HOMME DE LETRES
je! du poème ost à peu prèslemême. 'Dans l'un et dans Tau- ■«p.is. 6.9.11. 1 Ire il presse vivemenl ïove de donner toute son application ,lr 1'' r< 4,v aux choses de Dieu ; de retirer toutes ses pensées de la terw pour les élever aU Ciel ; de rectifier sa Philosophie par les lumières de la fof el par les sentiments delà Religion ; de devenir sage, non en cherchant Dieu comme les Académiciens, mais en l'imitant comme les Philosophes du Christia- Qjsme. Il l'exhorte à emploïër ses grands talents à des choses solides, comme à taire paroitre la beauié réelle de la vérité: à eu faire usage en travaillant sûr des sujets utiles aux hommes, au lieu d'eu abuser pour leur imposer, et les entretenir dans la vanité, en n'écrivant que pour flafer leurs oreilles; à devenir un Philosophe et un Orateur tout occupe (iei'ieu: à emploïër son éloquence et sa plume à publier ses grandeurs et ses merveilles, comme l'occupation la plus louable, et la plus propre soit à bien régler sa conduite, soit même à lui acquérir de la gloire. Il ajoute que ces divins objets fourniroierit à son éloquence une ample "matière à s'exercer, et à lui-même de quoi lui remplir l'esprit de saintes pensées.
On ne sçait point quelle impression firent ces exhortations sur l'esprit de Jove, ni ce qu'il devint dans la suite. Il y a tout lieu de croire que c'est le même à qui Symmaque l'Orateur adresse plusieurs de ses letres. Dans l'une il congratule Sym '• 8 *r 30- Jove d'avoir été élevé à une charge considérable, s'assurant que cette nouvelle élévation lui seroit un motif pour cultiver les b( aux arts avec un nouveau'succès. 'Dans une autre Sym- ep' 49' maque se plaint du silence de Jove, et lui marque le désir qu'il a de recevoir souvent de ses letres. '11 lui en adresse une L 9' ep s troisième, qui ne contient rien de bien remarquable. C'est pour lui recommander un Eusebe ancien Officier d'armée.
LACHANIUS,
GOUVERNEUR DE TOSCANE, Questeur et Préfet du Prétoire.
Nous n'avons point d'autres titres qui nous autorisent à mettre ce Magistrat au nombre de nos Sçavants Gaulois, que les dignités qu'il a remplies : mais la Questure
V SI!', c. LE.
68 L \<:iiA\irs.
seule 9eroit un fondemenl légitime el suffisant pour lui donner cette place. On seul que cette dignité demandoit on homme de letres et d'érudition, et même qui lui versé dans là Jurisprudence, parce que c'étoil les Questeurs^ qui depuis la lin du III siècle au moins, étoient chargés du soin
de dresser lés Lois que Ton publioil pour la Police. C'esl ce
casd.i.1. op.is. i <[iii fait que 'Théodaric Roi des Ostrogots nomme la Que>- M?s!>Pcp*4. tùte nue dignité des letres. 'Ton- ceux qui y étoient élevés bi.i.ep.ia. passoienl pour i\c^ hommes très-seavants; ''et l'on n'y en sym. mise. î.i. p. éloyoif point qui ne le fussent en effet. 'Ceux qui avoieEtoej: Kbnhétir,' devenbient les arbitres de l'univers, lés protecteurs et les conservateurs de la Justice sous les auspices du Prince, les pères des pauvres. Ils avoient le soin d'entretenir le bon ordre par l'équité de leurs jugements, et faisoient sou\ent l'office de Secrétaires d'Etat.
