‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 302 sur 384 · EVÊQUE DE CLERMONT · texte numérisé non relu

EVÊQUE DE CLERMONT

V SIECLE

qu'il avoit bien voulu prendre de l'éducation de son jeune frère. Ce poème es1 très-honorable à la mémoire de Fauste, el du monastère de Lerins. Gomme Fauste f;ii- fui. ,m .p.sir. soit une profession particulière de pieté, Sidoine ne parie dans ce poème ni dv* Dieux, ni des fables si froides du Paganisme, qui défigurent entièrement ses autres pièce-.

Le dix-septième et le dix-liuiliéme sont peu de chose, su.s.c»r.p.i»9 aussi bien (jue les autres précédents que nous n'avons pas 1272' nommés. A l'égard du 19e, du 20" et du 21e, ils ne sont presque rien du tout.

' Le vingt-deuxième est une description de la belle mai- p. 1274. 1284. son que Léonce, ami particulier de Sidoine, avoit à Bourg près de Bourdeaux. 11 est adressé à Léonce même, et commence par un long discours sur Bacchus et Apollon, ' qui m ib. p. a». à en juger sainement ne peut passer que pour une ineptie, et qui fait que l'on ne s'étonne pas' si S. Sidoine devenu su.i p.ep.se.p. Evêque, rougissoit de penser à ses vers, et s'il souhaitoit G13d'en pouvoir abolir la plus grande partie. ' Tl fut composé isn. ibid. à Narbonne, après que cette ville fut devenue toute martiale, selon la propre expression de Sidoine : ' c'est-à-dire sir. in su. p. 1237. qu'elle fut tombée l'an 462 entre les mains de Théodoric le jeune Roi des Visigots, et avant la mort de ce Prince arrivée l'an 466 .

Le poëme vingt-troisième fut aussi composé avant la su. s. car. p. 128*. mort de Théodoric et après la réduction de Narbone. 130"' C'est une réponse aux pièces de poésie, que Consence grand homme de letres avoit adressées de Provence à Sidoine. Celui-ci fait un éloge magnifique de Consence, de son père et de la Ville de Narbone, qui étoit la patrie de l'un et de l'autre. Il y fait aussi l'énumération des amis, presque tous gents de letres, qu'il avoit visités dans cette Ville avec Consence, et y relevé le mérite de chacun d'eux.

Ce poëme est sur-tout très-honorable pour Narbone , en ce qu'il nous fait connoître plusieurs grands hommes qu'elle a donnés à la literature, et dont nous avons d'ailleurs peu de connoissance.

Enfin le vingt-quatrième et dernier poëme est une pie- p. 1302-13 œ. ce fort ingénieuse, adressée au recueil même des poésies de Sidoine, qui l'envoie en divers pais voisins et éloignés, saluer ses principaux amis qui se mêloient de l'étude Tome IL B b b b

:;r,? s. SIDOINE,

des letres. Ce poëme el le précédenl avec 1<: 9", nous 061 beaucoup servi pour l'Histoire literaire de la fin de ce siècle ; ei il seroit a souhaiter que nous eussions plusieurs semblables pièces, qui nous fournissent autanl de lumières

i.i Bp. i.p. es. pour les siècles précédents et pour ceux qui suivront. ' Ce recueil de poésies, comme l avoue S. Sidoine lui-même, eui plus de succès qu'il ne meritoit; et quoiqu'il ne fût pas fort bien reçu de quelques critiques, il ne laissa pas d'acquérir de l'honneur et de la réputation à son auteur parmi le monde.

Nous ne trouvons point que les poésies de S. Sidoine, aient été imprimées séparément du recueil de ses letres,

Cho. poe. 1. 1. p. ■ sinon dans le Chœur des Poètes, qui parut à Lyon en

ut!cô5tp.'J5S!— 1016, et dans le Corps des anciens Poètes Latins impri-

ï103- mé plusieurs fois. Dans ces deux recueils on trouve join-

tes aux poëmes de S. Sidoine ses autres petites poésies, qu'il a insérées dans ses letres. Mais on y a mis à la fin, comme lui appartenant, quarante vers des Césars d'Ausone, avec deux autres vers qu'on a pris d'ailleurs.

