‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 281 sur 384 · SES ECRITS PERDUS · texte numérisé non relu

SES ECRITS PERDUS

e que nous venons de dire des écrits de Salvien qui nous restent, doit nous faire juger du prix et du mérite de ceux que l'on ne nous a pas conservés. Il y en a plusieurs de cette dernière classe , dont nous ne connoissons presque que les titres.

Genn. vir.iii.c6-. 1° ' Gennade qui les avoit lus, marque d'abord trois livres De l'avantage de la virginité, adressé à un Prêtre nommé Marcel. Il convenoit fort bien à un homme tel que Salvien , qui avoit gardé la continence dans le mariage, de traiter un sujet de cette nature; et il pouvoit y mieux réussir que beaucoup d'autres , parce qu'il étoit plus en état d'en connoitre tous les avantages.

Genn. ibid. 2° ' Le même Gennade marque en second lieu , ou au

moins donne à entendre, que Salvien composa un écrit adressé à l'Evêque Salone , pour se justifier au sujet de son

Tin. ii»id. p. 193. ouvrage sur la providence. Comme ' il n'est point nouveau que la vérité nous attire la haine et les calomnies de ceux qu'elle blesse sans les délivrer , il aura pu aisément se faire que l'ouvrage sur la Providence , dans lequel Salvien

\ SIECLE

déclame si for! contre le vice . n'aura pas été Irop bien reçu, e1 que l'Auteur aura été obligé d'en faire l'apoloj « l le sens que présentent les paroles dé Gennade , d'ailleurs assez obscures : Etpro eorum meritosatisfactionis, dit Gant», ibid. |not. Gennade après avoir marqué les livres sur la Providence; p ou comme porte l'ancien manuscril de Corbie, pro eorum premio satisfaciendo, <nl Salonium Episcopum. M. Du Pin Du Pin,ibid.p voudroil qu'on lui cet endroit, comme s'il ne faisoit qu'une parti»' du titre du livre précédent, en cette sorte : De presenti judicxo et demerito satisfactionis ad Salonium librosocto.

» 'la seroit clair, et leveroil bien des difficultés; mais il tui. ibid. p. 746. fau droit que cria lut autorisé d'un bon manuscrit. A] tout, si Salvien a composé un ouvrage pour justifier ce- p. 193. lui qui est sur la Providence, comme il paroît assez vraisemblable, il faut dire qu'il est perdu: 'à moins que l'on p. 746. in- veuille avouer' qu'en cet endroit Gennade se sera brouillé, en prenant la letre à Salone au sujet de l'ouvrage contre l'avarice, pour une apologie des huit livres sur la Providence.

3° ' Nous avons perdu aussi un commentaire de Salvien, cenn. c. 67. pour expliquer la lin de l'Ecclésiastique, ' ou de l'Eccle- Tiii.pbio. i dnPin, siaste . comme Erasme et M. Du Pin veulent qu'on lise, Ln. 475. °' Lhr' ' et qu'Adon de Vienne a lu avant eux. L'Auteur l'adi soit à Claudien Prêtre de l'Eglise de Vienne; ' quoique le Genn. ibidj not. texte de Gennade et quelques anciens manuscrits portent à Claude Evêque de Vienne , ce que l'on croit être une faute.

4° ' Nous n'avons pas non plus l'iïexameron , que Sal- Genn. c. 67. vien composa à l'imitation des Grecs , principalement de S. Basile, sur la Genèse, depuis le commencement jusqu'à l'endroit qui traite de la création de l'homme. Le texte de Gennade porte que cet ouvrage étoit en vers , versa : ' mais dans l'ancien manuscrit de Corbie au lieu de ver.su, not. p. 32. on lit qaasi , qui fait un sens fort obscur. ' C'est pourquoi Voss. pœ. iat. p. '\ ossius prétend qu'on doit lire, quasi version , en supposant que le copiste aura oublié le nombre des vers après quasi. ' Un Auteur anonyme dans une dissertation sur la thi. ihid. P. 193. vie et les écrits de Tertullien , croit que cet Hexameron 19i' de Salvien peut être le poëme de la Genèse, qui est parmi les ouvrages attribués à cet ancien Père, et que celui de Sodome qui le suit peut être encore de Salvien , à qui

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néanmoins Gennade ne donne aucun ouvrage sur ce sujet.

Gêna, e 87. •»" Salvien a\oil. compose aUSS) beaucoup d'Homélies

u tel. de op. Léo. pour i\r* \]\ êqu es, qui se trouvant apparemment moins

p-88**888, capables de composer des Sermons, rceouroient à lui

pour s'acquiter de cette partie si importante de leur mi-

Tiii. iiii.i. p. 194. nistere. ' Ils ne faisoient en cela que suivre l'avis, que leur donne S. Augustin dans ses livres de la doctrine Chrétienne. .Mais ces Homélies soûl ou perdues pour la plupart, ou mêlées en partie avec celles qui nous restent de ces temps-là sous la nom d'Eusebe d'Emese.

Cann-ibid. 6°. ' Salvien avoit fait encore un si grand nombre d'au-

tres Homélies sur les Sacrements, ou les Mystères, que

vai>. Ht. i» 2!>. Gennade avoue qu'il n'en sçavoit pas le compte. ' Dom Mabillon croit (jue cela doit s'entendre, ou des instructions sur les Saints Mystères, que l'on faisoit au peuple durant la Messe, suivant l'ancienne coutume des Eglises des

Tiii. ibid. p. 194. Gaules, ou des préfaces de la Messe, ' qui souvent étoient alors fort longues. Mais si cela devoit s'entendre en cette dernière manière , on ne se seroit pas apparemment servi du terme d'Homélies. Ainsi il est plus naturel d'entendre par-la des Catéchèses, que Salvien faisoit comme Prêtre, pour expliquer les sacrements ou les mystères aux Catécumenes, ou même aux Fidèles.

Ha. deHon.p.202. 7°. Nous avons perdu aussi l'écrit, ' dont S. Ililaire d'Arles cite un passage dans l'oraison funèbre de S. Honorât son prédécesseur , soit que cet écrit ne fût peut-être qu'une des Homélies dont nous avons parlé , soit que ce fût quelque autre traité , dont on ne nous aura pas conservé même le titre. Salvien y comparoit S. Honorât au Soleil, disant que ce qu'est le Soleil à l'égard du Ciel , par rapport au beau ou au mauvais temps, S. Honorât l'étoit à l'égard de la Sainte congrégation de Lérins , qui recevoit de lui comme d'un Soleil mystique en J.-C. les différentes impressions de calme ou d'agitation, de tristesse ou de joie.

Estius sur le premier livre des sentences, distinct, n. § 2. prouvant par les Pères Latins, que le S. Esprit procède du Fils comme du Père, cite sous le nom de Salvien un Sermon sur le S. Esprit, autrefois imprimé entre les écrits de S. Cyprien. Mais ce Sermon est un de ceux qui composent le traité d'Arnauld de Bonneval , intitulé , Des œuvres cardinales de J.-C.

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