‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 69 sur 384 · S. S EVE RE · texte numérisé non relu

S. S EVE RE

elle seule. ' Il yil'ltiiir par Be plaindre d'une manière aussi polie qu'ingénieuse, de ce que sitôl qu'un écril sortoit de dés^ sotls sa main, il lui étoil incontiïieni fihléVé pnnr le l'aire vop 191-491. 1er à Trêves, avanl que hri-môïfle en seul rvett1. ' Ces! dans

celle letre que S. Sulpice nous a conservé1 oes belles Sentences que S. Martin proféra an lit de la mort, telles qu'il les avoil appris--, dëqtielquesmns des disciples du Saini qui s'j étoieril trouvés présents.

Fleu. H. E. t.5.p. 3°. ' Le plus laineux ouvrage <l" S. Sulpie-, est son Histoire; sacrée, divisée en déufc livres, qui comprennent en abrégé toute la suite de la Religion depuis le commencement du monde jusqu'à sou temps, c'est-à-dire jiisqu^à Tan 400 de Snip.hist.u.n.13. ,]. C. ' Il prend pour époque (jette même année, qui éloil Tin. H. E. t. 12. celle (lu Consulat de Stilicon. ' Il put dès-lors commencer son p* Histoire, ou en former h; dessein; mais il ne l'acheva point

Suip. bist. 1.2.11. avant l'an i03. Pour l'exécuter, ' il examina et conféra la Chro- » Paul. ep. 28. a. noloejo, et l'Histoire ancienne de toutes les nations; ;| s'adressant à S. Paulin, déjà retiré à Noie, pour en tirer certains éclaircissements qu'il lui marquoit sur l'Histoire universelle du monde. Mais S. Paulin, qui avoue n'être pas fort habile sur cette matière, envoïa le mémoire de son ami au Prêtre Rufin, le priant de donner à S. Sulpice la satisfaction qu'il vit. c. 4i. n. 3. souhaittoit. ' On croit qu'il s'agissoit de la difficulté qui se trouve à accorder les Livres des Rois avec les Paralipomenes, touchant la Chronologie des Rois d'Israël et de Juda. Cependant personne que l'on sçache, n'avoit mis la main à ce grand ouvrage, jusqu'à M. Le Rrun des Mareltes, qui l'a fort bien exécuté de nos jours, ep. 28. n. s. ' Ce fut pour l'avantage de nôtre Foi, que S. Sulpice en-

treprit tant de recherches, comme nous en assure S. Paulin son suip.hist.i. î.n.i. ami. ' Grand nombre de personnes désirant pouvoir lire en peu de temps toute l'Histoire de l'Ecriture Sainte, le pressèrent de leur procurer ce secours. 11 fit donc un abrège des lièvres sacrés, qui en contient en peu de mots tous les faits. Mais afin de les lier ensemble et d'en éclaircir la Chronologie, S. Sulpice y ajouta diverses choses de l'Histoire profane tirées des Auteurs qui en ont traité, et une petite suite de l'Histoire de l'Eglise, depuis les Apôtres^ où finit l'Histoire sainte, jusqu'à son temps. Il divise son ouvrage en deux lii. i n. 94. vres, sans lui donner de titre particulier. ( Il pousse le pre-

mier jusqu'à la captivité de Babylone, et à la ruine de Jéru-

SI I. l"l«: I.. 107

>alciMM»w> Sedecias, ci <-i .m 1 1 1. 1 ir. ■ le second livre à l'histoire j q 1 de Daniel.

L» dessein que S. Sulpice 9e propose dans pette entrer i. prise, i -i de donner simplement une suite abrégée des évenej innii> historiques* Tout ) esl presque digne de remarque : mais iM'iis mus bornons aux observations suivantes. [L place n. m.m. Ijhisloire dé Judith sous la eV)UHiémé année du rogne de Darius Ocfius, qui succéda à Artaxercès 11, lorsque les Juifs aptfèa la c;ipti\ île de Uabylone turent de retour dans leur pais, mais avant qu'ils eussenl tjétaMi toutes choses. Il met la n.». naissance de J. C. au 2b^ jour de Décembre, et la lie avec le Consulat de Sabin et de Rufin, trois ans pati conséquent avant L'Ere vulgaire. Sur ce principe il assigne la .29e année de celte même Ere, pour l'année de la mort de J. C. sous le Consulat des deux Geminus.

