DANS LA GRANDE-BRETAGNE
Il est fâcheux que nous ne sçachions presque rien de ce Concile , qui paroît avoir été si célèbre en son temps. L'année de sa convocation , le lieu de sa tenue , le nombre des Evêques qui le composèrent; tout nous est presque absolument inconnu : et il ne nous en reste rien de certain que le sujet pour lequel il fut convoqué. On sçait que le venin du Pélagianisme étoit sorti originairement de la Grande-Bretagne. Malgré les coups mortels que l'Eglise lui porta presque dès sa naissance à Rome, en Afrique et ailleurs, il ne laissa
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CONCILE, AU SUJET DU PÉLÂGIÀNISME. l"53
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pas de se répandre dans cette [slè. Un certain Agricole Pé- : ~ ~~
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lagien, nls de Sevenen CiVeque Breton, sçul tellement > in- 744. sinuer dans Pespril des gents ae sa nation, qu'il infecta de son hérésie presque toutes les Eglises du pais.
Le péril ou se trouvoit la foi dans une (elle extrémité, reveilla Je juslezele des Catholiques, et surtout ' du Diacre Pal- iu. lâde. On ne vit point de remède plus présent pour arn 1»' mal. que ' d'avoir recours aux Evèques des Gaules. On sur. ai. Jui. p. leur lit une députatioh pour les conjurer de secourir au-plutôl la P^oi qui étoit en danger. A ce sujet, dit l'Auteur de la Vie de S. Germain, il s'assembla un nombreux Concile, qui d'un consentement unanime choisit S. Germain d'Auxerre et S. Loup de Troïes pour l'exécution de cette grande œuvre. C'étoit deux héros du Christianisme, et d'un mérite extraordinaire. Quoiqu'entrés depuis peu dans l'Episcopat, ils pnssoient déjà pour des lumières de l'Eglise et des hommes apostoliques. Nous dirons ailleurs ce qu'ils firent dans celte mission célèbre ; cela ne regardant pas le sujet que nous traitons ici. C'est-là tout ce que nous trouvons de ce Concile dans les monuments anciens. Le reste se réduit à des conjectures, qui néanmoins ne sont pas sans fondement.
Par exemple, pour l'année à laquelle il s'est tenu, il paroît assez clairement qu'on ne peut pas le placer plus tard qu'en
i29; parce que selon S. Prosper, qui écrivoit dès lors, ce Pros. ibid. fut en cette année que S. Germain partit pour sa mission dans la Grande-Bretagne. Ainsi on ne doit point écouter - Si- Cône. t. 3. P. gebertquile recule jusqu'à l'an 446, quoiqu'il semble être appuie par le Vénérable Bede. Cet Ecrivain aura apparemment confondu le second voïage que S. Germain entreprit Sur. 31 loi. p. 421.
vers ce temps-la dans le même pais et pour la même cause avec S. Sévère Evêque de Trêves. Mais il s'agit du premier voïage qu'il y fit avec S. Loup de Troïes.
' Le Père Sirmond n'ose rien décider sur l'année de ce Gène. îhid. Concile. Baronius moins scrupuleux que lui avec raison, le met en 429 à cause de l'époque fixée par S. Prosper pour la mission de S. Germain et de S. Loup. Peut-être aussi pourroiton le mettre avec le P. Garnier Jésuite dès 427 ou 428. Car Hère. t. 1. P. 231. si l'époque de S. Prosper ne permet pas qu'on le recule, elle peut aisément souffrir qu'on l'avance au-moins d'une année.
La vie de S. Loup paroit même le demander, puisqu'elle p. 232. a. suppose que le départ du S. Evêque pour la Grande-Breta- Tome IL V
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gne dut arriver dès le commencement de iv.). Lj suppus.n. w, lui. p. talion est aisée à faire.' Cette Vie porte que S. Loupaïanl passé un -in à Lerins sons S. Honorât, qui fui Evêque a'Arles sur la fin de l'an i26, on l'éleva lui-même sur te Siège épis^ copa] de Troïes, el que deux ans après il accompagna sainl Germain dans la Grande-Bretagne. Il esl visible par-là rj i j < - S. Loupenlra dans l'Episcopat dès l'année '&$. Ainsi il faut qu'il soii parti avec S. Germain au commencement *i«; l'an iM.i. lorsqu'il 3 avoit deux ans cl, quelques mois qu'il étoit Evêque. Car si ce voïagenese fûl lait que bien avant dans la même année, il y auroit eu alors plus do trois ans qu'il étoit Evêque; et l'Auteur de sa Yien'auroit pas parlé exactement en n'en marquant que deux, comme il fait. Aussi dite il que ce fut en hiver qu'il entreprit ce voïage. Cela posé, il esl assez naturel que le Concile dont nous parlons se soit tenu dès 428 ; le cours ordinaire des choses demandant qu'il y ait eu quelqu'intervalle entre la fin du Concile et le départ des deux saints Evoques.
