‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 32 sur 384 · SAINT DELPHIN · texte numérisé non relu

SAINT DELPHIN

EvEQUÉ DE BOURDEAUX.

uotq-ue S. Dolphin soit peu connu pour son seavoir, il a eu néanmoins trop de liaison avec les plus grands hommes de lelres de son temps; et ceux-ci ont fait trop d'estime de sa doctrine , pour pouvoir légitimement Tffl. ii. !•;..!. 10, nous dispenser de parler de lui dans cet ouvrage de litératu- 11 ,'"'' re. ' Il fut fait Evêque de Bourdeaux, au plus tard en Tannée

ioo!). 380. " Le quatrième jour d Octobre de la même année il se

sui. iiisi., ï. 2,n. trouva au Concile de Saragoce , où les Priscillianistes fu- 63, p. 422-423. rent C0I1damiiés. ' Quelque temps après , lorsque ces hérétiques passoient par l'Aquitaine pour aller à Rome, S. Delphin leur fit refuser l'entrée de Bourdeaux. Mais il ne put empêcher qu'ils ne fissent de grands désordres dans son Diocèse. Nous en avons touché quelques-uns ailleurs, à l'ocn. et, a. M. casion d'Eucrocie veuve du célèbre poëte Delphide. En 384 ' on tint à Bourdeaux même contre ces hérétiques un Conspic.,t.5,pr.p.n. cile, dont nous avons parlé sur le siècle précédent, et auquel S. Delphin assista. ' Il y présida même, suivant l'opinion d'un sui.,ibid. moderne, qui paroît l'avoir sçû de la personne qui avoit en-

tre ses mains les actes de ce Concile. ' La vérité y fut reconnue ; mais les Evêques eurent assez de foiblesse pour souffrir que Priscillien refusât de répondre devant eux , et qu'il Paul., ep.3, n. 4. i appellât à Maxime, qui étoit alors le maître des Gaules. Zl "■-•|Til1- ' En 390 au plus tard S. Delphin baptisa le grand S. Paulin, depuis Evêque de Noie, et son frère dont on ignore Paul., ep. i9, n.i. le nom. Il paroît qu'il avoit beaucoup contribué à la conversion du premier, ' qui depuis eut toujours un très-grand ep.9, n. i. respect pour lui , et qui le regarda comme son père. Lorsque

S. Paulin eut quitté Bourdeaux , ' S. Delphin entretint avec

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\ SIECLE

lui par letres un commerce réglé et qod interrompu. Il nous reste encore aujourd'hui plusieurs de celles que S. Paulin lui adressa; mais aucune de celles denôtn s. Evêque n'esl nuê jusqu'à nous.

Outre S. Paulin de Noie, S. Delphin étoit encore <-\- Amb.,ep.87,i i. trêmement uni avec S. Phébade d'Agen : et l'un et l'autre l'étoient aussi beaucoup avec S. Ambroise de Milan. Il» avoienl tous deux un commerce ordinaire de leti • •• ce

saint Docteur; mais un ne nous a conservé qu'une seule adressée à tous deux. On y voit que leur union étoit si étroite . qu'ils aimoieni mieux qu'on leur écrivît par une letre commune, qu'à chacun en particulier; leur affection mutuelle ne pouvant souffrir que l'on séparât même leurs noms. Aussi est-ce de la sorte qu'en usoit S. Ambroise, lorsqu'il leur écrivoit. Lue fois cependant à la sollicitation du n. i Proconsul Polybe - S. Ambroise leur écrivit à chacun d'eux en particulier; mais en marquant qu'il se contentoit qu'ils lui lissent une réponse en commun , comme ils avoient de coutume.