' Lorsqu'il a atteint l'époque de la naissance du Sauveur, p. 348. il déclare que par respect il ne touchera point à ce que contiennent les Evangiles et les Actes des Apôtres, de peur que le dessein qu'il s'est proposé de ne parler que très-succinctement des choses, ne fut pas digne de l'excellence de cette histoire. ' Faisant réflexion sur ce que les anciens Auteurs pro- n. 21. fanes ne parlent point des faits qui regardent l'Histoire Sacrée contenus dans l'Ecriture Sainte, il l'attribué à une permission particulière de Dieu. Il juge qu'il étoit indigne qu'une histoire qui devoit être renfermée dans ses propres mystères, et n'être annoncée que par des bouches sacrées, eut été la reproduction d'un esprit corrompu, qui mêle le faux avec le vrai.

' 11 fait mention de l'Episcopat de S. Pierre à Rome en lui n. 40. donnant S. Paul pour collègue. ' Il met la première et la se- n. m. conde persécution contre les Chrétiens sous Néron, ' et pan- n. 40. che à croire qu'il étoit l'Antechrit. ' Il ne reconnoit en tout n. 45. 48. que neuf persécutions contre l'Eglise, ne comptant point celle de Licinius. Il dit que ce sont-là neuf des plaies dont le monde doit être frappé, et qu'ainsi il n'en reste plus qu'une à venir. Il met la 3e persécution sous Trajan, la 4P sous Adrien, la 5e sous M. Aurele, la 6e sous Sévère, la 7e sous Dece, la 8e sous Valerien, et la 9e qui dura dix ans et qui fut la plus violente, sous Diocletien et Maximien. ' Il témoigne que la n. 46. Foi ne fut reçue qu'un peu tard en deçà des Alpes, et que l'on ne commença à y voir des Martvrs que sous M. Aurele.

Oij

v mi: cm:.

|l»S S. SEVERE

— il ili gue ces une folie, ou même une impiété que de

ne pas recevoir [Apocalypse, comme quelques-uns relu*

n. a). soient encore de le faire. Il assure que de son temps on

voïoil encore les vestiges'de^Nôtre Seigneur au même endroit

a. 65. d'où il étoit monté au Ciel. ' Il semble confondre c,e qui se

passaaux deux Conciles d'Arles et de Besiers sur l'Ananas*

n. 57. 59. me, tenus l'un en 3$3, l'autre en 355. ' Il fait un assez am-

ple détail de celui de iiimini, et de ses suites fâcheuses,

n- 57. conformément à ce qu'il en avoit appris de Gavidius, l'un

n. ce- des Evêques d'Aquitaine, qui y ayoient assisté. ' S. Sulpice

linil sou histoire par la mort de Priscillien, et les suites funestes de l'affaire des ithaciens, qui depuis 15 ans causoient de grandes divisions entre les Evêques des Gaules. Cette épo-

Pros. ciir. i). 73G. que, à la prendre précisément ' à 1 année de la mort de Pris- , cillien, que S. Prosper marque sur l'an 385, nous conduira

snip. hist. i. a. n, justement ' au Consulat de Stilicon, que S. Sulpice, comme nous avons déjà dit, avoit choisi pour son époque.

Genn. vit. m. c. ' Gennade et S. Grégoire de Tours donnent à l'Histoire

Fr'.L.i.c.7.'|Tiii; de S. Sulpice le nom de Chronique : titre qui lui a été aussi

6w.E" '" l2' p" donné par d'autres anciens Ecrivains. C'est particulièrement cet ouvrage que les gents de letres estiment pour la ma-

suip. pr. niere d'écrire. ' Giselin soutient qu'entre tous ceux qui ont

voulu faire des abrégés d'histoire, soit Chrétiens, soit Païens, il n'en est point qui égale celui-ci. L'on remarque que S. Sulpice y a beaucoup imité Saluste. Aussi les Seavants le

saw. p. Pr. | Du- nomment le Saluste Chrétien. ' Quelques-uns vont même

477. l ' jusqu'à dire qu'il excelle au-dessus et de Saluste et de Tacite, parce qu'il a sçû joindre la clarté à la brièveté. Mais tou-

Dupin ibid. tes ces beautés n'empêchent pas ' qu'il n'y ait quelques fau-

tes contre l'exactitude de l'histoire.