Rut. a. i. i. v. ' Lachanius ('toit père du Poëte Rutilius, dont nous parle- » Tin. EmpX'.s.p" rons bien-tôt. Quelques-uns les ont cru de Toulouse % ou du h5Rut. U.2.V.493. voisinage. Ils se fondent apparemment, !)sur ce que Ruti- 496.510. lins parlant de Victorin , qui étoit de cette Ville, et qu'il
visita en passant à Yolterre, il le qualifie son compatriote : mais cette expression ne signifie peut-être autre chose, sinon qu'ils étoient Gaulois l'un et l'autre. On seroit sans doute mieux fon- P. 208-213. dé à faire Lachanius de Poitou ou de Poitiers même; car
Kutilius son fils, faisant l'éloge de Pallade fils d'Exuperance, qui étoit de Poitiers, comme nous verrons dans la suite, le nomme l'espérance et l'ornement de sa propre famille, ge?ieris spemque decusque mei : ce qui semble marquer que la famille de Rutilius étoit aussi ou de la même ville ou de la même Province. Quoiqu'il en soit, il nous suffit que Lachanius v. 19. 20. 'fût Gaulois, tel qu'il étoit en effet : on peut juger de son
v. 583. 585. mérite par les grandes dignités qu'il remplit. ' Il fut Questeur,
Intendant des largesses , et ce semble aussi Préfet du Prétoire, ou de la ville de Rome. Il exerça ces grandes charges sous des Empereurs Chrétiens, quoiqu'il y ait toute apparence qu'il fût Païen, comme l'étoit sons fils, v. 579-58-. 'Lachanius fut encore Gouverneur de Toscane; et cette
charge avoit pour lui tant d'agrément, qu'il la préféra à toutes les autres, qui étoient beaucoup plus relevées. II s'étoit extrêmement affectionné aux peuples de cette Province ; et ils avoient conçu eux-mêmes un sincère attachement pour lui. Eloigné de cet esprit de domination trop ordinaire à
PHEFET DU PRETOIRE. 69
V SIECLE
cette sorte d'Officiers il gouverna les Toscans avec autant v. r,so iMOp de douceur que de fermeté ; el ils furent si satisfaits de oonduite qu'ils lui dressèrent à Pise ei ailleurs diverses Statuësel inscriptions publiques. Qavoil établi dans laToscà- B. ses-ses. i noi ne, que Rutilius désigne par le nom de Lydie,, comme étant '' 8,B une Colonie de Lydiens, une excellente Police qui y subsistoit encore après sa mort. On ajoute qu'elle faisoil mériter à cette Province d'être toujours gouvernée par des gens de bien. ' Il y avoit déjà quelque temps qu'il étoit mort, Mors- l^'l M 3 qu'en 117 Rutilius son fils en s'en retournant de Rome dans vti.,m. ' les Gaules sa Patrie, passa par Pise, où on lui montra les monuments que l'on avoil érigés à L'honneur de son père. On sera peut-être bien aise de voir ici de quelle manière Rulilius en parle lui môme. Ce qu'il en dit peut servir d'épitaphe à la mémoire de Lachanius.
Panique pater quondam Tyrrhenis pnefuii arvis, v 579.596.
Fascibus et seais crédita jura dédit.
Narrabat, memini. multos emensufi lion Tuscorum regimen plus placuisse sibi.
Nam neque opum curam, quamvis sit magna, sacrarum,
Nec jus QusesturîB gratâ fuisse magis.
Ipsam. si fas est. postponere Praefecturam,
Pronior in Tuscos non dubitabat amor.
Nec fallebatur, tani carus et ipse probatis,
ÂEternas grates mutua cura canit :
Gonstantemque sibi pariter mitemque fuisse
Insinuant natis qui meminere senes.
Ipsum me gradibus non dégénérasse parentis
Gaudent. et duplici sedulitate fovent.
Haec eadem eum Flamminire regionibus irem
Splendoris patrii sœpe reperta fides.
Famam Laebanii veneratur numinis instar
In ter terrigenas Lydia tota suos.
Godefroi est dans l'opinion que le père de Rutilius est ce cod. Th. pVos. Claude Gouverneur de Toscane sous Valentinien II, et 353' '' 2- Préfet de Constantinople sous Arcade en 396. Il ne dit point sur quoi il appuie son opinion, peut-être n'en a-t-il pas d'autre fondement que le nom de Claude que Rutilius portoit
V SI Cl- F..