ski. eP. P. i-62o. 2°. ' Les letres de S. Sidoine sont au nombre de plus de cent quarante-sept, en y comprenant les deux qui sont insérées parmi ses poésies. Elles sont divisées en neuf livres, dont le premier en contient onze; le second et le troisième chacun quatorze ; le quatrième vingt-cinq ; le cinquième vingt-une; le sixième douze; le septième dixhuit; le huitième et le neuvième chacun seize. Presque tous les recueils que nous avons des letres des anciens, se sont faits après leur mort, en les ramassant de part et d'autre. Il n'en a pas été de même du recueil de celles de

î. \. eP. t. p. 2. S. Sidoine. ' 11 prit lui-même soin dès son vivant de le dresser, de le revoir, et de le donner au public. D'abord • il en publia le premier livre, à la prière du célèbre Constance Prêtre de Lyon, son ami particulier, qui l'en avoit

mu. ibid. p. 26*. pressé plusieurs fois. ' Ce premier livre contient les letres, que Sidoine avoit écrites dans son voïage de Rome sous Antheme, ou auparavant, hors la première et la dernière, qui ne furent écrites que long-temps après.

sid.i.i.ep. i.p.2. Ce petit recueil, ' qui n'étoit que comme un essai pour pressentir le goût du public, fut bientôt suivi, selon la

i.7.ep.i8.p.478. promesse que Sidoine en avoit donnée à Constance, ' de six autres livres qu'il lui dédia aussi, mais qu'il ne prit

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pas le soin (!<' polir comme !<■ premier. ' Au bout dequelr —

que temps Pétrone, qui faisoil alors l'un des plus grands lI^J'.S; ornements des Gaules par son érudition et son éloqueni pria S. Sidoine de chercher s'il n'avoil peint encore d'au- i. g.ibid. très letres, qu'il pût ajouter aux premières. Ce lui donc à. sa prière que S. Sidoine donna le huitième livre. ' Enfin il i. o. «p. t. v \ en ajouta un neuvième quelque temps après , aux sollicitations de Firmin, qui l'en avoitpressè, afin qu'il imitât par-là le nomhre que Pline le jeune avoit gardé dans le recueil de ses letres.

La douzième letre de ce neuvième livre nous fait ju- ep.«.P. 594. ger, que S. Sidoine était dans la douzième ou treizième année de son Episcopat , lorsqu'il le publia ; puisqu'il dit qu'il y avoit douze ans qu'il avoit renoncé à la poésie. Ainsi ce fut vers 483, qu'il finit de publier toutes les letres que nous avons de lui. ' 11 ne s'y trouve aucun ordre ni rai.md. P. 200. de chronologie, ni de matières. Elles sont sur toutes sortes de sujets, et traitent de toutes sortes d'affaires confu- ' sèment /quoique d'ordinaire chaque sujet n'y tienne pas sid. î. 7. ep.is.p. plus d'une letre. L'auteur témoigne l'avoir fait à dessein, afin 478que si elles ne sont pas assez bien écrites pour plaire aux beaux esprits , elles aient au moins l'avantage de n'ennuier personne. Mais elles auront toujours ' le défaut de n'être pas assez instructives;' parce que souvent l'auteur ne rm. uàd. p. 2». fait qu'y marquer obscurément les faits dont il parle , et que Ton ne sçait en beaucoup d'endroits à qui il faut rapporter, par exemple la paix et la guerre dont il fait mention. Cela néanmoins ne doit pas empêcher que nous ne lui aïons obligation de nous avoir conservé dans ses letres, comme dans ses poésies, quantité de traits de l'histoire de son temps, qui bien que fort embrouillés, ne laissent pas de nous en donner quelque connoissance.

Outre un grand nombre d'hommes de letres, ' elles nous Du Pin, bib. t. *. font connoitre encore plusieurs Evêques de ces temps-là, p-607-' à qui elles sont adressées pour la plupart, et qui y sont tous qualifiés Papes suivant l'usage de ces premiers siècles. Il y en a même quelques-uns dont on ne trouve rien ailleurs.' Ce que la vingt-quatrième du 4e livre nous sid.i.4.ep. u.v. apprend de l'Evèque Maxime , qui avoit été tiré des em- m' 302> plois du siècle , et contraint malgré lui par la violence du peuple, comme un autre S. Ambroise, de se charger

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