Nous avons diverses éditions de l'Histoire Sacrée de S. Sulpice, que nous ne devons pas oublier de marquer, avant que nous donnions le dénombrement des éditions de toutes

Bib. vaiic. i Fab. ses œuvres ensemble. ' Mathias Flacius lllyricus fut le pre- •app. p. m-er qU- ja fo imprimer £ Basie l'an 1556 en un volume in-8°

Bib. Teii. p. t>53. avec un Traité qui a pour titre De Sacrilegorum indictis. ' En 1500 Jacques Le Fevre Docteur de Sorbone en donna une autre édition à Paris chez Guillaume Guillard, en un volume in-16 avec l'abrégé des Vies des Prophètes et des Apôtres

p. 2i. i. par Dorothée de Tyr. ' Paul Manuce la réimprima à Rome

l'an 1564, en un volume in-folio, avec les notes de Pierre

V su

sri.lMCK. 109

Galesini. el dn nts d'anciens Auteurs, comme les Bepl ~~

Livres de la Providence par Sahrien, les Homélies de S.

.Maxime de Turin, de S. Pacien de Barcelone. Bolduain 'ai m.i

marque des éditions de Basle l'an 1572 in-

1513 ifl-16. d'Àmn g i : i -8*. el de Franker 1595 en

me volume. !.a même Histoire parut encore à Boulogni les soins de la Compagnie des Libraires l'an 1 volume in-8*. ayec les Commentaires de ( aiu ;et '

fut ensuite réimprimée h Franckforl en 1593, el à Hanaw en 1602 en même volume. Jean Drusius en donna une nouvelle tj. a» édition avec des notes, laquelle parut en deux différents en- Bib.Ang. droits la mémo année 1607, à Àrnheim. et a Franker chez Giies RadaeOs en un volume in-8°. aux deux endroits. < ta en trou- bo». D.nor.p.is. veune édition faite à Cologne en 1610. ' Jean Sleidan âpre- ...D.?arft.p.3«. avoir continué cette Histoire, la fit imprimer avec sa continuation à Leide chez les Elzevirs l'an 1626, en un volume in-8°. ' Celte histoire ainsi augmentée par Sleidan fut réïm- ...Bai. . 1000. primée à Amsterdam l'an 1651 en un volume in-12. En ...ion. p. H3. 1711 il y eut une nouvelle édition de cette Histoire avec notes, mais sans la continuation de Sleidan à Leispsic etc. en un volume in-12. ' Les plus amples Commentaires sur l'Hi- Bay. s. p. 551. 2. stoire Sacrée de S. Sulpice , sont ceux de Christien Schotan imprimés à Franker l'an 1664, en un volume in folio.

Dès l'année 1564 il parut une Traduction Françoise de la bo». s. vin. Ceo. même histoire par les soins de Jean Fifleau, Jurisconsulte de Clermont en Beauvoisis. qui y ajouta une traduction de l'ouvrage de Dorothée de Tyr sur les Vies des Prophètes et des Apôtres. Cette traduction fut imprimée \k Paris chez Guillaume Guillard et la veuve d'Amauri Warencore en un volume in-8°. En 16261e P. L. Bauldry Religieux Domini- nai. cain donna au public, non une nouvelle Traduction^ de l'Histoire de S. Sulpice, comme le promet le titre, mais la même que la précédente; n'aïant fait qu'y ajouter des notes et des remarques de sa façon, et traduire la Préface de l'Auteur que Filleau aveit omise. La traduction du P. Bauldry fut imprimée à Rouen chez Daniel Couturier en un petit volume in-12, à la fin duquel il a ajouté l'explication des 70 semaines de Daniel par Pierre Beloy. ' Pierre Rabus a donné bo>. Lng.-Bat. p. une traduction de la même histoire en langage Hollandois. imprimée à Roterdam l'an 1702 en un volume in-4°.

