S. CASTOR
EvÊQUE D'APT.
Gai] chr. nov. t. YV' donne à Castor pour patrie la ville de Nismes dans
ip-358. "ce que nous nommons aujourd'hui le Languedoc. 'Mais
'nu. h. e. t. m. on s'appuïe en cela sur des monuments ' qui paroissent
P- l75, peu assurés. Ce que l'on dit de sa famille , qui étoit riche et
Cass. coii. pr. p. considérable , n'a pas plus de fondement. ' Cassien de qui nous
apprenons ce qu'il y a de plus certain touchant cet Evêque,
dit qu'il avoit pour frère S. Léonce Evêque de Frejus, 'et
témoigne qu'il étoit fort instruit des beautés de la langue La-
P. i. tine. ' Castor néanmoins assure lui-même, qu'il n'avoit pas été
élevé dans les letres ni les sciences : ce qui n'est pas difficile à
croire, s'il en faut juger par l'unique monument qu'il nous en
a laissé.
Mais par une espèce de dédommagement il possédoit quel- . 2. que chose de plus estimable; Vêtant rempli de toutes les ri-
chesses spirituelles, et aïant acquis toute la perfection des vertus et de la science des Saints. C'étoit un modèle de pieté et d'humilité Chrétienne; et l'exemple seul de sa vie suffisoit pour apprendre le chemin de la perfection à ceux qui avoient recours Gaii. chr. ibid. à lui. ' L'on prétend qu'avant que de passer à Apt , il avoit éta- Pros. t. chr. p. bli le monastère de S. Faustin à Nismes. 'La manière dont 176.' m lbld' p' Prosper Tiro parle du gouvernement que Castor prit d'un monastère, pourroit favoriser cette opinion, et faire croire qu'il auroit été Abbé avant son épiscopat.
cass. ibid. P. i. Quoiqu'il en soit, 'il étoit déjà Evêque d'Apt, lorsqu'aïant ^ï.^'iS!'1'2" bâti un autre monastère 'dans son diocèse, ail s'adressa à Cas- » cass. ibid. sien a}ors Abbé à Marseille , pour le porter à écrire les instituts des Solitaires de l'Egypte et de la Palestine , afin que p. 3. leurs maximes pussent servir à former ses Moines. ' Cassien
se rendant à sa prière, rédigea par écrit ses douze livres des Insti- Nor. ibid. tutions, et les adressa au S. Evêque, 'avant l'an 417. 'Il lui
cass. ibid. p. 2 1 donne les titres de Pape et de Pontife , que l'on donnoit alors
coll. 1. pr. p. 297.
EVEQUE h \M\ I il
\ SIECLE
aux simples Evoques, 'S. Castor vivoit encore en H9;*etil Vi i(iii| est un de- Evêques des Gaules à qui le Pape Boniface écrivil »coiic.t.».p i cette même année sur l'affaire de Maxime Evêque de Valence dans la \ iennoise.
L'ouvrage i\<^ Institutions ne suffîsanl pas | r conleni» r
le /fit' de S. Castor pour les choses saintes, il pria encore Cas- <:.-.-. cou i pr sien d'écrire de la même manière les conférences spirituelles '' qu'il avoii eues avec les Pères du désert de Scété. Cassien obéit, comme la première fois ; mais avant qu'il eût achevé les dix premières vers l'an 419 ou 420, S. Castor avoit quitté la teiic, pour aller au ciel vivre avec.l. C. Cette mort fut cause que Cassien dédia son ouvrage à S. Léonce frère de notre S. Evêque , et à Hellade. Cassien parle de ce Léonce comme d'un Prélat parfaitement digne de la qualité de frère d'un Saint. 'Ce h, .1.» Hon. p fut en partie pour jouir de son exemple et de ses conseils , que S. Honorât choisit pour le lieu de sa retraite le désert de Lerins, qui étoit alors du diocèse de Frejus.
