‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 115 sur 256 · Chapitre VIL — Presse périodique · texte numérisé non relu

Chapitre VIL — Presse périodique

bord bilingue, allemand et grec, plus tard français et grec, et enfin grec seulement.

P. SoPHiANOPOULOS, médecin originaire du Péloponnèse, esprit original, excentrique et peu embarrassé de scrupules, a publié pendant trois ans (1836 — 1838) sous le titre de Proodos (Progrès) un journal hebdomadaire, où rien n'était respecté, l'autorité de l'état pas plus que celle de la grammaire, rien n'était épargné, ni le poison subtil de la satire, ni même le trait haineux de la calomnie. Aussi ce pamphlet périodique, écrit avec verve, était-il plutôt craint qu'applaudi.

Des hommes d'État et des littérateurs ont souvent aussi fondé et dirigé des journaux. Le poète P. Soutso publia d'abord VHélios (le Soleil), puis VAnagermédê (Renaissance), dans un style prétentieux et enflé plutôt que poétique. Il semblait avoir moins à tâche de se rendre utile par des discussions sérieuses que d'étonner par des idées neuves. LTiistorien C. PAPARiGOPOtJLOS a été pendant quelque temps à la tête d'un journal, V Hellène^ dont le langage noble et sérieux était à la hauteur de son patriotisme éclairé. VHellaa du philosophe Brailas brillait par la profondeur de la pensée, mise avec un entier désintéressement au service des plus hauts intérêts du pays. Le journal cessa deux ans après, le rédacteur ayant été appelé à remplir des fonctions diplomatiques. Aux derniers temps de la rédaction il eut pour collaborateur A. R. Rangabé, qui vers la fin du règne du Roi Othon avait pendant trois ans publié

26o //. Partie. — Idvre L — Proêoteurt.

VEunomie^ un journal institué pour sMnterposer entre les violences d^une opposition sans frein et Topiniâtreté du parti gouvernemental que le pouvoir semblait aveugler.

Les journaux de moindre importance, ou qui n'ont qu'une existence éphémère, sont en très -grand nombre. Athènes en compte plusieurs dizaines. Il n'y a pas de chef- lieu de département ou de province qui n'ait le sien, et souvent même deux ou plusieurs.

Les journaux humoristiques n'ont pas non plus manqué à la patrie d'Aristophane. Il en a même paru à différentes reprises plus que le bon goût et le bon sens n'en avoueraient. L'un d'eux, qui n'a eu qu'une courte existence, YAstnodée^ était dû à la plume fine du romancier Rhoidés, alliée au burin spirituel de Th. Aninos. n abondait en sel attique, et pouvait être mis à coté du Punch, du Charivari ou du Kladderadatsch.

Même hors de Grèce, en Turquie, et partout où les colonies grecques sont d'une certaine importance, le journalisme est actif autant que les circonstances de chaque pays le comportent. Douze journaux Grecs paraissent à Constantinople. Il s'en publie à Smyme, à Alexandrie, aux provinces danubiennes. Trieste est le siège de deux feuilles politiques qui honorent la presse grecque, la C/tb, rédigée par Thérianos, et VHêméra (le Jour), fondée par J. Skvlissi, et continuée d'abord par Anastase Byzantios , et puis par son frère Alexandre^ les fils du littérateur distingué de ce nom. Ces deux journaux, dont la mission principale est de refléter en Grèce les idées de 1 élite de la presse européenne, rivalisent de

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