‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 13 sur 256 · Chapitre IIL — Les prosateurs jusqtkà · texte numérisé non relu

Chapitre IIL — Les prosateurs jusqtkà

La violence de Pléthon nuisit à sa cause. Parmi les champions de cette joute philosophique il y en eut peu qui se rangèrent sous sa bannière. Son élève, le cardinal Bessarion écrivit bien quelques dissertations c contre les calomniateurs de Platon»'); mais il avait Tesprit trop juste et trop élevé pour partager les passions de son maître, et il étendit plus d'une fois sa protection sur des savants du camp opposé.

Le poète Michel Apostolis (1480), père d'Arsénius, le savant évêque de Monembasie, fut le seul qui se déclarât avec ardeur pour les théories du Néoplatonismemais Pléthon trouva un adversaire non moins outré que lui en George Trapezountios, qui, dans im ouvrage intitulé t^ Comparaison entre Aristote et Platon^*)^ se montre si haineux contre le grand philosophe de l'antiquité, dont il attaqua la mémoire même par la calomnie» qu'il s^aliéna l'estime de Bessarion et de tous les hommes de sens droit, dut déposer les hautes fonctions de secrétaire privé qu'il exerçait auprès du Pape Nicolas V, quitta Rome, fut plus tard emprisonné par le Pape Paul I, et mourut dans la misère. Il était au demeurant un homme d'ime grande érudition, et il laissa des ouvrages philosophiques et de théologie, qui n'ont pas été publiés.

Parmi les Aristotéliciens de cette époque rlous citerons encore l'éminent théologien Emman. Malaxos, qui prit à parti Pléthon, dans son c traité sur la procession du

I) Rome, 1469. Ven. 1503. — a) Ven. 1458.

3 2 Livre L — Apr^ la conquête^ J.453.

St. Etpriti^ n a laissé aussi une thUtoire du patriarcat de Conitantinople* '); Math. Camariotis de Thessa- Ionique, le premier directeur de Técole instituée par Genadius à Constantinople. Il écrivit une série de lettres pour réfuter Pléthon, ainsi que plusieurs ouvrages de rhétorique et de phUosaphie restés inédits. Manuel de Corinthe, âève de Camariotis, prédicateur distingué et auteur d^ouvrages théologiquea ; Théodore Gazés, que Bessarion protégeait tout en combattant sa trop grande partialité pour Aristote ; Télé ve de celui-ci, Andronique Callistus , qui, à Florence, compta parmi ses auditeurs Laurent de Médicis, et qui écrivit plusieurs ouvrages restés inédits, excepté un seul, €8ur les passions j *); enfin J. Argyropoulos, qui mit sa plus grande activité à traduire et à commenter les œuvres d*Aristote.

Mais il y eut aussi des hommes d'élite qui cultivèrent la philosophie et les sciences sans aigreur et sans partialité. C'est ainsi que C onstantin Lascaris, celui qui rattacha son nom à l'histoire universelle de la civilisation, ayant été le premier à sauver les trésors des lettres antiques, était un esprit fin et philosophique. Parmi ses ouvrages inédits il y en a qui traitent de philosophie.

CoNTOLÉON de C3rthère, élève de Jean Lascaris, le firère de Constantin, a laissé un ttraité sur F immortalité deFâme.* Les firères Mindonii (1580), NicéphoreBui-

I) Bekker, Corp. Hist. Byz. Bonne, 1849. p. 78 — 204. ») Vienne, 1593.

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