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ce qui arriva selon S. Prospcr en l'année que nous venons de marquer. On poilITOit dire que Salvien veut niarqm r la prise de Rome par les Gotha en 410; mais il esl plus naturel de l'entendre de la prise qu'en firent les Vandales.
iob. i-i p. i. ' Salvien adressa ses livres de la Providence à Salone dé-
p. 2. ja Evoque, par une préface qui est à la tête.' 11 l'y pré-
vient sur le sujet qu'il entreprend de traiter, et qui au- « roit pu le surprendre, en s'érigeant encore une fois en cen-
seur des vices de son siècle. Il lui dit qu'étant d'un goût bien différent de la plupart des écrivains, qui ne cherchent qu'à faire parade de leur éloquence et de leur style fleuri, sans avoir d'autre vue que de se satisfaire eux-mêmes, il a choisi un sujet, où il pût instruire au lieu de flatter, et remédier aux maux présents, plutôt que de chercher à plaire.
Le dessein de l'auteur est le même que celui du Poète anonyme, qui avoit écrit quelques années auparavant sur la même matière, et dont nous avons parlé en son lieu. Fieu. h. e. t. e. Salvien, comme ce Poète, entreprend ' de justifier la Provip' dence , et de lever le scandale, que plusieurs prenoient
de la misère des Chrétiens dans la chute de l'Empire Romain, et de la prospérité des Barbares tant Païens qu'hérétiques. C'est ce qui l'obligea à s'étendre sur les vices des sujets de l'Empire, et à montrer que la plupart n'étoient Tin. îbid. r. loi. Chrétiens que de nom/ Les malheurs où se trouvoit enveloppé l'Empire Romain , pillé et ravagé de tous côtés par les barbares, qui en avoient emporté les plus belles Provinces, faisoient murmurer contre Dieu , ceux qui aimoient le monde, qui n'avoient pas de foi , ou saw. gub.i.i.n. qui n'en avoient qu'une foible. 'Des Chrétiens même, en P. 36 3' ' ' !!' "' cela peu différents des Païens, n'avoient pas de honte de dire que Dieu ne prenoit pas soin des hommes ; qu'il ne se mettoit point en peine de protéger les bons et de punir les méchants; que c'étoit pour cela qu'on voïoit les premiers dans la misère, et les autres dans la prospérité. Salvien pour repousser ces murmures entreprend d'abord de prouver par la raison, par les exemples , et par les autorités tant des auteurs Païens que de l'Ecriture, que Dieu est présent par-tout , qu'il gouverne tout , et qu'il juge tout dès le temps présent.
PRÊTRE DE I EGLISE DE MARSEILLE, bïl
Après avoir | fondements solides, comme il L 3 n , u
mme lui-même, il emplois I
il-- a décrire les misères temporelles de ce temps-la, partir à montrer qu'elles n'étoienl que la punition des mi- - spirituelles, et des crimes qui .-e commettoient alors dans l'Eglise même; détaillant plus particulièrement ce qui regardoit les Gaul-s, l'Espagne, et l'Afrique. ' La ma- D»p«,i
. :it il traite ce sujet, fait assez connaître que son principal but étoit, de déclamer contre les mœurs de son siècle. ' Il décrit avec toute la force et toute l'élégance s»1t. gub.i. g. ■
, les <3 règlements les plus communs. à II s'emporte lit. p.* 143. sur-tuut contre l'impureté des théâtres et des spectacles ries, avec tant de zèle qu'il ne s<;ait comment il les qualifier, et s'il leur doit donner le nom d'impiété 01 de folie, d'impudicite ou d'extravagance. Il avoue 1 t. ■ ». p lui-même qu'il s'attend bien , que son ouvrage offensera quelques-uns de ses lecteurs; mais il faut avoir, ditil, moins d'égard à déplaire qu'à annoncer la vérité.
