‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 41 sur 384 · VIGILANCE · texte numérisé non relu

VIGILANCE

I;i réputation, réndoit tou9 lies hommes témoin^ de son îgïto-

i.iiirr il de ses folies; <|in joighoil à nue extrême faibli

llllr r\||r|lir présomption; <|MI igliomil 1rs Saillies Ecrilll-

res; et qui voulant passer pour le seul Calon ée 80*1 -jeek a\uil néanmoins besoin d'élÛdieT le Grammaire, la Khétoriqur el les opinions des Philosophes . pour apprendre à Bé taire. Il témoigne cependant qu'il veut bien l'épargner, parce qu'il seail qu'il agit contre un Chrétien , et qu'il n'oublie pas qu'il est Chrétien lui-même.

' Vigilance pour n'avoir pas sçû user de la grâce que Dieu lui avoit faite, d'être uni avec tant de Saints, tomba de la calomnie dans l'abyme de l'hérésie. Il s'éleva contre l'Eglise., et publia diverses erreurs qui lui font tenir aujourd'hui le pre- Hie.. m vig. p. mier rang parmi les hérétiques des Gaules ; 'car jusqu'alors les Gaules n'avoient produit aucun monstre : mais Vigilance, venant à paroître, ravit cet. honneur à la mère qui lui avoit donné le jour.

pp. 37. P. 278. 'Ce fut au commencement de ce V siècle qu'il publia ses ibid. i in. yig. P. erreurs dans un ou plusieurs ouvrages de sa façon. ' Il soûtenoit qu'il ne falloit pas honorer les tombeaux des Martyrs ni leurs reliques , et nommoit Cendriers et idolâtres ceux qui les honoroient. Il combattoit les miracles qui se font dans leurs Eglises, et la coutume d'y célébrer le veilles de la nuit. Par-là Vigilance ruinoit le Martyre : ce qui étoit une ep. 37. P. 279 i in erreur des Valentiniens et des Gnostiques. ' Il traitoit de sulg p' 2 perstition Païenne la coutume d'allumer des cierges durant le

in vig. p. 283. jour aux tombeaux des martyrs. ' Il disoit que les Saints qui sont morts, étoient détenus dans une honnête prison, et ne vouloit pas que Dieu exauçât les prières d'aucun d'entr'eux. p. 28i. ' Il blâmoit les jeûnes, les veilles, la continence des Clercs-

P. 287. et des Diacres, et la profession Monastique. ' Il n'approuvoit

point que l'on distribuât tout son bien aux pauvres pour embrasser la pauvreté évangélique, ni qu'on envoiât des aumô- P. 28i. nés à Jérusalem. ' ïl trouvoit encore mauvais que l'on chan-

tât X Alléluia en d'autre temps qu'à Pâque. eP. 37. p. 278. ' Ripaire, Prêtre dans le voisinage de Vigilance, qui de- 28i ! lg" p' meuroit alors dans' les Alpes Cottienes, fut le premier qui eP. 34. p. 278- donna avis de ses erreurs à S. Jérôme. Ce Père commença dès-lors à les réfuter dans la réponse qu'il fit à Ripaire vers l'an p. 280. 404. ' Il pria Ripaire dans cette même letre, qui n'est que le

prélude d'une plus ample réfutation , de lui envoyer le livre

\ l(,l LANCJ Si

\ Ml ! Il

d( Vigilance. Didier, auto Prêtre du voisinage de FUpaipe. in Vic W| se joignit a lui. et de ooncerl ilp envoiere^al çel ouvragi àS Jérôme par Si-huhu-. qui fai&oit un voïage en Palestine. II- \ joignirent une leire pour lui exposer le désordre que causoil I bér&ie dans leurs Paroices, et le prier d'\ remédier en réfutait l'Ouvrage qui la contenoitf Ussemblenl avoir, marqué dans p eqtte letre des erreurs qui n»' ae trouvoient pas dans les écrits de \ i lance.

