‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 274 sur 384 · V SIM I I · texte numérisé non relu

V SIM I I

.lu SEVERIEN, POETE ET RETHEUR.

Nec Ista sola buuI perita pectora, Licel el peritis hœc peritiora sint.

Severianua ista Rbetor altius.

On voit par-là que Sévérien joignoil à la profession de

Say. inSid.p.eii. Poète, celle de I î ln'hn r, qui consistoit <« enseigner les

sid.car.n.v. sis. belles letres et les préceptes de l'éloquence. ' Encore en cet

arl Sévérien ne cedoil S personne, et passoit même pour

comparable à Quintilien, au jugement de S. Sidoine

El sic Bcribere non minus valentem, Marcus Quintilianus ut solebat.

Sav.ibM.Fab.bib. On trouve un Julius Severianus, qui a écrit un traité iat. app. p. 103. ^ ]'ar£ ^g ja Rhétorique, adressé à Didier son ami, et imsir. in Sut. p. primé plusieurs fois. ' Le P. Sirmond croit sans difficulté, f,n que cet Auteur est le même que le Rhéteur dont nous par-

lons ici; et nous ne voïons rien qui contredise cette opinion, sid. s.i.a.ep. s. Didier à qui l'écrit est adressé, pourroit fort bien être ' ce p' 89°* Désiré, homme de letres, à qui S. Sidoine adresse la 8e letre

de son second livre ; car Didier et Désiré n'est proprement Fab. ibid. ■ qu'un même nom. ' L'Ouvrage de Sévérien est intitulé Syntomata siveprœcepta artisRhetoricœ, et recueilli sommairement de divers Auteurs. Il fut imprimé pour la première fois par les soins de Secundus Curio, qui le joignit aux Partitions de l'Oraison de Cicéron. Ensuite Luc Fruterius l'aïant revu, Jean Dousa prit soin de le faire réimprimer à Anvers chez Plantin, Tan 1584 en un volume in-8% avec quelques écrits qu'avoit laissés le même Fruterius. Ce p. 101. 103. traité est plus ample et plus correct ' dans l'édition qui en a été faite à Paris l'an 1599 en un volume in-4°, parmi les anciens Rhéteurs tirés de la Bibliothèque de François Pithou, depuis la page 302 jusqu'à la 312.

s SU i n

El , Ql l D*Aw -

On ne sçail rien de Léonce jusqu'à son Episcopat. On re même le temps précis auquel il y fui èl< Quelques manuscrits portent qu'il l'ut ordonné Evêque Gau.chr.aoi i d'Arles après Augustal Tan 156. a monuments ''• m' ■*•

sonl pas d'une g lutorité, pour mériter que

s*] arrête; e! il \ a toute apparence qui- Léonce suc-

immédiatement a Ravenne. comme nous avons dit

en parlant de <•<■ dernier. Au moins il esl certain que conc 4 i p ira

:upoit v avant le 25e de Janvier 4ï>2. Nous avons encore une letre de même date, que le Pape Ililaire lui écrivit en cette qualité . pour lui donner avis i promotion. Il le prie de faire part de cette nouvelle aux auti - I ques de sa Province , afin qu'ils réunissent tous ensemble et leur joie et leurs prières pour toute l'Eglise.

pendant Léonce qui étoit ami particulier de ce Pa- ibid. avant que d'avoir reçu cette letre . lui en écrivit P. îcuo. une la même année , apparemment au mois de Février,

sitôt qu'il eut appris par Concorde Diacre de l'Eglise p. i . d'Arles qui étoit alors a Home . l'élection d'Hilaire. Léonce dans sa letre . dont nous parlerons ensuite plus au long, témoigne au nouveau Pape la joie qu'il avoit , de le sçavoir élevé sur le S. Siège. Us renouvellerent ainsi leur ancienne union; et Hilaire fut attentif a en donner à l'autre des marques éclatantes en toutes les rencontres.

toit en grande réputation et en une haute Rur. i. i. eP. 15. estime parmi les personnes de pieté. Il possédoit le ta- Faust, ad. Fei. P. lent de porter à la vertu d'une manière très-efficace . tant KM' " par ses exemples que par ses exhortations. ' S. Sidoine si.i. s.1.6. eP.3. loue son érudition et sa pureté de conscience. Il recon- P- lu0°noit qu'il avoit bien d'autres avantages au-dessus de lui, comme l'ancienneté de l'âge et de l'Episcopat , la prééminence du siège , avec la réputation d'un homme de sçavoir. C'est pourquoi il se plaint de ce qu'il ne lui avoit

Y SIECLE

51? LEONCE,

pas encore communiqué quelquea goûtes de la rosée de cette doctrine, que Dieu avoil versée en son aine, afin d'arroser la sécheresse que lui laissoit l'ignorance qu'il apportoil du siècle dan-; l'Episcopat.

