‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 273 sur 384 · S. PATIE · texte numérisé non relu

S. PATIE

\ s i ECLE.

el même en un endroil après S. Euphrone d'Autun Buffragant de Lyon : ce qui donne sujet de douter que <•<• snii p lou nôtre Saini Evêque. 'On prétend aussi que peu de temps

après ce Concile d'Arles, il s'en tint un autre à Lyon sous S. Patienl : el l'on rapporte à ce Concile ce qui se lit dans un manuscrit, que S. Patient produisil le livre des Dogmes Ecclésiastiques; ce que l'on croil devoir entendre du livre que Gennade de Marseille a fait sous ce faire. Mais on a vu ailleurs que cette opinion ne peut se soutenir.

toi. ibid. p. ioj. ' La fête «le S. Patient es1 marquée au 11° jourde Septembre dans lus additions d'Adon , et dans divers nouveaux Martyrologes. Comme l'on ne sçait poinl précisément en quelle année il commença son Episcopat , on ignore de môme en quelle année il le finit. 11 y a néan- 6aii.Chr.vet. 1. 1. moins de l'apparence qu'il vêquit jusques vers 480. ' Un ?c2c. t. i. P. mi donne pour successeur S. Lupicin , a qui étoit mort 1259. t26o. ayant le 22e jour de Février 494 , auquel temps S. Rustice

ou Rustique étoit dès-lors Evêque de Lyon.

S H- SES ÉCRITS

ivers Auteurs attribuent à S. Patient quelques opuscules , que d'autres ne croient pas néanmoins être

Mir. auct. c. us. de lui. ' Aubert le Mire après Papire Masson, lui donne l'Homélie sur le martyre de S. Genès d'Arles , que nous avons dans Surius au 26e jour d'Août , et parmi les Homélies qui portent le nom d'Eusebe d'Emese, dont elle est

tïl h .e. t. îe.p. la 50e. 'Cette Homélie passe pour une pièce fort belle et

Ray. t. 8. p. 1671. bien écrite. Mais ni Papire Masson , ni le Mire , ' ni le P. Théophile Raynaud , qui croit aussi la devoir donner à

TiU- ibid- S. Patient, 'n'allèguent point de raison particulière pour

établir leur opinion ; et d'autres , comme nous l'avons remarqué, attribuent cette même Homélie à S. Eucher, et nous avec plus de probabilité à S. Hilaire d'Arles.

Quoi qu'il en soit de cette Homélie sur S. Genès, nous ne croïons pas que l'on puisse refuser à S. Patient, au moins une autre de ces mêmes Homélies attribuées à Eu-

t. 6. p. 3u. 3i5. sebe d'Emese , ' dont la plupart sont reconnues aujourd'hui

KVÊQU1 Dl I . ON 507

v SIECLE

pour être des Sermons de divers Evêques de dos Gaul -

en ce siècle. Cette Homélie est la 18* sur ces paroles du Bob. boa. «t.»

quam bonum et quant jucundum. Pourpea d'attention que l'on veuille bien faire et aux circonstances dans lesquelles s'est trouvé S. Patient, et au sujet dont traite cette Homélie, on se persuadera sans peine qu'elle < si de nôtre S. Evêque. De son temps la Ville de Lyon étoit sous la domination des Bourguignons, qui suivoient, comme nous avons dit, les erreu Photiniens et des

Ariens, et un grand nombre desquels S. Patient ramena à la foi Catholique. (>r [a 18 Homélie donl il est ici p. s», ai. question, est toute entière pour combattre l'erreur la plus des Photi&iens, qui consistoil à croire que J. C. étoit venu au monde par les voies ordinaires, et n'étoit point coéternel avec Dieu le Père. Il peut sans diffirullé y avoir d'autres ies de S. Patient, parmi celles qui

portent le nom d'Eusebe d'Emese; mais nous n'avons ni preuve positive pour l'assurer, ni moïen de les discerner - lutres. On peut toutefois le présumer en particulier de celles qui combattent les mêmes erreurs que la 48e.

DOMNULE,

QUESTEUB DE L'EMPIRE.

L'afrique fut le pais qui donna naissance à Domnu- sid. s. 1.9. eP. le . et les Gaules le Théâtre, où il brilla par son l5' p' lu9" esprit et son érudition durant l'espace de 40 ans. ' Il se Léo. t. 1. P. no. retira d'aburd à Arles, comme il paroit, du temps de c' I1- S. Hilaire Evêque de la Ville. 11 étoit du nombre de ces Seavants qui se plaisoient à assister aux prédications du Saint Prélat, et dont la présence l'engageoit à relever son style, afin qu'en parlant devant eux d'une manière digne de leur sçavoir. il les rendît plus attentifs aux vérités qu'il annonçoit. Domnule, comme les autres, en étoit si touché, qu'il ne pouvoit se lasser d'admirer la Doctrine, et l'éloquence extraordinaire du Saint Evêque.