s brome se rendit d'autant plus volontiers à la prière de cesdnix Prêtres, ou il étoit déjà plus engagé à combattre la nouvelle hérésie. Il composa dune vers fOô^ comme L'on p . croit, enyiron deux ans après, sa letre à Kipaire sur le même suj^t. son fameux traité contre Vigilance,, qu'il envoia au.-.- 1tôt dans les Gaules par le même Sisinnius. Il y traite Vigilance avec le même mépris qu'il avoit déjà fait dans les deux letres préeedentés dont nous avons parle. Il dit qu'il ne peut se p. mi retenir après l'injure que cet hérétique a faite aux Apôtr» aux Martyrs. ' Il le menace même que s'il prétend répliquer, p sw. 2«<> il le traitera bien d'une autre manière lui el - - lisciples. Il y répond en particulier à toutes ses erreurs, qu'il dit avoir été pi' 531 réfutées par avance dans le traité de Tertulien, intitulé Scprynaru,,(. Seulement il ne dit rien sur YAllehria que l'on ne devoit P. ^i. chanter qu'à Pàque, selon Vigilance- En le réfutant sur les p. 2*2 autres points, il rapporte quelques endroits de ses propres écrits; lui reprochant d'y citer des livres apocryphes sous les noms p. m. m de Salomon et d'Esdras, que S. Jérôme assure ne point connoitre.

(Juant aux cierges que Vigilance ne vouloit pas qu'on P. sm.

allumât durant le jour sur les tombeaux des Martyrs, S. Jérôme répond que ce n'étoit point la pratique de l'Eglise ; quoique dans tout l'Orient on en allumât en signe de joie lorsqu'on lisoit l'Evangile. Il ajoute que si néanmoins cela se faisoit par quelques séculiers simples et ignorants, ou par quelques femmes dévotes plus zélées qu'éclairées , on ne pouvoit point y trouver à redire, et même que ceux qui le faisoient en seroient recompensés selon leur foi; et comme Vigilance disoit que c'etoit une pratique du Paganisme, afin de paroître fondé à la blâmer, S. Jérôme ruine cette raison . en lui répondant que cette pratique étoit détestable dans les Païens, parce qu'ils s'en servoient pour honorer leurs Idoles, mais qu'elle est louable dans les Chrétiens, parce qu'ils en

\ 8IECLB.

(i? VIGÏLANGE

usent pour lidiiorrr lès Martyrs de Jesui ( llirisl. Il y 8 (|iirl(|uc lieu d'être surpris de voir que S. Jérôlne

ignorai alors qutit c'étoil déjla la coutume eu Qccideqt d'allu- Paui. car. u. v. mer des nrr^rs ;ui\ tombeaux des Marhrs; 'car S. Paulin do ,0,M,M- Nolo dans un Poème cfomapaèé au èemméiicemenfl dé Tan

M)i) |)our le jour de la fête de S. Félix, qui se célébrait alors

conuiic aujourd'hui dans le mois do Janvier, l'ait, mention

du grand nombre de cierges et de luminaires, qui brùloient jour et nuit au tombeau de ce Saint. Pour Vigilance, il ne pouvoil l'ignorer, puisqu'il avoit passé quelque temps auprès de S. Paulin : et c'est ce qui découvre en lui un nouveau degré de malignité, que d'avoir osé traiter de superstition Païenne, un usage autorisé par un Prêtre aussi saint et aussi éclairé que l'étoit S. Paulin de Noie.

Hier. in. vig. p. 'La vie de Vigilance telle que nous la représente S. Jérô-

281 ■ me, étoit conforme à sa doctrine. Ce Père paroît dire en

effet qu'il ne gardoit point la continence , quoiqu'il fût Prê-

p. 286. tre, comme nous l'avons vu. 'Il l'accuse encore d'avoir vécu

dans la bonne chère, d'avoir été sujet à l'avarice et à d'autres

ep. 37. p. 279. grands crimes. ' Le même Père se plaint aussi de ce que le saint Evêque sous qui Vigilance faisoit les fonctions de Prêtre, acquiesçoit à sa fureur, au lieu d'user de la verge Aposto-

in vig. P. 28i. lique , pour briser ce vase inutile et dangereux. 'On tenoit même qu'il avoit des Evêques pour complices de son crime. Il y a néanmoins toute apparence que S. Jérôme arrêta le cours de ses erreurs ; car on ne voit point qu'elles aient eu de suite nulle part ; on peut dire seulement qu'elles ont été renouvelles par les Hérétiques des derniers siècles.