4*-. ' Les Dialogues de S. Sulpice. divisés en trois livres suip. p. m--*.

v sir. c LE.

S. SEVE'RÈ

• ni conférences, traitent, l'un des Solitaires <1<' l'Egypte, et les deux autres de la suite de la vie de S. Martini Posthumien qui v-enoit de visiter les déserts dé l'Orient el de FËgypté.

Diai. i. q. i!'. parle dans le 'premier, el Garnis Disciple de S. Martin dans les deux suivants, qui sonl [tour suppléer à ce que S. Sulpicë aV6it; omis des venus et des autres actions de S. Martin, tant dans la Vie qu'il en avoit écrite d'abord,, cjue dans lès trois letres qui la suivirent sur le nïtëirie 'sujet'. Desôrte <jun Posthtimiéfi ci GaTlus fournirent la matière pouf téi ouvrage, ci due p.

■nu. u.k. 1.1-2. p. Sulpice né Rtcru1^ dôttnèr la formé- ' Autrefois ces Dialogues, selOil Grégoire dé Tours, et quelques anciennes éditions de (iennade, n'cloicnl divisés (|n'en deux livres; et celte di\ ision étoit naturelle. Car les deux premiers ne faisant que l'entrelicn d'un seul jour, comme nous allons dire, ne dévoient faire aussi qu'un seul livre.

Suii>. diai.t.n.is. ' Postliuinicn aïant fini de raconter à S. Sulpice ce qui regarde les Solitaires de l'Egypte, il le pria de la part de plusieurs serviteurs de Dieu, de l'entretenir des choses qu'il avoit

«• 17- omises dans ïa Vie de S. Martin. ' S. Sulpice prit la parole,

et montra d'abord que ce qu'avoit fait S. Martin, étoit en-* corc plus grand que toutes les merveilles que Posthumien venoit de rapporter des Solitaires qu'il avoit visités. Mais

n- i9. 20. afin de donner à Posthumien une entière satisfaction, ' Ton

convint que Gallus, qui se trouvoit chez S. Sulpice, et qui dès sa jeunesse avoit demeuré auprès de S. Martin, rapporteroit ce que S. Sulpice avoit omis des actions du S. Evêque.

Diai. a. n. i. -. ' Gallus le fit, et parla à ce sujet tant que le jour dura. C'est ce qui fait le second livre des Dialogues.

Diai. 3. n. i. ' Le lendemain Gallus reprit son discours en présence de

plusieurs autres personnes, et continua à parler de S. Martin;

n. s. ' ce qui fait le troisième et dernier livre. Les faits y sont au-

torisés par des témoins vivants, parce que quelques personnes avoient témoigné douter d'une partie des choses qu'on

n. i. avoit dites la veille. ' Il paroit par le récit de Gallus que S.

Sulpice avoit écrit le premier Dialogue sur S. Martin , et par conséquent celui de Posthumien sur les Solitaires de l'Egypte , lorsque Gallus parloit le second jour des conféren-

ibid. |n. 2i. ces. ' On y voit effectivement quelques indices qui marquent, ou que S. Sulpice y mit la main aussi-tôt après les conférences, ou même qu'il les écrivit apparemment en no-

n. 2i. tes, à mesure que les autres parloient. ' Il est au moins cer-

\ mi: mi

lai n i]u'a\;ini quePosthumien parttl pour s'en retourner en Orient, ce qu'il lit peu de joura après, S. Sulpice lecharç

de porter a S. Paulin de Noie deu* «I" ces Dialogues, qui étoientdéja rédigés par écrit. El peut-être pai i\ Dia-

logues entend-top les trois, que L'on ne divisoit ançieni nient qu'en deux livres. On oroil que S. Sulpice ûteetou- rai. >i.i.i. p. eos vrage en M)5, la huitième année depuis la morl de S. Mar- suiP.Diai.a.n.i6. tin. que nous avons placée en L'an 397. S. Sulpice j prot oui. 3. : t. 'M ■ devant .1. C. comme il avoil Jaii dans la Vie du Saint, qu'il ne dit rien qu'il n'ait vu desesy< n\. 00 sçû de personnes très-assurée.-, et pour L'ordinaire de S. Martin môme, qui n'avoit pas besoin que Ton relevât sa gloire par des mensonges.