' Dans cette letre S. Phébade, qui est mal nommé Seba- n. i. de, tient le premier rang. ' C'est sans doute à cause de son an- Tin.. ;u.i.. p cienneté et de son mérite personnel; car il n'y a pas lieu de douter que S. Delphin lut son Métropolitain. C'est aussi pour les mêmes raisons qu'il est nommé le premier dans le Concile de Saragoce, auquel S. Delphin étoit présent. Saint Amand dont nous parlerons dans la suite, etoit alors auprès de S. Delphin. Il pouvoit être son Prêtre; et il fut en.-uite son successeur immédiat dans le même Siège. ' Il est certain qu'il paui . ep. o, n. 1 avoit été instruit . et peut-être élevé par le saint Evêque . comme l'avoit été S. Paulin qui le qualifie leur père commun.

'On croit que S. Delphin mourut au plus tard l'an 403, thi.. ibij..P. fej ou même dès l'année 402. s'il est mort le 24e de Décembre auquel le Martyrologe Romain marque sa Fête. ' On tire Pani.cai n cette époque d'un Poëme que S. Paulin fit en 404 , et où marquant les Saints les plus illustres de chaque pays , qui honoroient et sanctiiioient leurs Provinces par leurs tombeaux et leurs cendres , il dit que c'est en cette manière * que l'Aquitaine s'attribue S. Delphin.

Aujourd'hui l'on ne trouve nulle part aucune des letres de S. Delphin; quoiqu'il soit constant, et par celles de S. Ambroise, et par celles de S. Paulin que nous venons de citer.

V s lu I I

ii; HESPE&E,

qu'il en a /■crit un assez grand nombre. La perte en est d'autant plus grandi', que ceux qui en avoienl eu coiinoissam-.'

,.,,. ,,, „. |. en font plus d'estime. ' S. Paulin qui est de ceux-là, n'en parle

qu'avec ('loge . les louant comme pleines du sel de la sa-

ep, i9,nls. gesse, divine, ' et les instructions quelles centenoient , comme un pain très-délicieux, et propre à satisfaire ta faim dé son aine.

HESPERE,

Proconsul d'Afrique et Préfet des Gaules.

s.vm., i. i, cp.73. Tj espère, Homme d'esprit et d'érudition, 'naquit, Il pour ainsi dire, dans le sein des Muses. Il vint au monde à Bourdeaux avant le milieu du IV siècle, comme AuS.Prof.,c.u p. il paroît , lorsque le Poëte Ausone son père y enseignoit pui»a! !!).'°8".'P|2089I bliquement les letres humaines. 'Il eut pour mère Attusia P. 122-Î24. Lucana Sabina , sortie d'une ancienne famille des Sénateurs

ep. 2, p. 9i. de la même Ville , mais qu'il perdit dès son enfance. ' Son p,ot., p. 305-308. père prit un soin particulier de son éducation , ' et lui fit faire de grands progrès dans les belles letres; puisqu'il soûmettoit quelquefois à son jugement les pièces qu'il composoit. Hespére cependant acquit moins de réputation dans les sciences que dans les charges qu'il exerça.

Tin. Emp., t. s, p. ' Le crédit que son père avoit à la Cour, en qualité de Précepteur d'un César , procura à Hespere et à toute la famille des avancemens considérables. ' D'abord il fut Vicaire des Préfets en Macédoine. Ce fut-là, ce semble, ' qu'il épousa la P. Ï35 142". fille de Severus Censor Julianus et de Pomponia Urbica ,

louée pour sa Noblesse , et l'un et l'autre pour leurs mœurs. Paui.Euch.,v. i. 'Avant que de quitter la Macédoine, sa femme lui donna un 24- fils nommé Paulin, qui fut célèbre au commencement de ce

Aus. par.; c. il. p. siècle et par sa disgrâce et par sa pénitence. 'Il eut de ce 123, mariage encore deux autres enfans au moins, l'un desquels

nommé Pastor , mourut dès ses plus tendres années. De Ma- Tiii.,iiji.i.,p. 7ii. cédoine ' Hespere fut appelle en Afrique , pour gouverner v. 3i-3aul h"' cette province en qualité de Proconsul. 11 entra dans cette m, ibid. nouvelle charge le dixième jour du mois de Mars de l'an 376,

Paul. Euch., v

Aus. par., c. 2230

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