Chapitre VIL — Presse périodique
des missionnaires protestants, ont surtout en vue l'éducation du bas âge.
Les sociétés littéraires et scientifiques publient aussi le plus souvent des bulletins périodiques. Aucun d'eux ne surpasse en valeur le Recueil de la société littéraire de ConstantinopU ^ où les Carathéodoris, le D*^ Ma- VROGÉNis , Bassiadés, Calliadés , ZoGRAPHOS, et plusieuTs autres érudits des bords du Bosphore publient de savantes dissertations. VHeptalophos est une autre revue non moins sérieuse, qui a paru pendant un certain nombre d'années dans la même ville.
A le suite de ces recueils il nous faut citer aussi les Almanachê^ qui ne sont pas ce que leur nom indique. Le premier, pulié en 1834 par le docteur Hippocrate Clados, offirait un grand intérêt, en ce qu'il contenait, à l'instar de celui de Gotha, touts les détails de la nouvelle organisation de la vie publique en Grèce. Depuis, Marino Vréto à Paris, Irinée Assopius, le fils du célèbre philologue, D. Coromélas à Athènes, S. Parasy- RAKis à Londres, ont publié des Almanachs qui ont perdu ce caractère, et ne sont presque que des recueils annuels de lectures plus ou moins instructives ou amusantes, dûs à la plume de difiérents auteurs. Celui d'Assopius emprunte une valeur spéciale au mérite de son rédacteur, dont le style est plein d'esprit et de grâce. La Chrysat,- Lis est tm annuaire du même genre, publié à Venise, et contenant souvent des articles sérieux et bien écrits.
En 1853, lors de l'insturrcction de l'Epire et de la Thessalie, qui fut étouffée par la guerre de Crimée, quel-
264 ^^' Partie. — Livre L — Proêateurs,
ques publicistes d'Athènes, M. Renieri, N. Dragoumis, G. Basili, J. Soutsos, C. Paparigopoulos et A. R. Rangabé ont entrepris la rédaction d'une Revue française destinée à plaider la cause grecque devant le tribunal de l'Europe. Cette œuvre, qui avait pour titre: ^Le Spectateur d^Oripfit^^ continua pendant trois ans. Il en parut 8 volumes , contenant des matériaux précieux pour la connaissance de la Grèce sous tous ses aspects.
A la tête des feuilles spécialement scientifiques nous devons mentionner le Journal archéologique^ destiné à la publication des antiquités que les fouilles ne cessent de mettre au jour en Grèce. U fut surtout à la hauteur de son sujet depuis que des mains de son premier rédacteur C. PiTTAKis, dont on ne peut assez louer le zèle, il eut passé dans celles des sérieux antiquaires Couma- NOUDÉs et EusTRATiADÉs. Il est à r^etter pour la science qu'il ne paraisse pas plus fréquemment et plus réguliè- | rement. \
Le Philistor^ et plus tard YAthénéon^ écrits par les mêmes énidits, avec collaboration du professeur E. Ca- STORCHis et de plusieurs autres, sont consacrés à la philologie, à l'histoire et aux sciences d'antiquité, et contiennent souvent des traités très-dignes d'être consultés.
La grammatologie , ou philologie grammaticale, est l'objet exclusif d'un autre périodique que le grammairien CoNTOS, un Coraï à proportions réduites, élève de Cobbet, a commencé en Hollande et continué en Grèce, sous le nom ressuscité de Logios Hermès (Mercure littéraire). Cinq volumes de ce recueil on paru jusqu'ici.
OafUwnVJI. — PnêêepiriodÊqme. 265
La Revue des sdences naimreUe» est întitiilée Physiê (la Nature). Elle est rédigée par lliabile professeur de géologie T. Argyropoulos. Le professeur de botanique Th« Orfhanidès pubWelesgéapcniques^ une revue agricole.
Tnns Revues servent à répandre les notions médicales et à initier aux nouvdles découvertes en médecine. Ce sont fHippocraie^ fondé par le savant docteur Cal- LivouKSÈs; YÈseulapej du professeur Aphentouus, rédigé par plusieurs membres de la Êurulté; la Mélis9a (l'Abeille) du !> Goudas, Tauteur des Vies Parallèles. A ces périodiques il faait encore ajouter le Journal médical^ organe de la société de médecine, dirigé par le jy CARAMrrsAS.
Deux Revues théologiques qui se sont succédé, YBiS' romnétnon et VEvangkélicoê Kéryx (héraut évangélique), ont eu pour principal rédacteur le professeur C. Contogonis, profond théologien et littérateur des plus distingués.
Le Soldat grec est une Revue militaire, dont le commandant Ch. Bvzantios entreprit la publication. Q la remplaça plus tard par le Vétéran^ qui eut pour collabo* rateur et continuateur le commandant Vlassi Valtinos. UOnésandre est un autre organe de la presse militaire, dirigé par les capitaines J. Rhodius et Boujoucas.
Deux organes de la presse périodique fondés à l'étranger, primaient tous ceux de la Grèce par le luxe de leur publication et la beauté des illustrations qui les accompagnaient L'un était Yétoile britannique^ rédigé à Londres par Et. Xénos. S'étant, en dehors de sa vocation, lancé dans une opposition outrée contre le
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gouvernement du Roi Othon, il s'est aliéné beaucoup de sympathies, et a dû enfin cesser de paraître. L'autre, publié à Paris avec un plein succès, est rédigé par le D' A. Meimar sous le titre de Revue nationale. H a remplacé le recueil que J. Skylissis avait pendant deux ans publié dans la même capitale sous le titre de t Utile et un objets* (Myria hosa), et qui était le Magasin Pittoresque de la Grèce.
Tous ces travaux de persévérance, de jugement et d'érudition ne constituent peut-être pas encore ime littérature nationale, si par ces mots il faut entendre la plus noble expression de l'intelligence et des sentiments du peuple; mais ils peuvent suffire à prouver que pendant le demi -siècle qui s^est écoulé depuis qu'ils existent parmi les nations, les Grecs n^ont pas négligé la culture et le développement de leur intelligence, afin de la rendre encore une fois propre à mûrir les plus beaux fruits de la littérature. Nous consacrons le volume suivant à ce qu'ils ont produit dans ce dernier sens.
Imprimerie C. Feicht à Berlin.
DE LA
GRÈCE MODERNE
DE LA
GRÈCE MODERNE