'Ces Dialogues sont composés avec tant d'arl et de justes- Dapin and. p.477. se, que l'on ne se peut lasser de les lire, particulièrement le premier, qui traite de plusieurs particularités des Moines d'Orient. ' On y porte d'Origene un jugement trèsrsage et tr:s- p. 4-8. modéré. Quoiqu'on ne l'excuse pas entièrement, on n'approuve pas néanmoins la rigueur dont l'Eve que d'Alexandrie avoit usé contre ses défenseurs. On y déplore le malheur de l'Eglise, qui étoit troublée pour une chose de si peu de conséquence. ' Il est parlé de S. Jérôme, dont on y fait un fort Suip.Mai.i. n.3*. bel éloge. a Le second et le troisième Dialogue contiennent ?bS3'a. tù'n'ite. plusieurs Sentences spirituelles que S. Martin avoit proie- 16. |Wai.s.a.«. rees en diverses occasions, comme nous avons dit plus amplement ailleurs.

'Le Concile de Rome sous Gélase nomme les Dialogues conc.t.4.p.i.26o. de S. Sulpice, les Opuscules de Gallus et de Posthumien, en les mettant au nombre des livres apocryphes, apparemment à eause de l'erreur des Millénaires. Car S. Jérôme Hier. in Ez. c. 36. nous apprend que S. Sulpice suivoit cette opinion dans son p" 9o2' Dialogue intitulé Gallus , c'est-à-dire dans le second et le troisième; S. Jérôme pouvant ne le compter que pour un seul. ; 11 n'y en a rien aujourd'hui : mais l'endroit marqué par rai. h. e. t. 2. p. S. Jérôme pouvoit être à la fin du second Dialogue, où l'Au- 334teur rapporte un discours de S. Martin sur l'Antechrit. On l'en aura peut-être ôté exprès, comme nous avons remarqué qu'on avoit retranché autrefois les cinq derniers chapitres de l'ouvrage de S. Irenée contre les hérésies. Le discours même de S. Martin sur l'Antechrit, qui contient quelques opinions extraordinaires , manque dans quelques manuscrits , et

V BIEC i.k.

dans quelques éditions, ' de même que ce qui y est dit, que Néron doii venir avahl l'Antechrît.

p;ii1i vu. m. l e. ' Paulin de Périgueua parle de ces Dialogues avec éloge, el v- ,,s71''" crul ne pouvoir mieux faire pour honorer S. Martin, quede

mettre en vers ce que cet admirable Historien, c'est ainsi qu'il qualifie lui-même S. Sulpice, avoit écrit en prose avec tant i.. i. y. i e. a'ëruditibn, ' soit dans la \ ie de S. Martin, soit dans ses Dialogues. Il en composa cinq livres que nous avons encore^ En- Fort . vil. m. 1. 1. virdn cent ans après ' Fortunat de Poitiers entreprit la même pr" p" ~78' chose. Mais quoique Paulin n'y eût pas un entier succès,

Fortunat y en eut encore moins; et ces deux Poêles n'ont fait proprement que mettre en assez mauvais vers une prose iioiw. vu.pp.pr. des plus agréables et des plus élégantes. ' Le 4e Livre des G' p' 30' Vies des Pères du désert est tiré en partie de S. Sulpice, c'est-

