‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 118 sur 256 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

J. RIZO NÉROULOS. P, SOUTSOS.

Que le peuple grec, privé par quatre siècles d'esclavage des bienfaits de la civilisation qui l'avaient fait autrefois primer dans le monde, ait voulu, avant de prétendre rien produire d'original, rentrer dans l%éritage des lumières dont il avait jadis doté les autres nations, il n'y a pas à s'en étonner. On doit même lui tenir compte et de ss^ prudence et de sa retenue. Les ouvrages de la natm'e de ceux que nous avons énumérés dans le premier volume portent, à peu d'exceptions près, moins l'empreinte de l'individualité du peuple qui les a produits que celle des circonstances qui les ont fait naître. Us témoignent que le génie national des Grecs pliait sous l'esprit des temps, qui était celui de l'utilité publique.

Cependant il y a des facultés de l'âme qui, lorsqu'elles existent, n'attendent pas tme culture soignée pour

Rangabéf LÎKérature néo- hellénique. II. I

//. Parité. Livre IL — Poètes,

se développer. L'imagination brille souvent de tout son éclat au milieu des ténèbres mêmes de la barbarie, et la poésie s'épanouit sous tous les deux et dans toutes les atmosphères. On pourrait à juste titre déclarer les Grecs d'aujourd'hui destitués des plus belles qualités de leurs ancêtres, et ne voir en eux, comme certains utopistes Tout déjà fait, que des restes abjects de quelques hordes barbares, déshérités par la nature, si la servitude avait complètement étouffé en eux tout germe de ce génie poétique qui avait charmé le monde ancien, si le nouveau souffle de la liberté n'en avait allumé dans leur âme aucune étincelle.

Us n'ont pas mérité ce reproche. Sur leur sol taché de sang et couvert de ruines, sur cette terre profondément remuée par le travail de la régénération, la fleur de la poésie a cependant trouvé moyen d'édore, bien qu'elle n'y rencontrât que peu de conditions propices à son épanouissement.

Cette poésie des tout premiers jours de la renaissance ne peut pas être celle d'un peuple qui, comme les Grecs d'autrefois, s'exalte à la consdence de sa grandeur et de sa gloire. Elle ne respire pas non plus les brises âpres des montagnes, comme les chants depbtiques d'avant la révolution; car la vie nationale avait quitté ces asiles sauvages de l'indépendance pour descendre dans les plaines et dans les villes, et pour y fleurir au souffle de la dvilisation. La Muse essaye de reprendre vers les hauteurs qui ne luit sont pas incon-

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