1 ' - apparemment cet ouvrage de Salvien sur la Providence, qui fut imprimé sous son nom à Milan en un vo- Bib. Darb. ibij. lume in 12 l'an 1579, et traduit en Italien avec ce titre, Libro contre gli speîtacoliy Traité contre les spectacles.il se truuve dans la Bibliothèque du Cardinal Barberin à Rome, avec le suivant qui semble être le même en sa langue originale, mais dont on a changé le titre pour celui-ci, Cen- ■ de prœsentibus Euvopœ calamitatibus eorumque cau- ■>i:loquio ah QsiandroShmno. Cette édition est de Lyon en un volume in-i° de l'an 1647. Un auteur qui s'est Bib.» Pr<ed. cen caché sous ces letres initiales B. B. D. S. donna une traduction de cet ouvrage en nùtre langue , laquelle fut imprimée à Lyon chez Guillaume Rouille l'an 1575 en un volume in bJ. En 1701 il parut une nouvelle traduction bu>. s. viQ. cen. françoise du même ouvrage de Salvien, imprimée à Paris chez Louis Guerin en un volume in 12. Elle est de M. Drouet de Maupertuis, qui dès-lors paroissoit avoir entrepris de traduire les autres ouvrages de nôtre Auteur.
3°. Le troisième et dernier écrit qui nous reste de Salvien, est un recueil de neuf letres adressées à diverses saiv. ep. P 193personaes; mais qui ne font apparemment que la moindre partie de celles qu'il a écrites durant le cours d'une vie qui a été très-longue. ' Gennade en marque un volume Ce».nr.m.e.c7.
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:i2S 'SALVIEN,
i)ui)iii,iiiij.p.52u. entier, qui sans doute contenoit plus de neuf le très. ' Celles qui nous restent sont toutes écrites avec beaucoup d'élégance, et nous sont un grand sujet de regretter la perte
des nulles.
saiv.ep. î.p. 193. ' La première est écrite en faveur d'un jeune homme de ses parents qui avoit été pris à Cologne avec sa mère et toute sa famille , lorsque la Ville étoit tombée sous la puissance des Barbares. Elle est adressée, comme nous J'avonsdéja remarqué, à une Congrégation de serviteurs de Dieu, et selon toute sorte d'apparence aux Solitaires de Lérins. Salvien les prie d'instruire son parent, de l'exhorter, et défaire leur possible, pour le rendre participant des richesses spirituelles, dont ils jouissoient. On voit dans ' cette letre et avec quelle ardeur Salvien se portoit à rendre service, et de quelle retenue il usoit pour ne pas devenir importun à ses amis. Le début de cette letre est tourné d'une manière la plus ingénieuse.
ep. 2. P. 1%. ' La seconde letre est adressée à S. Eucher, qui venoit
depuis peu d'être fait Evoque de Lyon. Salvien se plaint à lui-même de ce qu'il lui avoit fait faire un compliment, sans lui écrire contre sa coutume. Il en prend occasion de l'avertir, de prendre garde de ne se pas laisser enfler comme les autres par les honneurs et les dignités , en quoi l'on peut voir que Salvien prenoit une espèce d'autorité sur S. Eucher, quoique Evêque et son ami particulier.
cP. 3. p. 196. 197. ' La troisième est imparfaite, et s'adresse à un Evêque
not. p. 41-. nommé Agrice ou Agréce, ' du Siège duquel on ne con-
vient pas, les uns croïant que c'est l'Evêque d'Antibe de ce nom , d'autres l'interprétant d' Agréce de Sens. Salvien y demande pardon avec beaucoup d'humilité, de quelque faute contre la civilité, dont il se reconnoît coupable.
eP. 4. p. 197-205. ' La quatrième letre, qui est la plus belle de toutes sans contradiction , est celle qu'il écrivit à Hypace et à Quiète, comme nous l'avons déjà rapporté, tant en son nom qu'au nom de Palladie sa femme et d'Auspiciole sa fille, afin d'appaiserla colère, qu'avoient conçue son beau-pere et sa belle-mere, de ce que lui et sa femme s'étoient consacrés à Dieu. Salvien après y avoir parlé le premier, y fait ensuite parler Palladie et Auspiciole à leur tour, avec une tendresse capable de faire impression sur des cœurs les plus endurcis, et avec une éloquence digne de l'admiration des meilleurs Orateurs. 'La
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'La cinquième letre est un compliment de congratula- «p. 5. p. m tiitn à une servante de Dieu nommée Catture,sur le recouvrement de -.1 Btnté. Salvien pour joindre l'instruction à son compliment, montre à Catture quel esl l'avant das maladies, et l'étal où doivent être les gents de bien quand ils en relèvent. 'Il cite lui-même, sans se nommer, iub.i.i.«.3.p.n un assez long passage de cette letre dans son ouvrage sur la Providence.