Depuis l'ouvrage de S. Jérôme contre Vigilance , publié , comme nous avons dit, en 406, l'histoire ne nous apprend plus rien de nouveau au sujet de cet hérétique. Il se peut aisément faire que le reproche que S. Jérôme avoit fait à son Evêque dès 404 dans sa letre à Ripaire , portât ce Prélat à l'obliger de quitter ensuite les Gaules. Ce fut pour cela sans

Genn. vir. m. c. doute, 'qu'il se retira dans le Diocèse de Barcelone, où il fut chargé du soin d'une Eglise , comme Gennade le rapporte. Cette nouvelle dignité dont Vigilance fut revêtu, jointe à l'extinction de son hérésie , est un fondement légitime pour croire, ou qu'il s'en sera retracté publiquement, ou qu'il l'aura abandonnée d'une manière tacite , mais sincère et sans réserve.

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IV SIECLB

Outre les écrits qu'il publia pour établir ses erveur&i elles autres qu'il lit contre S. Jérôme, Geonade nous Apprend ","1qufenfrepjrenantf au «dessus de ses forces, et sons s'être appliqué il l'étude des samtes Ecritures^ il lit une exposition maligne de la seconde rkion de Daniel. Gennade ajoute que oel écrit de Vigilance a\ee Legbutred inepties qu'il avoit publier-, ne méntoient ])oint de tenir d'autre rang que parmi tes ouvrages des hérétiques. Cette exposition de Daniel, ou 'du songe de Nabuchodonosor touchant la Statue, est appa- Hier. eP. 36. p. reniment un des premiers écrits de Vigilance : elle avoit paru avant que S. Jérôme lui adressât sa letre 30, dans laquelle il lui reproche d'avoir expliqué ce songe d'une manière qui tient du blasphème, en prétendant que la montagne n'est autre chose que le Démon et que la pierre qui s'en éloit détachée sans le secours d'aucun homme, est J. G.

VINCENT

Préfet des Gaules.

Ce Magistrat mérite à plus d'un titre , de trouver place parmi les hommes de letres qu'ont produit nos Gaules. Les dignités qu'il remplit, ' et les grandes liaisons qu'il y Sym. î. 9. ep. 23 . avoit entre lui et Symmaque l'Orateur, comme le supposent les letres qu'ils s'écrivoient souvent l'un à l'autre, font voir que Aincent étoit un homme d'érudition et de literature et qu'il avoit une connoissance particulière des loix. Il ne faut pas le confondre ' avec un autre Vincent son contemporain, Of- tui. EmP. t. 5. P. licier d'armée qui fut tué en 408, comme partisan du fameux 5-5- Stilicon.

Celui dont nous entreprenons de parler, 'étoit né dans les sui. <iiai. i.n. 17. Gaules, comme il paroit par S. Sévère Sulpice, qui parle de p- 525lui avec éloge. 'Vincent exerça plusieurs années dans sa pro- Tiii. ibid. pre patrie la Judicature et les Finances en qualité de Préfet du Prétoire des Gaules. On croit qu'il succéda à Théodore dans cette charge l'an 396 ; et il l'exerça au moins durant l'espace de cinq ans. 'Nous avons diverses Loix de l'Em- co<i. Théod. pros. pereur Honorius qui lui sont adressées en 397 , 398 , 399 et p' 400. ' L'année suivante Vincent fut élevé au Consulat , qui Bach. p. 52. 1 rai.

1 iliid.

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