à-dire, du premier de ses trois Dialogues. Spic. t. s. p. 532- o° ' Dom Luc d'Achery nous a donné au 5e tome de son ^ï'iii. ii. i:. 1. 12. Spicilege cinq letres attribuées à S. Severe Sulpice. a La prep- (il- miere est assurément de lui, et écrite à S. Paulin, comme le

titre le porte. Elle est au sujet d'un cuisinier que S. Sulpice lui adresse; et ce qu'il y dit à ce sujet, est digne de l'esprit et de la pieté qui paroissent dans ses autres écrits. Mais les quatre autres n'ont rien ni de l'esprit ni du style de S. Sulpice ; quoique la 3e ne laisse pas de mériter d'être remarquée. G0. Nous avons perdu un très-grand nombre d'autres letres i>. oo9. de notre Auteur. ' Il est certain par celles de S. Paulin, qu'il

en avoit écrit à ce S. Evêque plusieurs autres, outre les deux qui sont marquées dans Gennade, et que nous n'avons mê- Pauiep. 23. n. i. me pas aujourd'hui. 'Non seulement, S. Sulpice écrivoit à pp. 12. n. 4. S. Paulin règlement chaque année; ' mais encore il ménageoit toutes les occasions qni se présentoient.pour le faire, et lui envoïoit même exprès de ses gents, qui aïant imité sa pieté, G'.nn. ibid. éloient devenus de ses serviteurs, ses enfants spirituels. ' Le

même Gennade parle encore de quelques letres à diverses personnes, que l'on ne se meltoit pas en peine de copier avec ses autres écrits; parce, dit-il, qu'elles traitoient quelquefois d'affaires domestiques. La perte néanmoins en est d'autant plus 'nu. ibid. grande, ' qu'elles nous feroient connoître davantage l'esprit,

le caractère, et peut-être même la sainteté de leur auteur. Genn. ibid. ' On recherchoit avec plus de soin grand nombre d'autres

letres qu'il avoit écrites à sa sœur Claudia, pour l'exhorter à aimer Dieu, et à mépriser le monde; mais le malheur des

temps

SULPlCE 113

\ SIECLE

temps nous les a enlevées toutes à la réserve d'une, ' que Ju M| r j , M. Baluze nous a ^onnée «n 1 ( "> 7 S au premier tome <1< Misi rllauca. Elle esl sur le jugemenl dernier, selon le titre quisf lità la irt(\ ci contienl divers traits de l'éminente pieté de nôtre Saint. On y trouve des preuves qui confirmenl p. 3». oe que dit Qennade du grand nombre d'autres letres que Genn. jbid. S. Sulpice avoit écrites à sa chère sœur.

7°. A la >uile de la letre précédente, M. Baluze en a l'ait Bai. ii.m. p imprimer une autre attribuée encore à S. Sulpice. et adressée à sa sœur Claudia. Mais assurément ce n'est point une pièce nouvelle, ' comme le remarque fort bien l'Auteur des Amé- Am. ont. t. i. p. nilés de la critique; puisqu'elle se trouve même plus cor- ,~"51' recte dans les éditions ' des œuvres de S. Jérôme, et dans Hier. t. s. p. îoft. le Code des Règles dressé par S. Benoît d'Aniane, et pu- âJJ,; p'. H°i. ,cg" blié par M. Holstenius. Dans ce dernier recueil elle est attribuée à S. Athanase ; ' et quelques-uns l'ont même donnée à Am. crit. ibw, i>. S. Augustin. Abaillard l'attribue et à S . Jérôme et à S. Pelage. "8"30- Entre les Anciens il ne paroit personne qui l'ait attribuée à S. Sulpice; et aucun des modernes n'a osé le faire, sinon depuis que M. Baluze l'a publiée sous le nom de cet illustre Ecrivain. On peut néanmoins légitimement douter si elle est de lui. Il est certain d'une part, qu'il ne s'y trouve rien qui montre qu'il s'y adresse à sa sœur Claudia, pour qui l'on prétend qu'elle a été écrite, plutôt qu'à toute autre Vierge. D'ailleurs le style de cet opuscule, qui est moins une letre qu'un assez long traité sur la virginité, n'approche pas, quoique assez poli, des beautés du stile de S. Sulpice, qui est bien plus mâle, plus énergique, plus élégant, et dont les pensées sont beaucoup plus élevées, et le tour plus délicat. En un mot, ce traité par rapport aux sentiments de pieté qu'il contient, n'est du tout point indigne de S. Sulpice; mais à cela près, nous n'y voïons rien qui puisse le faire regarder comme son ouvrage; car le nom qu'il porte en tête, lui sera venu sans doute de la hardiesse de quelque copiste, qui le trouvant sans nom à la suite de la letre à Claudia, lui aura fait porter, comme cette letre, le nom de S. Sulpice,