'On remarque que S. Castor se signala dans l'Episcopat par Gaii. chr. ibid. p tant de vertus et tant de miracles, que son Eglise l'a choisi pré- 3al férablement à ses autres Evêques, pour son patron avec la Sainte Vierge. ' Cette Eglise et celle de S. Victor de Marseille l'ho- tiii. ibid. norent comme Saint le 21e jour de Septembre.
' On nous a conservé la letre qu'il écrivit à Cassien pour le Cass.inst.pr.p.i. porter à écrire ses Institutions. De sorte que nous sommes redevables de cet ouvrage et des conférences qui le suivirent, au zèle de nôtre S. Evêque. Nous avons perdu l'autre letre 'qu'il coll. 1. pr.p 597. paroît avoir écrite pour avoir ses conférences. 'On juge par Tffl. ibid. celle que nous avons que le style de S. Castor est fort obscur et peu Latin.
EXUPÉRANCE,
Préfet des Gaules.
Exupérance étoit de la Ville de Poitiers, aet très-proche Lab.nov.bib.t.i. parent du Poëte Rutilius , qui parle de lui avec de J: *°- ^ grands éloges. Les charges qu'il exerça, et les services 216. importants qu'il rendit à l'Empire en des temps très-fâcheux , doivent nous le faire regarder comme un homme d'esprit.
V SIECLE
142 EXUPÉRÀNCEi
de sçavoir, el forl versé dans la Jurisprudence. Il avoitun iils nommé Pallade, qui dès sa jeunesse donnoit de grandes espérances pour L'honneur de sa famille, et qui après s'être formé à l'éloquence dans les Gaules, «Huit allé étudier le Droità Rome.
moi-, op. gg. p. ' s. Jérôme n'avoit jamais vu Exupérance ; 'mais il ne laissapasde le connoltre, el de l'aimer par le moïend'un frère qu'il avoit, et avec lequel ce Saint s'étoil lié d'amitié , comme avec un véritable serviteur de .1. G. Quintilien, c'est ainsi que se nommoil ce frère d'Exupérance , aïant quitte le monde, s'étoit retiré à Bethléem, où sous l'habit militaire il me* noit la vie des anciens Prophètes. Ge fut sans doute à sa prière , que S. Jérôme entreprit de travailler à la conversion d'Exupérance. Il lui écrivit à ce dessein une letre que nous
p- soc avons encore, 'et dans laquelle il l'exhorte puissamment à
renoncer à ses richesses, et au service des Princes de la terre , pour se consacrer au service du Roi du Ciel , en imitant l'exemple généreux de son saint frère, et en passant au plus tôt
p- 799. la mer pour aller se réunir à lui. ' Comme Exupérance étoit
alors veuf, S. Jérôme se sert de cet affranchissement pour le presser encore davantage. Il l'invite à entrer avec lui en commerce de letres, afin qu'il pût lui écrire avec plus de liberté ;
p- 8oo. ' lui promettant que si ses letres lui étoient agréables, il en re-
cevroit souvent.
Nous ne voïons point qu'Exupérance soit entré dans cet heureux commerce que lui offroit S. Jérôme. Mais nous sçavons certainement qu'il ne se rendit point à ses pieuses exhortations, qui l'appelloient dans la retraite de Bethléem. Exupérance continua d'aimer le siècle ; et il y périt malheureusement. La mort funeste qui l'enleva de ce monde , comme nous allons dire, fut peut-être une juste punition de ce qu'il avoit refusé d'écouter la voix de Dieu , qui lui parloit par la plume d'un grand Saint.
Rut. it.v. 213-216. 'Exupérance, du temps que Rutilius écrivoit , c'est-à-dire en 417, étoit occupé à rétablir les Loix et la Police Romaine dans les Armoriques , ou les Aquitaines , qui portoient alors ce nom , avec la Province qui le retient encore
1 Toutes les circonstances portent à ju- mer pour aller à Bethléem, ce quiconvient
ger que cet Exupérance est le Préfet des aux Gaules, tout en un mot confirme ce
Gaules dont nous parlons. Le nom, le temps, sentiment. P- 809. les charges, le lieu, 'car il falloit passer la