THÉOLOGIE
La littérature théologique ne pouvait pas être aussi féconde en Grèce que dans d'autres pays chrétiens. C'est à deux raisons qu'il en faut attribuer la cause: d'abord à la pauvreté dont les prêtres Grecs ont toujours fait profession, mais qui, pendant les jours de la servitude, poussée jusqu'aux bornes de la misère, sans qu'aucune mesure ait pu, aussitôt après l'émancipation de la Grèce, être prise pour son adoucissement, s'est
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long-temps encore opposée au développement et à Tinstruction du clergé en masse. La seconde tient à l'esprit même de l'égUse grecque, qui, repoussant toute innovation, n'admet plus les discussions dogmatiques après le septième synode et depuis la scission de Téglise; le droit d'examiner et d*interpréter les dogmes ne pouvait appartenir, selon ses principes conservatifs , qu'à la totalité de la chrétienté, lorspu'dle était réunie.
Cependant les livres de dévotion et les ouvrages nécessaires à renseignement religieux, ainsi que d'autres qui ne discutent pas le dogme, nont nullement fait défaut. Parmi les histoires saintes les meilleures sont celles de Missaël Apostolidés, A. Diomède Kyriacos, Arsène Pandis, D. Pantazis, et une autre plus étendue, illustrée de cartes et de*gravures. Le catéchisme, qui sert de texte ordinaire aux écoles supérieures, est celui de Tévêque Platon. Traduit du russe, il a remplacé celui dont le Père Oeconomos avait doté les écoles. J. Nahamcjnlv a traduit du Français un catéchisme à l'usage des israélites du royaume.
Un des principaux auteurs en théologie est à cette époque le professeur C. Contogonis du Péloponnèse, qui dans une histoire en deux volumes des Pères de Péglise des trois premiers siècles a su. avec un grand talent d'écrivain, rendre le caractère de cette grande période, si glorieuse pour Téglise, et qui offiie plus d*ane compensation à la Grèce pour les grands noms de son antiquité payenne. Le même a aussi écrit une excellente
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histoire eccUsiasiique depuis la naissance de J. C. jusqu'à nos jours. Sur ses traces a marché Ignace Mo- SCHAKI, qui a écrit un ouvrage plein d'intérêt et de savoir sur les apologistes du christianisme pendant le deuxième et le troisième siècles. Ce livre peut aujourd'hui encore fournir des arguments victorieux pour combattre Tinfidéhté.
Philippe George est lauteur d'une histoire spéciale de l'église de Chypre.
Philothée Brvennius, évêque métropolitain de Serrés en Macédoine, ayant retrouvé dans la bibliothèque du Patriarcat de Constantinople les deux discours aux Corinthiens de Qément, évêque de Rome, dont on ne possédait jusqu'ici que les fragments contenus dans le Code Alexandrin offert au Roi d'Angleterre Charles I. par Cyrille Lucaris, en a fait une édition magnifique') et des plus soignées, accompagnée d'une introduction historique, qui est en elle-même un ouvrage d'un grand mérite, et de notes critiques qui accusent un vaste savoir et un jugement sûr. Ce livre tient une place distinguée dans la littérature ecclésiastique de la Grèce.
Missaël Apostolodés de Crète, cité plus haut, et qui fut professeur à l'université. Archevêque d'Athènes et président du St Sjmode de Grèce, a fourni les écoles supérieures d'une excellente morale chrétienne^ qui prouve combien la philosophie, lorsqu'elle ne s'égare point dans
X) Constantinople, 1875.
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SCS propres détours, est facile à concilier avec la rdîgion, et conduit au même but par des voies différentes. Le savant P. Rombotti, son successeur à l'université, et chapelain de la Reine de Grèce, et P. Philopoulos ont aussi composé des morales ehréiiennes.
Th. Phamarkidés a publié en sept gros volumes la Bible avec ses commentateurs. C'est une œuvre d'autant plus importante, que l'église grecque permet la lecture de la Bible à tous ses membres, et que le livre saint est en effet en Grèce dans les mains de tout le monde, et compose souvent toute la bibliothèque du pauvre. L'édition de Pharmakidés a été faite avec les plus grands soins et avec toute le sagacité critique qui caractérise la littérateur à côté du théologien. Un autre ouvrage où le savant moine donne la mesure de ses grandes connaissances dans les sciences religieuses et de son esprit ouvert aux investigations historiques est son traité sur Zaehariaê fils de Barachias,
Quelques unes des productions théologiques du même auteur sont dues à sa participation à un débat qui a vivement ému pendant quelque temps le royaume de Grèce: Depuis que l'église réhabilitée avait échappé à une autorité étrangère et hostile au nom chrétien, il s'est agi de régler sa position vis à vis de TEtat, et la nature des liens qui devaient la rattacher au Patriarcat de Constantinople. Sur ce champ de violents combats ont été livrés. Les principaux champions étaient d'un côté le savant théologien et littérateur, le P. Oeconomos et