' Quant au lieu où s'assembla le Concile, le P. Garnier nous paroît assez-bien fondé pour l'assigner à Arles sous S. Honorât. ' En effet, les députés qui vinrent de la Grande-Bretagne dans les Gaules pour demander du secours contre l'hérésie, durent s'adresser à quelque Evêque préférablement à tous les autres : car de s'adresser à chacun en particulier, cela n'étoit ni facile ni naturel. Or il n'y en avoit point alors qui fut plus en état de les secourir que l'Evêque d'Arles. Il tenoit sans contradiction le premier rang, et avoit le droit d'assembler, lorsqu'il le jugeoit à propos, les Evêques de plusieurs Provinces. ' Sa Ville épiscopale étoit d'ailleurs le lieu v de la résidence du Préfet des Gaules. Outre cela, ' dès le s*- 9e de Juillet 425 l'Empereur Yalentinien III avoit adressé
un rescrit à Armace, ou Amace, Préfet du Prétoire, où entre autres règlements il vouloit que Patrocle alors Evêque d'Arles assemblât un Concile contre les Evêques qui auraient eu le malheur d'embrasser les erreurs de Pelage et de Célestius.
Merc. 1. 1. p. 233. ^ Y a ^ien de l'apparence que Patrocle occupé de tout *• autre chose que de l'avantage de la religion, négligea d'exé-
cuter ces ordres, et en laissa le soin à S. Honorât son successeur. Celui-ci assez vrai-semblablement ne put pas sitôt s'en acquitter, soit à cause des désordres que Patrocle avoit causés
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dans son Eglise, soit pour quelqu'autre raison. Mais il \ a tout lieu de croire qu'il le fit le plutôt qu'il lui fut possible : desorte néanmoins que l'exécution en put être différée jusqu'en (28. Il fui fort aisé que durant ce délai, les Bretons fussent avertis de l'indication de ce Concile, et qu'ensuite ils en profitassent psur obtenir l'assistance dont ils avoient besoin contre le Pélagianisme. L'arrivéede leurs députés dans les Gaules put enfin déterminera assembler le Concile. C'est (•«• qui nous parott le plus naturellement s'être passé sur celte grande affaire.
On m»' sçail quels furent les Evêques qui composèrent ' cette assemblée qui fut fort nombreuse, selon le témoigna- Sur. si. Jui. p. ee du Prêtre Constance Auteur de la Vie de S. Germain 41(j' "" iy" d'Auxerre. ' La Chronique de S. Prosper nous oblige de Pros. Chr. p. 7*4. dire que le Pape S. Célestin y envoïâ des Légats de sa part; puisqu'elle attribue à ce S. Pontife la mission de S. Germain, ' que Constance attribue au Concile même. Il est au-moins sur. ibid. certain par ces deux monuments, que l'une et l'autre autorité y concourut.
' Le P. Garnier compte ce Concile des Gaules pour le 21e Merc. t.t.p. 23i. entre ceux qui se sont tenus sur l'hérésie de Pelage. Il ajoute *• qu'on en a recouvré les Actes en leur entier avec les noms des Evêques qui y assistèrent, et le mémoire dont ils chargèrent S. Germain et S. Loup pour leur mission. ' M. de tïu. h. e. t. is. Tillemont le confirme, témoignant que ces Actes, avec ceux qui contiennent l'histoire de ce que nos deux Saints Missionnaires Gaulois firent dans la Grande-Bretagne, sont entr.' 1 s mains d'une personne célèbre. Mais si cela est ainsi, pourquoi priver plus long-temps le Public d'un thrésor si précieux et si intéressant pour l'Eglise et pour nôtre Nation?
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