 1061, tinguoit déjà par son éloquence à parler en public. Il le
faisoit toujours avec succès, et un applaudissement général : aussi possédoit-il toutes les grandes qualités, qui font les bons Orateurs. Il n'étoit pas moins versé dans la Juris-
NICET, ORATEUR. 501 v .__.,
prudence, qu'habile dans l'art de bien parler. Sidoine cite une occasion particulière, où il se lit beaucoup d'honneur par la connoiasance qu'il montra avoir de cette science des Lois. Ce qui i <l«-\ < »ii beaucoup son mérite, c'es( qu'il joignoif a tous Bes talents une modestie et une pudeur admirable.
11 lui toujours lit'' d'amitié avec S. Sidoine, qui bien qu'avancé déjà dans L'Episcopat, et déjà arrivé à la réputation de Sçavanl du premier ordre, faîsoil tant de i-s "ii' (-11- Nicet, qu'il avoue que l'approbation de ce grand homme le flattoit agréablement, el lui inspi- p. h roit un nouveau courage pour travailler. En effet, S. Si- p. iow. doine aïant publié une partie de ses letres depuis son Episcopat, Nicet en avuit porté un jugement très-avantageux, et avoit dit que leur auteur surpassoil en plusieurs -vnres d'écrire, non-seulement la plus grande partie des
v. tnts de son siècle, mais encore beaucoup des Anciens.
. Sidoine regardoit ce témoignage rendu en sa faveur, p 1057. ioss. comme lui étant aussi honorable, que l'avoit été à César celui que lui rendait Cicéron, en relevant au-dessus de tous les autres hommes. Si ce jugement est vrai, dit S. Sidoine lui même, je m'en réjouis à cause de l'autorité d un si grand homme : s'il est feux, il ne laisse pas de me faire plaisir, parce qu'il m'est une marque de son amitié. Au rester quoiqu'il eût quelque sujet de le craindre, sentant bien qu'il etoit au-dessus de la vérité, il ne diminua rien de sa vénération singulière pour celui qui l'avoit port'', et qui passoit pour tenir le premier rang entre les gents de letres de son siècle.
' Le même S. Sidoine voulant en quelque sorte rendre u»d. • la pareille à Nicet, dit que dans sa jeunesse il avoit assisté à plusieurs de ses actions publiques, où il avoit brillé avec éclat. ' Il en rapporte une en particulier, qui p- îoœ-iwi. fit à Nicet un honneur extraordinaire, et dont S. Sidoine fut lui-même témoin. À la cérémonie du Consulat d'Astere, qui se fit, ce semble, à Lyon l'an 449, toute l'assemblée se tournant vers les premiers Avocats, qui étoient ordinairement les Orateurs de ce temps-là, leur dit qu'il falloit honorer cette fête le lendemain matin par un panégyrique digne du nouveau Consul. Aussi-tôt tous les Avocats jetterent les yeux sur Nicet, qui étoit présent,
\ SIBOLI
502 NICET, nu AT Kl (;.
el le ohoisirenl lou! d'une voix pour l'exécution de cette pièce publique. Nioel ne répondil à cet honneur que par une extrême modestie, qui servit autant que son éloquenoe a lui attirer les plus grandes acclamations, Le jour venu il parut < n public, et parla avec 88 suffisance ordinaire, en joignant la gravité à l'action, la foire du raisonnemenl à une plus grande éloquence, et à toutes ces qualités un ordre et un arrangemenl qui surpassoient toul le r< sic
p, H,,,, En d'autres rencontres il ne se ût pas moins admirer
au sujet de la loi de la prescription de 30 ans, qui apportait ue grands retardement» dans l'expédition des affaires. A\;ini que cette loi fût connue dans les Gaules, Ni* cet en avoit développé le premier dans le Barreau i(>"* les principes et toutes les conséquences : ce qui lui attira
p, „„ij. de grands ('loges. ' Un sçavoir si profond soutenu par tant
d'autres belles qualités, acquit à Nicel l'estime de tout le monde, qui le regardûit comme un Magistrat du premier ordre. Un Préfet des Gaules qui fut ensuite Consul, avoit en particulier une si haute estime de son mérite, qu'il ne faisoit rien que par son conseil. Enfin S. Sidoine assure qu'il ne reconnoissoit rien en la personne de Nicel, qui ne fût digne de son admiration, et qu'il n'eût souhaité de posséder lui-môme.
