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Il semble que Probe tût lame des entants de Magnus; quoiqu'il ne paroisse point qu'il ait exercé quelque char-
sid.su.ep.i.tt, ge i tMI posséué quelque dignité comme son frère. ' Il fut élevé dans les mêmes études, les mêmes exercices, et sous les mêmes maîtres, que Sidoine. De cette société il se forma entre eux une étroite amitié , que le même goût y qu'ils se trouvèrent l'un et l'autre avoir pour les letres, rendit inaltérable dans la suite. Leur génie et leur inclination étoient si semblables, que ce que l'un blâmoit, ou approuvoit, étoit pareillement ou blâmé , ou approuvé de l'autre. Sidoine avoue cependant avec modestie , que Probe le surpassoit pour la solidité du jugement, et qu'étant plus avancé que lui dans ses études, on l'auroit pris pour son maître, quoiqu'ils fussent encore tous deux disciples.
p. 928. ' Dès-lors Probe expliquoit aux autres tout ce qu'il y
avoit de plus beau et de plus difficile dans les Poë-
p. 929. tes, les Historiens, les Orateurs elles Jurisconsultes. ' De
même lorsqu'ils étudioient la Philosophie sous Eusebe , Probe y fit tant de progrès , qu'il paroissoit comme un autre Platon étudiant sous Socrate , qu'il devoit un jour surpasser de beaucoup. En un âge si peu avancé , il n'y avoit point d'homme instruit dans les sciences des Grecs , qui expliquât mieux que Probe ce qu'il y a de plus épineux dans les écrits d'Aristote. Mais , ce qui est encore
p. 928. plus digne de louange, ' c'est que dès-lors on voïoit en lui
avec plaisir la sagesse et la probité marcher de pair avec la science.
p. 9i>-. i car. 24. ' Probe conserva toujours dans la suite du goût pour les letres , auxquelles il faisoit beaucoup d'honneur par son sçavoir , et par sa riche bibliothèque dont il avoit hérité du Consul son père. En cultivant les letres, il cultivoit aussi les gents sçavants ; et ceux-ci le reconnoissant pour
car.9.V. 329-334, un homme d'un jugement exquis, ' et d'une critique exacte . lui soùmettoient volontiers l'examen de leurs ouvra-
HOMME DE LETRES 851 , lfl ,,
- Ceful par tous ces endroits que Probe mérita le glorieux titre d'appui el de soutien des letres dam les Gaules, i . nntiqui le ne noua fournitrien davantage sur Bon \oir. et ne nous apprend poinl si un homme, qui soûtenoil un si grand fon ls de literature par tanl d belles qualités . avoil laissé quelques monuments «le ton érudition.
Avant que S. Sidoine eût publié le recueil de ses poésies vers 469/ Probe avoit épousé Eulalie sa cousine gep- u.ep.i.p.sjrr. maine . dont le même S. Sidoine loue beaucoup la chasteté et la gravite des mœurs. 11 ne paroît nulle part qu'il y ait eu des enfants de ce mariage.
Homme de Letres.
Sy\gre . qu'il ne faut pas confondre' avec un autre Gr.T.hist.Fr. 1.2 Syagre fils du Comte Giles , et contemporain du pre- "' 27mier , qui commandoit dans Soissons pour les Romains vers 473, ' éloit Lyonnois de naissance. S. Sidoine le qua- sid.$u.8.ep.8. lifie la fleur de la jeunesse Gauloise , et l'émule des Serrans p' et des Camilles. ' Il avoit eu pour aïeul paternel le Con- 1.5. op. 5. p. 9-1» sul Afranius Syagrius , dont nous avons parlé sur le IV siècle.
' Dès son enfance il fut instruit dans les belles letres, p- 9-3. où il fit de grands progrès. Il devint fort éloquent , et très-habile dans la déclamation. U avoit du feu , et parioit purement la langue Latine. ' A cette langue il joi- p- 972. 9-3. gnit la connoissance de celles des Germains et des Bourguignons , qu'il apprit si parfaitement , que ces Barbares les parlant en sa présence, craignoient sa censure. ' S. Si- p- 973. doine ne put s'empêcher de marquer à Syagre même l'étonnement où il etoit , de ce que s'étanl rompu dans la lecture de Virgile , et enrichi de l'éloquence de Cicéron , il pouvoit si bien parler le Bourguignon et le Germain. La connoissance de ces langues et des loix de ces peuples iaisoit passer Syagre pour un nouveau Solon au milieu d'eux. Il devint par-là leur interprète et leur arbitre:
\ SIECLE
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~" cl quoiqu'ils eussent l'esprit aussi pesant que le corps , ils apprirent de lui à perfectionner leur langue, et à fermer leurs sentiments but la politesse Romaine : discimt sermonem patrium, car, Latifium, S. Sidoine ne blâme point son ami île s'appliquer à de tels exercices; mais il l'exhorte , p.¥T4. lui qui étoit un homme' si poli, à garder un cerlain mi-
lieu en donnant toujours quelque temps à la lecture des hons auteurs , afin de ne pas oublier la langue Latine , ce qui feroit qu'on se moqueroit de lui, et en s'exerçant dans les langues étrangères , pour pouvoir se moquer des autres.
i.s.ep.s.p lOGc. ' Syagre cependant négligea dans la suite la noble oecu- ,0G7- pation des belles letres , et les autres voies qui le pou-
voient conduire aux plus grandes dignités , et se donna tout entier aux soins de la vie champêtre dans sa terre de Taïonnac. Ce fut pour lui reprocher sa négligence à ce sujet , et pour lui inspirer une émulation plus digne de sa naissance , que S. Sidoine lui écrivit la 8e letre de p. 1067. son 8e livre , ' en lui remettant sous les yeux les honneurs
et les dignités auxquelles ses ancêtres avoient été élevés. 11 lui reproche en même temps de ne s'être point encore marié, et lui dit qu'un homme sage ne doit pas tant s'appliquer à cultiver ses terres, qu'il ne songe à ce qu'il doit devenir.
C'étoit vers 480 que S. Sidoine parloit ainsi de Syagre, qui put aisément vivre jusques vers la fin de ce sie- Enn.vit.Epi.p. cle. En ce même temps ' sous lépiscopat de S. Rustice , m' l'Eglise de Lyon étoit honorée par la vertu d'une dame
nommée Syagrie, illustre par sa pieté, et qui étoit en ces quartiers-là le thresor de l'Eglise. Ce fut elle qui fournit une grande partie de l'argent, dont avoit besoin S. Epi- Conc.t.4.p.i26o. phane Evêque de Pavie , ' qui étoit venu dans les Gaules Bon. î.jan. p. 52. pour racheter les Italiens captifs.' La vie originale de S. n" 10' Eugende parle aussi très-honorablement de Syagrie, qu'elle
qualifie la mère des Eglises et des Monastères pour les aumônes qu'elle leur faisoit.
G«!nn. yir. iii. <*. ' Gennade entre les auteurs qui ont commencé à fleurir 6o' p" 31' avant le milieu du Y siècle, fait mention d'un Syagre ,
qui avoit composé un traité De la foi contre les expressions présomptueuses dont les hérétiques se servoient pour abolir ou changer les noms de la Sainte Trinité. Les hé-