‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 291 sur 384 · CONSTANT · texte numérisé non relu

CONSTANT

v SIECLE. '

autres sçavants , qui soûmettoienl volontiers leurs écrits i.' i ep.i8.p.i060. à sa censure. 'Aussi Constance a oit-il un jugement fin et

délicat , pour n'approuver que ce qui méritoit do l'être. i s . t>p. ni. p. 1088. Mais' il ne l'avoit ni moins grave ni moins solide; et les

ouvrages pleins de force lui plaisoient davantage qu'une i. i.ep. i.i. 7. op. élégance efféminée. ' Ce fut à Bapriereque S. Sidoine dresij^p. 8.$7. 839. sa [e rec(iej] (|,.s srpt premiers livres de ses letres, qu'il lui

dédia, en 1<" priant de vouloir bien les retoucher et les re-

i.8.ep.ie.p.i088. polir : ce qu'il ne paroîf pas qu'il ait fait. ' S. Sidoine le choisit encore pour lui déférer l'honneur de publier le 8*' livre , qu'il avoit recueilli à la prière de Pétrone, afin de le joindre aux sept autres.

i.s. op. io. p. 897. 'Constance se mêloit aussi de poésie, et l'on voïoit en son siècle des vers hexamètres de sa façon, dans l'Eglise que S. Patient avoit fait bâtir à Lyon, près de la rivière de Saône. S. Sidoine le regardoit lui et Secondin autre Poe te de ce temps-là, comme si habiles dons l'art de la versification, qu'aïant été prié aussi bien qu'eux, de faire quelque inscription pour orner la même Eglise, il ne l'exécuta qu'en tremblant, persuadé que ses vers n'étoient pas dignes d'entrer en paralelle, avec ceux de ces deux grands Poètes.

i.3.ep.2. p. on. A toutes ces rares qualités ' Constance joignoit une sagesse singulière, pour se faire tout à tous, et pour accommoder ses discours, tant au sujet qu'il traitoit, qu'à la portée de ceux qui l'écoutoient. Il étoit caressant avec les enfants, gai avec la jeunesse, grave avec les vieillards, sensible jusqu'aux larmes à la vue de la misère des affligés, mais constant et ferme pour les soutenir dans leurs aftlictions. Il se servit avec succès de tous ces talents, en faveur des affaires des Romains dans les Gaules, du-

p. 9ii. 912. rant les troubles de ce V siècle, ' et sur-tout à l'avantage

des citoïens de Clermont en Auvergne. S. Sidoine son ami, qui en éioit Evêque, cpnnoissant le don particulier qu'il avoit pour consoler les affligés, et réunir les esprits divisés, le pria de faire le voïage de Clermont , pour consoler et réunir son peuple, que l'incendie de leur Ville et les ravages des Visigots avoient dispersé. Constance fît le voïage ; et sa présence apporta un remède salutaire aux maux de l'Auvergne. Il ramena le peuple dans la Ville, réconcilia les esprits, leur persuada de se réunir tous pour

leur

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leur commune défense, leur inspira un nouveau coura( ci les porta à reparer leurs murailles presque ruinées. Ce- TULJbM.p. toit environ l'hiver de 173; Ci Constance étoit dès-lors dans su. ibu. un âge fort avancé.

'Cette action gagna à Constance l'affection publique de ibu. Ipute l'Auvergne; et lorsqu'il fui retournée Lyon, S. Sidoine lui écrivit au nom de son peuple une letre de remerciaient, que nous avons encore. On ne peul rien ajouter au caractère, qu'il y l'ait de la bonté et de la tendresse de ce saint Prêtre pour les affligés, ni donner une plus haute idée et de son esprit et de sa conduite. Quelque temps après, le même S. Sidoine lui dédia le premier livre de ses letres, comme nous avons déjà dit. 'Le P. Sirmond not. P. 83-. suppose que Constance n'étoit pas encore alors revêtu du Sacerdoce, et qu'il ne le fut que dans la suite. Mais on ne voit point sur quoi l'on peut fonder cette opinion. Assurément ce seroit l'appuïer sur un fondement hien ruineux, que de l'établir sur ce que S. Sidoine ne lui donne pas cette qualité. Car il ne la donne point non plus à Mamert Claudien , quoique très-certainement celui-ci fût Prêtre, lorsque le même Sidoine lui écrivit vers Tan 471 .

'Constance s'étoit rendu respectable à tout le monde, su. î. i.eP. i. P. tant par la lumière et la sagesse de ses conseils, que par sa dignité de Prêtre. S. Sidoine dont les écrits, comme nous venons de le voir , sont remplis de justes éloges pour ce grand homme, paroît avoir eu pour lui un respect tout particulier. 'S. Rurice Evêque de Limoges lui portoit aussi Rur. î. 2. eP 42. beaucoup de vénération. ' S. Patient Evêque de Lyon ne Tin. îbu. p. ses. faisoit pas moins d'estime de son mérite. L'on en peut juger 'par l'ordre qu'il lui réitéra plusieurs fois, d'écrire la vie de Sur. si. jni. 405 . S. Germain d'Auxerre. ' On croit que Constance vécut au tui. 1. 15. p. 7. moins jusqu'en 488.

SES ÉCRITS

L' ouvrage le plus connu , comme le plus considérable de ceux de Constance, ' est la vie qu'il nous a laissée Sur. 31. jui.p.4os. de S. Germain Evêque d'Auxerre. Il résista quelque temps aux instances de S. Patient, qui le pressoit de l'écrire, parce qu'il s'en jugeoit incapable. Mais enfin la même charité

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