Chapitre VIL — Presse périodique
plaisance de quelques centaines d^abonnés, et s'éteignent dès que la bonne volonté ou la patience de ceux-ci est épuisée, ou que Tintérêt qui a déterminé leur publication a disparu. Dans de telles conditions le maintien de journaux sérieux devient très -précaire; aussi n^est-il pas rare d'en rencontrer qui n'ont qu'une fort médiocre valeur, leur rédaction péchant contre la logique non moins que contre la grammaire. Cependant même les plus imparfaits ne laissent pas de contribuer aux progrès intellectuels; car ils sont les véhicules des idées, dont le propre est, une fois qu'elles sont mises en mouvement, de se rectifier et de se compléter par elles-mêmes.
Le premier journal qui parut en Grèce après son soulèvement fut la Chronique de MiaaohnghL Enseveli sous les ruines de la ville héroïque, il fut remplacé par la Gazette d^Hydra^ rédigée en grec par le philhellène italien Kiappe.
Dès que le gouvernement grec eut un siège fixe, les journaux politiques commencèrent à s'y multiplier, d'abord à Egine et plus tard à Nauplie. Quand l'île d'Hydra fut le siège d'une opposition extralégale contre le président Capodistria, A. Polvzoedés y rédigea \ Apollon^ le chef de file de tous ceux des journaux grecs qui ont continué depuis à se distinguer par la violence des opinions et par l'emportement du langage.
VAthéna (Minerve) naquit au milieu des troubles qui suivirent la mort du président. Elle inscrivit sur son drapeau les libertés constitutionnelles, et fut particu-
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lièrement Torgane du parti anglais. Pendant les 40 ans de son existence, qui ne cessa qu^à la mort de son rédacteur, le Cretois £m. Antoniades, frère du traducteur si actif dont nous avons souvent parlé, elle dévia rarement de la ligne d'une opposition sage et modérée.
n en fut de même de VAiôn (le Siècle), qui avait commencé sous le nom de Chronos (le temps), et était dès la première année de l'arrivée du Roi Othon publié sous les auspices du parti russe. Il fut un courageux défenseur du principe autoritaire en politique et en religion, durant la vie de son fondateur et unique rédacteur, J. Philémon, l'auteur de l'histoire de la révolution* A la mort de celui-ci, arrivée récemment, son fils imprima au journal une direction diamétralement opposée, se faisant le champion d'idées démocratiques, que, malgré son grand talent, il ne réussit point à inculquer dans un pays avide d'ordre, et ayant avant tout besoin de concentrer ses forces.
Le troisième des partis étrangers qui ont pendant long-temps divisé la Grèce, le parti français, était représenté par le Sôter (le Sauveur), rédigé avec une grande habileté par N. Scouffos, le traducteur de Schœll.
VElpù (Espérance) fut également commencée lors de Tinstitution de la royauté en Grèce. C'était un des journaux les plus populaires, et il continua pendant quarante ans, jusqu'à la mort de son savant et spirituel rédacteur, C. LÉviDis. Des idées saines y étaient exprimées en un style élégant et clair. Le journal fut d'à*