' Quelques Auteurs se sont avisés de donner à S. Sulpice Bib. Bod. t. 2. P. l'églogue sur les bœufs, dont nous avons parlé à l'article du gj; 2- ' Cave' p- Poëte Sancte. Mais il y a bien de l'apparence que tout le fondement de leur opinion est le nom de Sévère, que portoit le véritable Auteur de cette pièce. De même ' Honoré d'Au- Hon. au. scr.ecc. Tome If. P

\ sn:< i i

Mi S. SÉVÈRE

tun attribue, par erreur, à 9. Sulpice la vie de S. Paulin de Noie.

g. III.

EDITIONS DE TOUTES SES ŒUVRES

Outre les différentes éditions particulières de la vie de S. Martin, el de l'Histoire Sacrée de S. Sulpice, que nous avons déjà marquées, il y a eu plusieurs autres éditions générales de toutes ses œuvres recueillies ensemble. La pre* Lip. Mb. ph. p. miere que nous connaissions* ' est celle que Lipénius marque î Ofribîd. i. 2. p. s'être faite à Basle l'an 1565 en un volume in-16. aEnlo69 499-587. 011 réimprima toutes les œuvres de S. Sulpice à Basle parmi

les Orthodoxographes, où la letre à Eusebe s;; trouve à ia tête de la vie de S. Martin; quoique naturellement elle dùl Bib. a.Pet. mon. être à la fin. ' Victor (Jiselini Médecin en donna une autre, édition avec des notes en un volume in-8" à Anvers chez Christophe Plaiitin Tan 1574. A la tête de cette édition, comme de plusieurs autres qui Ton suivie, S. Sulpice est mal à propos qualifié Archevêque de Bourges. C'est apparem- Bib. Bod. t. a. p. ment l'édition de Giselini, ' qui parut de nouveau l'année 159. i. li,,. ibid. gujvante 1575, à Paris en un volume in-8°, et dans le 2 tome de la bibliothèque des Pères imprimée la même année. 11 y en eut une autre édition a Amsterdam la même année en un Bib. Lug. Bai. p. volume in-12, et à Cologne en un volume in-16. ' Les écrits 69' '■ de S. Sulpice furent encore réimprimés à Anvers l'an 1581,

Up. ibid. en un volume in-o° avec les Scholies de Pierre Galesini. ' On

en produit d'autres éditions faites en la même année 1589, Bib. Bod. bid. 2. à Amsterdam en un volume in-12, ' et à Paris en un volume in-8° Mais on ne marque point par les soins de qui elles ont Lip. ibid. été faites, non plus que les suivantes ' de Franker 1595 en

un volume in-16; de Cologne 1599, et 1600 en même vo- Bib. Bod. ibid. i. lume;'etde Paris 1610. aS Sulpice fut encore réimprimé io8iCoB)" t- 3' p' avec les notes de J. Drusius à Franker en 1607 in-8°. Bib. Barb. t. 2. p; 'L'édition de Giselini parut de nouveau à Leide en un Bib! t.' 31 Mre! volume in-12 l'an 1635, et la même année à Amsterdam Bib. Angei. chez les Elzevirs. ' Elle fut renouvellée à Leide l'année sui-

vante 1636 en un volume in-16, avec la petite Chronologie Up. ibid. de l'éditeur. ' Lipénius en marque encore une édition d'Ams-

Bib. pp. 1.6. p. terdam l'an 1641 en un volume in-12. 'Depuis, les œuvres 7^6p37i6o-'i>5s'. '" de S. Sulpice passèrent dans les bibliothèques des Pères de

