‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 109 sur 256 · JUSTICE · texte numérisé non relu

JUSTICE

Ce qtd avait armé les Grecs contre Toppression ottomane, ce n'était pas le sentiment de sauvage indépen* dance que tout homme, même le moins civilisé, porte en soi; c'était la soif d'tme liberté éclairée, où la loi règle les droits et les devoirs. Les premiers pas de leur littérature renaissante en donnent une preuve certaine, car c'est surtout dans les sciences politiques et celles du droit qu'elle a été le plus productive en livres originaux* Ss étaient avides de justice, cette manne nourricière des peuples civilisés, dont ils avaient été si long-temps sevrés.

Dès le premier jour de son émancipation la Grèce adopta provisoirement pour ses tribunaux la législation byzantine, d'après le manuel ^ Harménopouloa ^ publié par les soins du ministère de la justice avec des renvois aux lois romaines, traduit aussi en grec vulgaire par le savant avocat et Ministre C. Clonarés, et complété par

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plusieurs dispositions du Codé Napoléon^ qui fut aussi traduit à cet effet

Constantin Schinas, que nous avons déjà dté panni les plus éminents historiens de la Grèce actuelle, ayant été le premier titulaire du ministère de la justice sous le Roi Othon, fit une traduction complète des proeé" dures et du code pénal de Bavière, que par de sages modifications, suggérées surtout par le célèbre l^;iste et membre de la Régence L. Matu^, il adapta aux besoins du pays. Ces traductions, si importantes pour Torganisation judiciaire de la Grèce, sont en même temps une œuvre éminemment littéraire. Profond connaisseur de Tantiquité classique, C. Schinas a cherché dans les auteurs des grands jours d'Athènes, et surtout dans les orateurs, les termes qui correspondent aux expressions techniques du droit actuel, et en a enrichi le langage moderne. L'avocat, le juge, le plaideur, qui s'adressent aujourd'hui aux Ephètes ou à l'Aréopage du royaume hellénique, ne s'expriment pas autrement que n'auraient fait Bdélydéon d'Aristophane, ou les clients de Lysias et de Démosthènes.

Aussi, dès que les îles ioniennes eurent obtenu de l'Angletenre de substituer dans leurs tribunaux le grec à l'italien, Hidrobiénos, un avocat érudit de Zante, composa-t-il im dictionnaire de la terminologie judieaire déjà familière en Grèce, que ses concitoyens se sont aussi empressés d'adopter.

Les lois antiques, auxquelles les législateurs modernes

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