Plusieurs autres grands hommes de la fin de ce siècle, ne faisoienl pas moins de cas que S. Sidoine , du mérite et de la vertu de Léonce. Félix, qui de Patrice, comme nous dirons, étoil devenu humble serviteur de J. C. se retira

Faust, ibid. à Arles, ' auprès de ce pieux Evêque , pour profiler de ses

instructions, el s'animer à la pieté à la vue de ses exem-

Rur. ibid. pies. ' Rurice , illustre par sa noblesse, et encore plus par

sa pieté, qui fui depuis Evêque de Limoges, souhaita d'avoir le même bonheur , et attribua à ses péchés divers obstacles qui l'empêchèrent d'en jouir. 11 ne laissoit pas néanmoins de l'aimer et de l'honorer comme son père ; et Léonce aimoit réciproquement Rurice comme son fils.

conc. t. 4. p. 1038. ' Nous avons diverses letres du Pape llilaire à Léonce, où l'on voit et quelle estime il avoit pour sa capacité, et quel fonds il faisoit sur sa vigilance, pour le maintien de la discipline dans la plupart des Eglises des Gaules. La

p. ioi3. io4t. principale affaire dont il le charge par ces letres, ' fut celle

p. io4o. de S. Mamert de Vienne , ' qui contre les derniers règle-

ments de S. Léon avoit ordonné un Evêque à Die en 463. Elle fut le sujet de la convocation d'un Concile , comme nous avons dit plus amplement ailleurs; et ce fut Léonce qui y présida. L'Evêque d'Arles étoit déjà en possession

p. ion. îou. ' d'assembler le Concile des cinq Provinces , qui sont la Viennoise , la première Lyonoise , les deux Narbonoises

p. io;2. 1044. et les Alpes. ' Hilaire confirme ce privilège à Léonce. 11 lui laisse le choix du lieu et du temps de ces assemblées, qu'il veut que l'on convoque tous les ans. 11 lui commet aussi le soin d'y inviter les Evoques, et d'en écrire aux

Tui. h E.t. îo. p. Métropolitains, pour les avertir de s'y trouver. ' Quoi^ qu'il ne dise rien du droit d'y présider , il semble cependant par une suite bien naturelle le donner à Léonce ; aussi l'usage l'attribuoit à l'Evêque d'Arles.

Selon ces règlements Léonce auroit dû avoir assemblé, et présidé à un grand nombre de Conciles , durant un Episcopat de plus de 20 ans. Mais on ne nous a conservé la mémoire que de celui qui se tint sur l'affaire de S. Mamert,

EVÊQUE D'ARLES. 5là

mert, <'t d'un autre qui fut assemblé à Arles, comme (;,„„ , t ,„„. l'on croit, en il-"», touchant la grande affaire du Prêtre Lu- ,llliciilc Léonce j présida; ei après la tenue du Concile, il i .„ . .-. 1 Léon. p chargea Fauste Êvêque de Ries, s'il faul s'en rapporter à B Pauste même, de rédiger par écrit les questions qui avoienl été agitées dans cette assemblée. Pauste saisi! cette occasion favorable à *>n dessein, et composa ses deux livres sur la - I le libre arbitre. Il les adressa ensuite à

Léonce après le Concile de Lyon, qui y fît ajouter cer- P. 544.1. laines choses. Mais on ne trouve point ni que Léonce les ait approuvés, ni qu'il ait assisté, encore moins présidé à ce dernier Concile.

' 11 paroi! qu'il vivoit encore en 483 durant l'exil de ad Fei. p. 55«. 2. Fauste. Car c'étoit alors cpie le Patrice Félix demeuroit auprès de lui , comme Ton voit par la letre de Fauste à Pelix. Mais il semble qu'il -toit mort en 484; puisque thi. p 38. Kurice , qui fut fait Evèque de Limoges vers ce tempslà , écrit sur la mort du même Léonce ' à .Eone son sueur, sans prendre le titre d'Evéque. Mais il ne mourut apparemment que sur la fin de la même année 484, vers le même temps qu'Euric Roi des Goths, qui ne souffroit point que les Catholiques eussent d'Evêques. Car autant que l'on en peut juger par celte luire de Kurice , il n'y eut point d'intervalle considérable entre sa mort et l'élection de son successeur. ' Cette mort causa à Rurice une k»< i. i. ep- '•> douleur extrême. Il ne s'en consola que par la confiance où il étoit , que ce grand Prélat l'aïant aimé avec une tendresse paternelle durant sa vie , il continueroit toujours de l'assister par son intercession après sa mort.

Il est certain que la dignité d'Evéque d'Arles , jointe à l'inspection sur quatre autres Provinces, dont Léonce étoit chargé , l'engagea à écrire un très-grand nombre de letres, et à faire divers autres écrits. On doit dire la même chose de son union particulière avec le Pape Hilaire, 'et de la prière qu'il lui fit dès qu'il fut sur le saint Siège, conc.t.4 p ioso qu'ils pussent s'écrire souvent l'un à l'autre. Cependant de tout ce qu'il a eu occasion d'écrire, et de tout ce qu'il a écrit réellement , il ne nous reste qu'une ' letre à ce Pape Sp»c. 1 5. p 5-8. en date de Tan 462. C'est pour lui témoigner sa joie de 5l9' le sçavoir sur le siège de S. Léon , et pour entretenir l'an-

< On lit Fau$te dan- le texte de H. de Tillemont; mais il faut lire Léonce.

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