‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 33 sur 384 · PREFET DES GAULES · texte numérisé non relu

PREFET DES GAULES

V SIECLE

ri l'exerça environ dix-huit mois. n 11 fut ensuite Préfel du ,.„ Prétoire en 378, 379, 380, el peut-être encore au-de là.

11 y a quelque difficulté à dire précisément quelle fut la Préfecture qu'il exerça. Les uns veulent que ce soit celle Mi*. i de l'Italie, et par conséquent aussi de l'Afrique qui en dépendoit. D'autres soutiennent que c'étoit celle des Gaules, qu'il exerçoit conjointement avec Ausone son père; soit qu'ils partageassent ensemble l'exercice de cette Charge , soit qu'on eût divisé en leur faveur les Provinces de la même Préfecture. On peut assurer que ce dernier sentiment, qui est celui de M. Valois, est le mieux fondé , et le texte ' d'Ausone paroît n'y laisser aucun doute, après avoir prouvé, eomme nous avons fait, que c'étoit la Préfecture dc> Gaules qu'Ausone exerçoit, lorsqu'il en parloit comme la partageant avec son fils.

Ces grandes Charges procurèrent à Hespere des amis de la première distinction. Le plus connu fut Symmaque l'Ora- ■ teur, l'un des plus zélés Païens de ce temps-là. Mais cela n'empêcha pas ' qu'il ne liât avec Hespere qui étoit Chrétien, s)m-> \- 1>cp- 18une amitié si étroite, qu'il le regardoit comme un autre luimême, et qu'il vouloit n'en être point regardé autrement. ' Ils s'écrivoient souvent l'un à l'autre, et nous avons encore <r- 69. 82. 14 letres de celles que Symmaque adressa à cet ami. ' En lui <»p. is. recommandant dans une de ses lettres le soin de faire païer la pension que le Sénat avoit accordée au Philosophe Priscien, il dit à Hespere que son érudition et la gloire qu'il avoit acquise , étoient intéressées en cette affaire. Qu'il sçavoit bien que les beaux Arts ne se soutiennent que par l'honneur qu'en retirent ceux qui travaillent à les faire fleurir. ' Symmaque ep. ni. faisoit beaucoup de cas de son estime ; et l'approbation qu'Hespere avoit donnée à quelqu'un de ses discours, flatoit agréablement l'amour propre de cet Orateur.

' On ne doute point qu'Hespere dont nous parlons ici, ne tul, iMd., p. iss. soit ce Comte de même nom , que l'Empereur Valentinien II emplo'ïoit dans les affaires les plus importantes. On ne doit pas douter non plus qu'il n'ait survécu Ausone son père : mais il faut qu'il soit mort dans les premières années de ce siècle. 'C'est ce que dit assez clairement Paulin son fils, en Paui. Euch., v.

1. Ad praefecturae collegium filius cum pâtre conjunctus. . .et lui tantum prcefeclura ,\us. cons., p. 701. heneficii. quae et ipsa non vult vice simplici gratulari. liberalius divisa quam juncta : 703. quum teneamus duo integrum, neuter desiderat separatum.

V SIECLE

Ans , cp. 1, p. M

N lll'SIM.i; I.

liant l,i initii d'Hespere avec l'entrée des Barbares dans t'es Gaules, dû ils se jetterent, comme nous àVoni vu , dés le! dernier jour de iOQ. ' Austme, Comme nous l'avons marqué ailleurs, àvoil composé des Fastes, ou plutôt un corps entier d'Histoire Romaine pour Fûsage particulier d'Hesperièr. tl l;i commençoit ;ui\ premiers ftoisiîe Home, el l'avuit conduite ju&qU'à son consulat, oVsl-à-diro, jusqu'à !';ui 'M\). Olle Histoire no nous a j)âs été conservée; mais nous avons nue. Epigramniede l'Auteur, dans laquelle il nous a lai--»' uni idée de son dessein. Gëttë Epigrkmniè1 est siirtoul pour oxliorp •• ter llespero à continuer l'ouvrage, ,' et à faire en sorte que

son nom s'y trouvai joint à celui d'Ausone au rang des Consuls.

p. 91. 9â. ' Tu quoque veuluros per longumconscrchuios,

Ut mea congessit pagina prmteritos.

ExempTum jam patris habcs : ul protinus et te Aggëret Ausoiihs Purpura Cônsufibusi

H (\spere cependant ne fut point Consul comme Ausone le souhaitoit. Au moins son nom neparoit pas dans les Fastes des Consuls ordinaires. Mais cela n'empêche point qu'il n'ait pu continuer l'Histoire que son père avoit poussée si loin; quoique nous n'aïons aucune connoissance qu'il l'ait fait véritablement, à cause de la perte de cet ouvrage.

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