L érudition de Domnule lui procura la charge de sid. car. 14. pr.P. Questeur de l'Empire; on ne dit pas sous quel Empereur. ig>°- 1 eP- n"'- p

S s s ij

508 DOMNUL

V SIECLE

Il semble néanmoins qu'il joùissoit, ou qu'il avoit déjà

i.oo, ii.,,1. joui, de cel honneur vers loi. ' S. Honorai de Marseille

dans la vie de S. Hilaire d'Arles, nomme Domnule avec Eusebe el Silvius, entre ceux qui en ce siècle s'étoient rendus célèbres par leurs écrits. Mais il ne nous reste plus

siii. i. o. «•!•. is.p. rien de cel écrivain. Il paroîl qu'il avoit un talent par-

MIS- iil9, ticulier pour la poésie. S. Sidoine, son ami particulier, qui parle souvent de lui, et toujours avec éloge, après avoir nommé en un endroit le Ministre Léon, et Conseuce le jeune, comme deux des plus illustres Poëtes de ce temps-là, fi deux personnes sçavantes dans le grec, il leur joint, aussi-tôt Sévérien el Domnule. Il ne fait pas difficulté d'avouer que ce dernier écrivoit avec plus de délicatesse, et réùssissoit mieux que lui-même dans la poésie. A fer, vaferque Domnulus politius .

1.9. pp. i.i. p. îiio. 'Domnule fut un de ces quatre célèbres Poëtes, dont

,m' nous avons déjà parlé dans I l'éloge de Lampride, et que

l'Empereur Majorien avoit assemblés dans une des Villes des Gaules, où il avoit alors sa Cour. Les trois autres étoient S. Sidoine, Lampride et Sévérien. Se trouvant chez un de leurs amis qui leur donnoit à manger dans la même Ville, ils composèrent sur le champ chacun un poëme, à la louange d'un livre de la façon de Pierre Secre-

car.u. pr.p.m9. taire de cet Empereur. ' 11 paroît que Domnule étoit encore un grand Philosophe ; puisque Sidoine le prend avec le Consul Magnus, et Léon Ministre d'Euric, pour juge dans les matières les plus abstraites de la Philosophie. Mais ce qui est un plus grand sujet d'éloge pour Domnule, c'est qu'il scavoit joindre la pieté Chrétienne à la

i.*.ep.S3.p. 968. science. C'est de quoi ne permet pas de douter ' la coutume qu'il avoit de visiter fort souvent les Monastères du mont Jura. Et S. Sidoine en étoit si persuadé; qu'il crut faire plaisir à une personne, qui cherchoit ainsi par

P. 967. avance une demeure au-dessus de la terre, ' de lui mander

la nouvelle de l'élection de S. Jean, pour remplir le Siège

p. 966. nés. de Châlons sur Saône, 'il montroit par-là qu'il ne dou-

toit point, que Domnule ne se réjouît de sçavoir à la tête de celte Eglise un Prélat, choisi par l'avis de deux aussi Saints Evêques que l'étoient S. Patient de Lyon, et S.

P. 968. Euphrone d'Autun. 'De la manière que lui parle S. Si-

doine dans sa letre, il semble que Domnule faisoit alors

QUESTEUR DE L'EMPIRE. m

V BIEGLI

sa demeure, non dans le Diocèse de Lyon, mais dans la Province, où il pouvoil avoir quelque emploi différent de la Questure, qu'il n'exerçoit plus selon toute apparence.

Nous avons remarqué qu'il s'étoil établi dans les Gaules, dès te temps de PEpiscopat de S. Hilaire d'Arles, qui dura depuis l'an 1-29 jusqu'en 149. Il semble qu'il vivoil i. 9.«p.».p.nifl encore lorsque S. Sidoine publia le 9a livre de ses letres im' vers 182 ou 183. Ainsi supposant qu'il soit venu dans les Gaules vers MO, aïant déjà environ 30 ans, puis qu'on Léo. u>id. le met dès-lors au nombre (](■> sçavants, il aura passé près de 13 ans dans les (laides, et vécu en tout, environ 73 ans.

SEVERIEN,

Poète et Rhéteur.

Sevérien, l'un des quatre Poètes célèbres pour qui sa.s.i. s.ep.w. l'Empereur Majorien avoit une estime particulière, fleurissoit dans les Gaules au même temps que Domnule, dont nous venons de parler. On ne trouve point le lieu de sa naissance ; mais il n'y a pas sujet de douter qu'il ne fût Gaulois de nation. 'Il avoit beaucoup d'élévation, aid. | «p. «. p. et tant de facilité pour la poésie, qu'il faisoit quelquefois des pièces sur le champ. Nous avons déjà fait mention en plus d'un endroit, du poëme qu'il composa de la sorte, h la louange d'un ouvrage du Poète Pierre Secrétaire de Majorien.

' Sidoine avant son Episcopat, faisant vers 470 l'énumération des plus habiles Poètes, qui l'avoient précédé, et qui fleurissaient encore de son temps, y donne un rang distingué à Sevérien, prœstantemque, dit-il, tuba Severianum. De même 'après avoir fait vers 482 l'éloge de Léon Mi- i.9.ep.is.in8. nistre du Roi Euric, et de Consence le jeune, comme des ll19" deux plus sçavants hommes de leur temps, il ajoute qu'ils ne sont pas les seuls beaux esprits, dont le sçavoir fasse la gloire de leur Patrie, et nomme aussi-tôt Sevérien, comme aïant encore plus d'élévation :

car. 0. v. 312

Page 1