S" LPICE. Il» „,,,

Paria 1644, el de Lyon 1677. Dans celle de Tans pq j a qualifié S. Suipice archevêque de routes oea édi-»

lions des œuvres de 8. Suipice s ni assez défectueuses. George I Jtii-ii ins entrepril de Les revoir, et d'en donner une qouvelle plus parfaite. Celle qu'il prépara, lui publiée avec deg Bib.T«u.p notes choisies de divers Servants en un volume m-o° a Leide chez François rlacfciue l'an 1647. 'Elle fut renouvellée ...Bod. iwd. t. ensuite plusieurs fois au même endroit, ei nommément en 1654, 16J ■). 1665, La même année $665 elle parut aussi up.ibid.a. à Roterdamf et à Amsterdam chez les Elzevirs en un vo- * * • » * <•■ ™- <;.... lume in-8°. Celle dernière édition est sans contradiction la

f>lus complette et préfi rable à tout s les autres, au moins pour çavantes notes dont elle est enrichie, et la beauté, du papier et des caractères.

On se plaint un peu cependant de ce qu'JIornius n'a l'ait Am.crit.t.s.p.so. que suivre le texte de Giselini. 'C'est ce qu'a fait aussi avec p- i;>- :,,) de nouvelles fautes Jérôme Mercier, Licentié en l'un et l'autre Droit, dans l'édition qu'il publia à Paris Tan 1657, 'et bu>.s. au>. ai.u même dès l'année précédente 1656 chez Michel Bobin en un volume in-12, et depuis encore à Paris chez Claude Thiboust en même volume les années 165-9, ' 1669 ; et 1714 chez ■••£• Pr*d Cen.|

i tï • t-» n • t • ttt » i «« ...S- >in. l<en.

Jean-Baptiste Brocas. a Ces éditions et d liormus et de Mer- »Am. cru. u»d. cier, et peut-être plusieurs autres, ont une faute considérable ' dans le second dialogue de S. Suipice, où après ces mots Suip.diai.2. n.7. de Posthumien à Gallus. Yerum sicuttu soles dicere, cum edacitatis ar guéris, Galli sumus : ita nos in hac parte nunguam vel Martini exemplo, vel tuis disputationibus corrigendi, ou plutôt corrigendas, fatemur, on a oublié ces deux mots essentiels de la réponse de Posthumien : ' Teutfwnes sumus. L'Au- Am. «it. i. r p teur des Aménités de la critique paroît être le premier qui se soit apperçu de cette faute, et qui ait trouvé heureusement de quoi la corriger, en y ajoutant ces deux mots, qui se lisent dans l'édition du même ouvrage de S. Suipice, faite à Paris chez Jean Petit Fan 1511, comme nous avons dit plus haut. 'En Le Long. wfr. «c. 1662 Chrétien Scotan donna une nouvelle édition de toutes pa8 les œuvres de S. Suipice avec de très-amples commentaires en deux volumes fol. Cette édition est faite à Franker, où elle parut de nouveau en 1661. Après toutes ces éditions de S. Suipice, est venue ' celle qu'en a publiée Jean Yorstius avec des lip. iMd. notes de sa façon. Elle parut à Berlin en un volume in-12 l'an 1668, ' et de nouveau à Leipsic en un volume in-8° l'an 1703. bil. Kon. p. $57.

Pii

\ sii.i i.i:

lie» s. SÉYEItE SULPICE.

Cette édition ;i été revûè depuis par M. lé Clerc, el re-

niiiiM Ihc ;ui même endroit clic/. Tlmnias lYilseh l'an 1 70*. > en même volume divise en deiii tomes. Lé premier Contient

ce jquiavoh) été publié. jusqu'alors des œuvres de S. Sulpice, avec les unies de Vorstiiis. I.e second tome comprèîfd fes

se[il Icircs données pat M. Baluzc et Dom Luc d^Àcbôri sons le nom de S. Sulpice,, avec les remarques du nouvel éditeur. i|iii a fait mie correction héUreÙSe à une des letres, où il a ivi;d)li lomëhtis pour l(tmëntié\ qui se lit dans l'édition de M. Baluze. On a vu an reste ce dtyè l'on doit penser de l'attribution de ces sept letres à S. Sulpice. Lip. Uaid. ' M. Guy nous a donné une traduction françoise des œuvres

de S. Sulpice, imprimées à Paris l'an IGoO en un volume in-12. Ce sont-là les éditions de S. Sévère Sulpice, qui ont paru en des volumes séparés. (III.)

Page 1