La sixième letre est un petit compliment à un Urne- «p-s. p. 207. ne, qui, ce semble, n'étoit pas même Chrétien; car Salvien lui témoigne espérer que J.C. lui aïant donné des Chrétiens pour amis, lui inspireroit aussi enfin son amour.
'La septième n'est non plus qu'un compliment à Aper ep.T.p.aw.io9 et à Verus , pour s'excuser de la liberté qu'il prenoit de les prévenir. 11 les qualifie ses amis ; mais il les traite d'ailleurs comme étant beaucoup élevés au-dessus de lui. Aper peut fort bien être l'ami de S. Paulin de Noie , dont nous avons parlé en son lieu.
' La huitième letre est un remerciment , que Salvien ep- s. P. 209. fait h S. Eucher Evêque de Lyon, de ce qu'il lui avoit envoie les écrits qu'il avoit composés pour l'instruction de ses deux fils Salone et Yeran. Elle est très-honorable à la mémoire de S. Eucher, et de ses enfants qu'elle nous représente comme déjà maîtres des Eglises , c'est-à-dire Evêques , et contient un fort bel éloge , des ouvrages que S. Eucher avoit communiqués à Salvien.
'La neuvième et dernière letre est écrite à l'Evêque eP.9.p. 210-216. Salone , pour lui rendre raison du dessein de l'ouvrage contre l'avarice , et de ce que Salvien y avoit caché son nom sous celui de Timothée. C'est pourquoi dans plusieurs éditions des œuvres de Salvien , on a placé cette letre en manière de préface , à la tête de ce même traité , sur lequel elle répand une grande lumière. Dans les dernières éditions on l'a rangée de telle sorte , que se trouvant la dernière des 9 letres, elle se trouve encore comme à la tête du même ouvrage, qui la suit immédiatement.
'Le style de Salvien, au jugement de Gennade son Genn. ibid. contemporain, est étudié et poli, mais net et clair; ' et les duPin,ii>id.p.523. beautés en sont assez connues de tous ceux qui ont un peu de goût pour les belles letres. Il seroit difficile de trou- Tome IL X x x
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ver un discours plus orné, plus coulant, plus diversifié, Tui.ibid.p.J82. plus agréable. ' Salvien est seulemenl un peu trop diffus; comme le sont presque tous ceux des Ecrivains Gaulois sixt. bib. 1. *. p. du V siècle ; quoique Sixte de Sienne prétende le contraib^rin! ïbid. Da- re. aMais tout ce qu'on lui peut accorder, c'est qu'il est pluB pin, ibid. serré que Lactance, comme l'on trouve aussi qu'il est plus
divertissant el plus instructif. Les matières qu'il traite, nous sonl même aujourd'hui plus nécessaires, parce qu'elles re- DuPio, ibid. gardent les mœurs. ' Il autorise ce qu'il avance, de passages de l'Ecriture, et quelquefois d^> auteurs profanes, qu'il allègue fort-à-propos, et qui viennent très-bien à son sujet. Les portraits qu'il fait des vices, sont très-naturels, et propres à en donner de l'horreur. De même, les raisons qu'il apporte pour en éloigner, sont très-plausibles; et il réfuse avec esprit et avec solidité les vains prétextes, i'."i''. 590." ium ' dont on se sert dans le monde pour les couvrir. ' Salvien a encore cela de particulier , que traitant de Dieu et de ses mystères admirables , il a trouvé le secret d'y entrelacer agréablement les histoires de son temps et des siècles passés.
§. II