MINERVE ET ALEXANDRE
LITAIRBS.
Minerve ou Minere , comme il se lit ailleurs, et a»-, ep. ad Mm. Alexandre . tous d<:-ux hommes de letres , et cèle- p" "'" - dans les écrits de S. Jérôme, fleurissoient au commenment de ce siècle. ' Il semble qu'ils etoient proches pa- in Mai. pr. p. rents, et peut-être frères. Mais ils etoient encore plus unis par les liens de la pieté Chrétienne, que par ceux du sang et de la nature. Ils faisoient l'un et l'autre profession de la in a», pr. z. vie Monastique ou Solitaire, non dans l'Egypte, comme l'ont avancé Quelques éditeurs de S. Jérôme, mais dans le voisinage Toul s . et assurément dans les Gaule-. Il y a même bien de l'apparence que Minerve descendoif des autres Sçavants de ce nom, dont nous avons parle sur le I\ siècle. Minerve et Alexandre etoient des personnes sages ep. ad Mm. ami.
mis dans lé- suivre l'édition du P. LaLbe, où ce Irait jitic.Q le S. 1711. qu:iqu"à l'é- d'Histoire se trouve.
gard de la Chronique l'Ediieur promette de
V SI ECLE.
cl habiles, qui avant que de renoncer an mondé, suwôlenl le Barreau, el 5 exerçoienl l'emploi d'Atocati Cr'esl oé que nous apprend S. Jérôrûe, en les félicitant d'avoir! quitté I '* •loquence caustique et mordicante du siècle, pour embrasser l'éloquence Chrétiennei
Comme ce S. Docteur étoit en très-grande réputation lani clans nos Gaules qu'ailleurs, pour l'intelligence particulière qu'il avoit des SS. Ecritures, ceux qui y rbnèontroiewt «les difficultés considérables, avoient Ordinairement recours a lui. Nous en avons déjà rapporté divers exemples. Nos deux Solitaires, qui clans leurretraite faisoient leur principale occupation de la lecture des livres saints, furent aussi de ce nom-
iN zack. |.i P. bre. ' Sisinne que S. Jérôme qualifie de fils de S. Exupere Evêque de Toulouse, faisant un voïage en Palestine, et delà en Egypte, pour y porter les aumônes du saint Prélat, nos deux Solitaires profilèrent de l'occasion, et écrivirent à saint Jérôme, pour le prier de leur donner des éclaircissements
ep. ai. Min. p. sur divers endroits de l'Ecriture. ' Ils le prioient sur-tout de leur expliquer ce qu'entend l'Apôtre par ces paroles de sa première épitre aux Corinthiens : Nous dormirons 1 tous; mais nous ne serons pas tous changés? Et ce que veut dire le même Apôtre dans sa première aux Thessaloniciens, sur le sujet de la Résurrection ?
ibid. ' S. Jérôme réserva les questions de nos deux Solitaires pour
les traiter après les autres, comme les plus difficiles. Mais pressé de satisfaire à d'autres consultations pour les Gaules, et de finir son commentaire sur Zacharie, qu'il vouloit envoler à S. Exupere, il se borna à leur dresser la letre que nous avons encore; se confiant sur leur sçavoir, qu'ils en comprendroient beaucoup par le peu qu'il leur écriroit. Il y inséra divers passages des Commentateurs, leur laissant le soin d'en composer eux-mêmes un ouvrage, s'ils le vouloient. Ces Auteurs sont Théodore d'Héraclée, Diodore de Tarse, Appollinaire, Didyme, Acace de Césarée, et Origene. Saint Jérôme ajoute qu'il reconnoît ces hommes célèbres pour très-doctes, mais que quelques-uns d'entr'eux se sont trompés dans la vérité des dogmes.
1 C'est ainsi qu'on lisoit alors; quoique dans nôtre Vulgate : Nous ressusciterons
le Grec porte : Nous ne tomberons pas tous; mais nous ne serons pas tous chan-
tous dans le sommeil de la mort ; mais gés. nous serons tous changés ; el qu'on lise