Tm.H,E. i. lu. Nicet paroit avoir vécu jusqu'au-delà ' de l'an 477, auquel
p- 27°" S. Sidoine faisoit son éloge, comme d'un homme qui vivoit.
s. i. 3. eP. i. ].. encore. Ainsi il est différent d'un autre ' Nicet, dont Avite ami
909 • de S. Sidoine avoit hérité dès i73, ou 474,
SECONDIN,
Sid s 1 2 ep m Q ^ (: o .n n i n Poêle célèbre, lleurissoit au mémo p/897. O temps que l'Orateur Nicet dont nous venons de don-
T|1I H ,, 6 ner l'éloge. ' Il éloit de Lyon, qui a produit tant d'autres p- 262. poëtes en ce siècle, ou d'un pais peu éloigné. Il paroit
qu'il faisoit sa demeure dans celte Ville, lorsque les Bour- Sid. i. s. ep.8.p. guignons s'en furent rendus les maîtres. ' Les poésies de
Secondin faisoient l'admiration des gents de ietres, et
SECONDIN, POETE. :;n:t
\ si n: i i
lui acquirenl une très-grande réputation. Il excelloit surtout dans la description <l«'s chasses roïales, dans l'épithalame, et la satyre. Il avoil pour ce dernier genre de poesie en particulier un talenl exquis : ce que S. Sidoine exprime par ces paroles énergiques, que l'on auroit beaucoup de peine à rendre en nôtre langue, en leur conservant toute leur force : ferventis fulmen ingenii et eloquii sal-
SQ liber Ins.
Les dissentions qui régnoien! entre les Princes des p ■ Bourguignons, fournirent à Secondin une ample matière pour exercer sa veine poétique. Il composa à ce sujet quelques satyres, dont S. Sidoine son ami et déjà Evêque . faisoit l'élogo vers 17 7. On croit que cessatyres re- not. p. 979 gardoient les meurtres, que Qondebaud Roi de Bourgogne âVoil commis en faisant tuer Chilpéric el Gondemar frères, et noïer la femme de Chilpéric sa belle-sœur. ( pourquoi 'S. Sidoine compare ces satyres de Secondin à s..i. 11.1,1. celles du Consul Ablave, dont il rapporte un distique fort piquant contre l'Empereur Constantin , au sujet de la mort tragique de Fauste sa femme, et de Crispe son Bis atné.
Secondin fut aussi un (V'< poètes, à qui S. Patient Eve- L9.-ep.io. que de Lyon s'adressa pour avoir des vers, afin d'orner l'Eglise qu'il avoit fait bâtir dans Lyon même ' fort près not. p. m. de la Saône , et que l'on croit être celle de S. Etienne. 'S. Sidoine et Constance Prêtre de Lyon aïant été priés s. 1 . i\»\. de faire aussi des vers, pour décorer la même Eglise, le premier témoigne ne l'avoir exécuté qu'en tremblant , parce, dit-il, qu'il avoit sujet de craindre de voir de ses poésies, mises en parallèle avec celle de ces deux habiles Poètes . dont les pièces éclypsoienl les siennes. Les vers que Secondin fit en cette occasion , étoient hexamètres, et se voïoient aux cotés de l'Autel de cette Eglise de Lyon. ' On avoit dans le public bien d'autres pièces de 1.5. ep.s. p.Sfs. nôtre Poëte , comme il paroit par S. Sidoine; mais il ne 8 nous en reste plus rien aujourd'hui. Seulement nous avons du même S. Sidoine à Secondin une letre, qui est la S" du o" livre, écrite vers l'an 477
\ SIECLE